Santé mentale : un décès qui devrait donner à réfléchir au MSSLD

Il est temps que le ministère de la Santé examine les causes profondes des incidents de violence qui ont lieu dans les hôpitaux de la province qui fournissent des soins de santé mentale.

Étant donné que les personnes qui sont atteintes d’une maladie mentale ne sont pas statistiquement plus enclines à la violence que n’importe qui d’autre, il est évident que quelque chose dans ces établissements contribue à une augmentation des incidents de violence.

Tandis que le syndicat connaît les statistiques en ce qui concerne ses propres membres, il ne semble pas y avoir de données parallèles en ce qui concerne la violence entre patients. Comment cela se fait-il que nous puissions voir en ligne les incidents critiques qui se produisent dans les foyers de soins de longue durée mais pas dans les hôpitaux psychiatriques?

Malheureusement, les travailleurs victimes de tels incidents font rarement la une des journaux. Certains pensent que les coups de poing, crachats dans la figure et bousculades font partie intégrante de l’emploi (cela ne devrait pas être le cas). Les gestionnaires d’hôpitaux et les représentants du ministère du Travail ont montré peu de sympathie à l’égard des travailleurs qui souffrent de trouble de stress post-traumatique; ce qui est surprenant si l’on pense à l’endroit où ils travaillent.

Les travailleurs dans ces hôpitaux ne cessent de répéter que ce n’est qu’une question de temps avant que quelqu’un perde la vie.

Il est inutile d’attendre plus longtemps.

Un schizophrène âgé de 30 ans patient au Centre de santé St-Joseph de Hamilton, a tragiquement été battu à mort en mai dernier. Un autre patient a plus tard plaidé coupable à l’accusation d’homicide involontaire et a été condamné à une peine d’emprisonnement de huit ans.

Au lieu d’inciter l’hôpital à apporter des changements, ce dernier a dit qu’ils avaient fait une évaluation exhaustive et conclu que l’incident était imprévisible et, par conséquent, n’aurait pas pu être prévenu. Ça va à l’encontre des 11 recommandations découlant de la même évaluation, qui comprenaient un examen de la sécurité.

Ce déni de responsabilité a peut-être plus à faire avec le fait que la famille du défunt lance aujourd’hui ses propres poursuites judidicaires contre l’hôpital.

Les travailleurs du Centre de santé St-Joseph avaient poussé un cri d’avertissement après qu’une infirmière auxiliaire autorisée ait été victime de violence deux ans plus tôt; elle était à peine reconnaissable. Le SCFP a publié un communiqué de presse indiquant que le décès était lié au surpeuplement, au manque de personnel et à l’absence de sécurité. Il demande une enquête du coroner.

Au Centre des sciences de la santé mentale Ontario Shores, les plaintes du SEFPO, l’an dernier, avaient donné lieu à une longue enquête du ministère du Travail. En mai dernier, le ministère du Travail avait remis à l’hôpital une longue liste d’ordres visant à prévenir la violence au travail. Malgré des incidents de violence et blessures toujours plus nombreux, le ministère du Travail avait décidé de ne pas poursuivre l’hôpital en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité au travail.

Si on parlait ici d’une usine plutôt que d’un hôpital psychiatrique, la décision aurait probablement été fort différente.

En dépit d’un plan de travail compliqué résultant de ces ordres, certains travailleurs de première ligne se sentent trahis. Un grand nombre d’entre eux avaient pris le temps de parler à l’enquêteur du ministère, qui leur avait garanti des changements.

Mais en dépit des ordres, peu de choses semblent avoir changé. Les incidents ont continué de s’accumuler au cours de l’été et les résultats ressemblent largement à ceux de l’année précédente. La police de Durham a également fait publiquement état de ces problèmes – faisant remarquer plus tôt ce mois que leurs interventions au Ontario Shores se traduisaient par 438 heures de travail depuis le début de l’année.

Un membre du conseil des services de police s’est ouvertement interrogé sur la personne qui dirige cet endroit.

S’il existe le moindre espoir au Ontario Shores, c’est bien grâce à l’arrivée de Tim Savage, un conseiller en santé et sécurité. Savage possède près de 30 ans d’expérience dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail et est bien connu dans le secteur. Toutefois, Savage sera vraisemblablement limité dans sa capacité d’apporter des changements.

Lorsque le ministère du Travail a lancé son enquête au centre Ontario Shores, nous avions dit que le ministère de la Santé devrait faire la même chose. Nous avons entendu parler de circonstances qui risquent bien de jeter de l’huile sur le feu, comme par exemple la perte de soutien au niveau des activités récréatives et de la programmation à l’hôpital.

Cette année, nous avons entendu des histoires semblables à l’Hôpital Providence Care de Kingston. Comme c’est le cas pour les membres du SCFP à l’hôpital St-Joseph, on nous a dit que le surpeuplement et le manque de personnel étaient ici aussi responsables de la situation explosive. À la fin de l’été, nous avons appris que l’hôpital envisageait de mettre à pied encore davantage de personnel et de réduire le nombre de lits, des lits dont on a grandement besoin. Près d’un travailleur sur cinq perdra bientôt son emploi à l’ancien Hôpital psychiatrique de Kingston.

Les hôpitaux qui fournissent des services de santé mentale sont soumis aux mêmes restrictions que tous les autres. Et celles-ci se traduisent par un financement à base zéro. Tandis que les principaux hôpitaux psychiatriques ont bouclé leur dernier exercice avec des résultats positifs, il est possible que cela change d’ici la fin du mois de mars 2014. Et une telle situation entraînera la perte d’autres lits.

De même, les membres du SEFPO qui travaillent dans les foyers de soins de longue durée de la province disent que leurs établissements ne sont pas prêts à recevoir les patients qui sortent des hôpitaux psychiatriques. Et ce manque de préparation fait qu’ils enregistrent eux aussi un degré croissant de violence.

Il est important que le ministère de la Santé se penche sérieusement sur la situation. Le fait qu’on insiste désormais sur la réduction de l’utilisation de contraintes physiques et chimiques est une bonne chose; toutefois, il serait bon que des mesures de remplacement soient mises en place pour assurer la sécurité du personnel et des patients. L’austérité est sans doute aussi un facteur; la réduction des effectifs et les coupures dans les programmes peuvent contribuer à un milieu de travail moins stable. Avec de moins en moins de lits, les hôpitaux psychiatriques risquent aussi de faire face à une concentration de patients présentant une affection beaucoup plus aiguë, qui ne peuvent simplement pas recevoir les soins dont ils ont besoin au sein de la communauté.

Il y a peut-être d’autres facteurs en jeu.

Et c’est là que le ministère de la santé devrait jouer un rôle. Nous savons que la prévention du haut peut contribuer à de nombreux changements positifs au sein du système. Mais au lieu d’agir, le ministère semble accepter le prix des blessures, le temps perdu, le stress et, dans au moins un cas à date, le décès d’un patient.

Il est clair que nous pourrions faire mieux dans ces établissements, tant pour les patients que pour le personnel.

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