8 300 personnes participent à la télétribune sur la fusion

La première télétribune sur la fusion éventuelle de l’Hôpital de Scarborough et du Système de santé de la vallée de la Rouge a entendu de nombreuses questions mais peu de réponses détaillées.

Les hôpitaux ont rapporté la participation de 8 300 personnes, bien que le format d’une heure n’ait permis qu’à 17 appelants de poser des questions. On a perdu deux autres appelants qui attendaient en ligne.

Le point peut-être le plus intéressant en fut un d’omission. Plusieurs fois au cours de la télétribune, les PDG des hôpitaux ont insisté pour dire que les salles d’urgence ne fermeraient pas, que les quatre sites resteraient ouverts et que le Rouge continuerait de fournir les soins actuels. Aucun engagement de la sorte n’a été entendu pour l’Hôpital de Scarborough.

Les PDG semblent convaincus que la fusion des deux hôpitaux permettra de faire des économies d’échelle et de réduire les frais administratifs. Mais on n’a donné aucun exemple de fusion d’hôpitaux avec de tels résultats. Un appelant a expressément demandé comment une telle fusion différerait des autres fusions qui ont été faites dans la région du Grand Toronto, comme celle de North York et Branson. Comme s’il voulait confirmer les craintes, le PDG du Système de la Rouge Rick Ganderton a dit qu’ils avaient pris du temps à « embrasser » la fusion entre l’Hôpital Centenary et l’Hôpital d’Ajax-Pickering.

Vu les résultats plutôt douteux des fusions d’hôpitaux qui se sont faites en Ontario, c’est une question sur laquelle la communauté devrait insister. Dans la région du Niagara, par exemple, on dit que le Système de santé de Niagara fusionné est peut-être trop grand pour être viable.

Étant donné qu’on n’a pas encore établi le rapport coûts-avantages d’une fusion potentielle, tout reste encore dans le domaine du rêve.

Si la fusion a lieu, le nouvel hôpital Scarborough-Rouge sera énorme. Ce super hôpital serait le plus grand centre chirurgical de l’Ontario avec le programme de néphrologie (reins) le plus important en Amérique du Nord. Le Système de la Rouge demeure aussi un centre de cardiologie important.

L’animateur de la télétribune a passé au travers d’une liste de questions préparées à l’avance visant à communiquer les points clés à l’auditoire, y compris sur les risques et les avantages de la fusion proposée.

Plutôt que de nous donner un seul exemple des uns ou des autres, on nous a dit que les faits étaient tous réunis pour permettre la prise d’une décision éclairée. Robert Biron, PDG de l’Hôpital de Scarborough, a dit que le statu quo présentait lui aussi des risques.

On est resté sur cette position tout au long de la télétribune, et les PDG ont suggéré que les initiatives de restructuration de la province rendaient le statu quo impossible. Le problème, c’est que l’Ontario ne restructure pas vraiment les hôpitaux en vertu d’un plan stratégique cohérent quelconque; plutôt, il applique des restrictions financières dans l’espoir de voir les services transférés dans la communauté. Personne ne sait vraiment à quoi ressemble l’objectif recherché, faisant de la planification un fourre-tout d’idées de toutes sortes. Même dans un hôpital fusionné, les mêmes problèmes devraient exister.

Biron a dit qu’ils devaient désormais en faire plus avec moins. C’est ce que nous récitent tous les hôpitaux depuis vingt ans.

Deux appelants de Durham Ouest ont déclaré qu’ils se voyaient davantage liés au Centre de santé Lakeridge d’Oshawa. Ils n’ont tout simplement pas envie d’aller jusqu’à Scarborough pour obtenir des services avancés, d’autant plus que de nombreux sites du Centre Lakeridge se trouvent plus près. Ganderton avait suggéré que c’était surtout les médecins qui comptaient en ce qui concerne cette question, et les cliniciens préféraient garder l’Hôpital d’Ajax-Pickering lié au Centenary.

Parmi les autres préoccupations, notons la culture du nouvel hôpital fusionné, l’aptitude des patients à suggérer leurs propres « efficiences » et l’impact sur le financement.

Étant donné le passage au « financement axé sur le patient », Biron a dit aux auditeurs que l’hôpital pourrait essayer de fournir de nouveaux services localement là où les patients devaient précédemment se déplacer dans d’autres hôpitaux pour accéder aux services.

Les appelants se sont aussi dits préoccupés par la distance à parcourir pour obtenir les services. Après que les PDG aient rassuré les auditeurs sur le fait que l’accès était l’un des principes directeurs, Biron a répondu à un appelant qui se plaignait des attentes entourant le transfert des services ambulatoires de physiothérapie du campus Birchmount au campus de l’Hôpital général de Scarborough. Biron a dit qu’en consolidant les services ambulatoires de physiothérapie, ils arrivaient à voir davantage de patients. Il a nié que les temps d’attente augmentaient et a dit que de nombreux hôpitaux en Ontario éliminaient entièrement leurs services ambulatoires de physiothérapie.

Une telle chose ne fait que confirmer les craintes comme quoi les hôpitaux sont prêts à faire des compromis budgétaires et à consolider des services même si ça se traduit par un plus grand nombre de déplacements pour la communauté. Ceci dans une communauté où les patients vont se fier de plus en plus aux transports en commun pour leurs déplacements.

Tandis que l’accès est l’un des quatre principes directeurs, la durabilité en est un autre. Il n’est pas difficile de voir ce qui arrivera lorsque ces principes entreront en collision.

Pendant la télétribune, une infirmière s’est renseignée sur les pertes d’emplois. Biron a confirmé l’anxiété entourant la question, mais n’a offert aucun réconfort, disant simplement à l’appelante qu’il était encore trop tôt pour dire ce qui se passerait et qu’ils devraient faire preuve de créativité pour trouver des solutions.

Un des gros problèmes avec la télétribune, c’est qu’il n’y a encore aucune proposition détaillée sur la table, si ce n’est l’idée de la fusion elle-même. Les quatre principes directeurs sont si fondamentaux – et parfois contradictoires – qu’il sera difficile d’établir si le résultat est un succès ou un échec. Le problème récent dont nous avons parlé, soit celui des services de restauration, semble indiquer que la qualité et l’excellence ne seront pas nécessairement des facteurs déterminants. Ganderton avait défini la consultation comme faisant partie d’un « processus préliminaire ».

La véritable conversation aura sans doute lieu une fois que les deux hôpitaux commenceront à aborder des propositions plus concrètes que le public est capable de comprendre dans le contexte de leurs besoins en matière de santé.

Si vous désirez écouter l’enregistrement de la télétribune, vous pouvez le faire en ligne. Cliquez ici.

Les hôpitaux conduiront une deuxième télétribune le 8 octobre prochain. Pour vous inscrire, cliquez ici.  Gardez un œil sur notre blogue pour certaines questions que vous aimeriez peut-être poser.

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