L’ombudsman cherche à élargir son rôle depuis 1975 – le moment est-il enfin venu?

 « Il n’y a aucune surveillance efficace et indépendante de l’administration des hôpitaux. Point à la ligne! » (adaptation libre) – André Marin, ombudsman de l’Ontario, 2008

Ça fait trop longtemps que l’Ontario résiste à la surveillance par l’ombudsman de ses hôpitaux publics. Marin nous dit qu’il n’est pas le premier à demander ce rôle – Arthur Maloney avait demandé l’élargissement du pouvoir de l’ombudsman en 1975 et les titulaires du titre successifs avaient emboîté le pas devant des gouvernements successifs et insensibles de toutes les allégeances politiques.

La semaine dernière, Andrea Horwath, la chef du NPD, a ajouté l’ombudsman à titre d’agent de contrôle des soins de santé à sa liste d’initiatives d’amélioration du budget du printemps.

Compte tenu des récentes expériences avec ORNGE et des erreurs au niveau de la dilution des agents de chimiothérapie, on pourrait croire que le moment est venu pour l’Ontario, la dernière province au pays, d’accorder de tels pouvoirs à l’ombudsman.

Marin lui-même a écrit à la Première ministre en mars dernier au sujet des modifications que la province a apportées dans le sillage du scandale de la privatisation chez ORNGE. Marin a fait remarquer que le projet de loi 11 aurait pour effet de créer « une nouvelle bureaucratie d’enquêteurs spéciaux », qui relèveraient de la ministre de la Santé et des Soins de longue durée, et pas du Parlement provincial.

« Loin d’être des chiens de garde, ils manœuvreraient avec une laisse ministérielle autour du cou », a-t-il écrit.

De même, le poste de « défenseur des droits des patients » chez ORNGE a encore moins de pouvoir, relevant non pas du public ou du Parlement, voire même du Conseil d’administration d’ORNGE, mais du vice-président d’ORNGE.

Les conservateurs se sont montrés fort mécontents à l’idée d’accorder ce rôle à l’ombudsman, même s’il ne semble y avoir aucune fin à l’excès de dépenses pour des mesures de surveillance moins efficaces.

Les conservateurs, y compris Hudak, avaient pourtant dit à la Coalition ontarienne pour la responsabilité qu’ils appuyaient l’idée d’élargir le rôle de l’ombudsman. Alors pourquoi tant d’histoires maintenant que le NPD soulève la question?

En fait, l’ombudsman surveille les soins de santé de moins en moins depuis quelques années. Lorsque les hôpitaux psychiatriques de la province ont été retirés de l’égide du ministère de la Santé vers le milieu et la fin des années 2000, devenus hôpitaux indépendants, l’ombudsman avait également perdu son contrôle sur eux.

Marin a demandé d’avoir le contrôle non seulement sur les soins de santé, mais aussi sur le reste du secteur MUSH, les municipalités, les universités, les conseils scolaires, les hôpitaux, les maisons de soins infirmiers et les établissements de soins de longue durée, la police et les sociétés d’aide à l’enfance.

La Première ministre Kathleen Wynne n’a pas abordé la question de l’ombudsman à ce jour, préférant plutôt s’égarer en arguties politiques en exagérant son exaspération en ce qui concerne les exigences de l’opposition. N’est-ce pas ce que l’opposition est censée faire?

Il est peu probable que le champ de surveillance de l’ombudsman fasse obstacle au budget, mais pour toutes les parties, l’élargissement de ce rôle devrait être la bonne chose à faire.

 

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s