La moitié des hôpitaux ontariens admettent avoir récemment réduit les services de physiothérapie aux patients externes

La dernière fois que le gouvernement a accordé une licence à une clinique de physiothérapie désignée en vertu du RAMO était en 1964. C’est désormais la solution de rechange que propose le gouvernement, maintenant que les services de physiothérapie dispensés à l’hôpital aux patients externes ont été éliminés – une solution qui repose sur un système presque oublié et vieux de 50 ans.

La Designated Physiotherapy Clinics Association (DPCA) nous laisse entrevoir le nombre important d’hôpitaux qui limitent l’accès aux services de physiothérapie offerts aux patients externes. En octobre 2011, la DPCA a reçu 120 sondages remplis par des hôpitaux de l’Ontario. Cinquante pour cent avaient réduit leurs services de physiothérapie aux patients externes dans les deux dernières années. De plus, un autre 16 pour cent ont indiqué avoir envisagé de le faire avant la fin de cette année. Il s’agit d’un changement de politique important avec peu ou pas de discussion publique.

Les résultats du sondage ont été publiés dans un communiqué de presse publié cette semaine par la DPCA. Confrontée à d’importantes coupures au niveau des services de physiothérapie dispensés dans les hôpitaux, la DPCA propose de faire sa part en acceptant de maintenir le prix de 12,20 $ la visite pendant encore deux ans, et même d’aider les Centres d’accès aux services communautaires (CASC) avec des soins à domicile à 60 $ la visite, soit la moitié de ce que demandent actuellement les organismes de soins à domicile, selon les dires de l’Association.

Quatre-vingt-quatorze cliniques de physiothérapie sont actuellement désignées en vertu du Régime d’assurance-maladie de l’Ontario, et leur répartition reflète le nombre d’habitants en 1964, pas en 2012. La Ville de Mississauga, par exemple, comptait 156 070 habitants en 1971 (son incorporation remonte à 1968). Malgré ses plus de 700 000 habitants recensés en 2011, la ville de Mississauga ne possède aucune clinique de physiothérapie désignée en vertu du RAMO. Et de l’autre côté de Toronto,  avec quelque 150 000 habitants, Oshawa en compte trois.

Le RAMO verse à ces cliniques 24,40 $ pour la première visite et 12,20 $ pour chaque visite ultérieure. Le prix des visites de suivi n’a pas changé depuis 1996. Ces cliniques sont autorisées à facturer des frais d’évaluation et de réévaluation qui dépassent le montant pris en charge par le RAMO, ce qui signifie que les patients doivent payer la différence. Certains des frais d’évaluation et de réévaluation vus en ligne peuvent atteindre 75 $ pour la première « évaluation » et jusqu’à 10 $ par visite de suivi, ou ce que les cliniques qualifient de visite de « réévaluation ».

Seuls certains patients ont droit aux services de physiothérapie offerts dans les cliniques désignées en vertu du RAMO, et le nombre total de visites est limité. Pour avoir droit à la couverture du RAMO, un patient doit avoir été renvoyé par son médecin et :
• être âgé de 19 ans ou moins; ou
• être âgé de 65 ans ou plus; ou
• recevoir des prestations en vertu du Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées ou du programme Ontario au travail; ou
• avoir passé la nuit à l’hôpital pour un problème qui exige un traitement de physiothérapie.

En revanche, les soins dispensés à l’hôpital sont gratuits et couverts en vertu de la Loi canadienne sur la santé. Les services de physiothérapie dispensés à domicile par un CASC ou un établissement de soins de longue durée sont également entièrement couverts.

Lorsque le Dr David Walker a publié son rapport sur les autres niveaux de soins l’an dernier, il a spécifiquement recommandé que « le ministère de la Santé et des Soins de longue durée examine les services de réadaptation communautaires financés par le RAMO (cliniques de physiothérapie particulièrement désignées) afin d’assurer que cet investissement satisfasse les besoins supérieurs en matière de soins des personnes âgées, et plus particulièrement des patients victimes d’accidents vasculaires cérébraux ou d’une fracture. »

Les coupures dans les services de physiothérapie dispensés à l’hôpital aux patients externes obligent les Ontariens à payer de leur propre poche pour des soins essentiels. Non seulement ces coupures nuisent à notre système de santé public, mais elles sont également inadéquates sur le plan financier. Les personnes qui n’ont pas les moyens de payer finiront vraisemblablement aux urgences d’un hôpital, ce qui finira par coûter bien plus cher à la province.

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