La FCEI est-elle disposée à assumer les coûts de santé résultant d’une ordonnance d’inégalité accrue?

À un moment où la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) réclame la fin des régimes de retraite à « prestations déterminées » (PD), le plus récent indice de retraite montre que les régimes de retraite à « cotisations déterminées » (CD) vivotent et ne parviendront pas à produire le genre de revenu dont ont besoin les personnes âgées à la retraite. Les régimes à CD remplacent actuellement en moyenne 22,3 pour cent du revenu pré-retraite. Combien d’entre nous pourraient vivre à l’âge de la retraite avec moins d’un quart de ce que nous gagnons aujourd’hui?

En revanche, un régime à PD typique remplacera entre 50 et 70 pour cent du revenu pré-retraite. Les planificateurs financiers estiment que pour maintenir leur style de vie, les Canadiens ont besoin de soixante-dix pour cent de leurs revenus. La différence entre 22,3 pour cent et 70 pour cent est énorme.

La FCEI estime pouvoir résoudre le problème en menant la vie dure aux travailleurs du secteur public qui veulent prendre leur retraite plutôt qu’en améliorant le revenu de retraite de deux tiers des travailleurs du secteur privé qui n’ont pas de régime de retraite au travail. C’est absurde!

Les syndicats défendent les améliorations au Régime de pensions du Canada à PD afin d’aider tous les travailleurs, mais la FCEI s’oppose aussi à cette solution. La FCEI aimerait aussi qu’on ne prenne plus de retraite anticipée.

Vu ce que nous savons à propos des déterminants sociaux de la santé, nous devons nous demander dans quelle mesure les entreprises indépendantes au Canada accepteraient de payer plus si davantage de personnes âgées se trouvaient à avoir des difficultés. On peut aussi se demander combien un nombre croissant de personnes âgées pauvres seront en mesure de dépenser chaque semaine auprès de ces entreprises indépendantes.

Dans le magazine Benefits Canada, Michelle Loder de Towers Watson déclare « Contrairement aux régimes à PD, les promoteurs de régimes à CD ne versent rien de plus pour compenser la médiocrité du rendement dans les années précédentes, lesquels peuvent contribuer à des déficits considérables par rapport aux attentes des membres du régime ». Les propres calculs de la FCEI montrent qu’avec des cotisations semblables, le régime à PD vaudra beaucoup plus que le régime à CD, avec le temps. Si tel est le cas, pourquoi la FCEI veut-elle que les employeurs et les employés du secteur public passent à un régime qui leur garantit un moins bon rendement sur leur investissement? Cela n’a aucun sens, à moins que, évidemment, l’objectif réel vise simplement à réduire les cotisations de l’employeur au régime de retraite des travailleurs du secteur public.

Les régimes à PD sont basés sur des prestations de retraite préétablies, pour lesquelles les cotisations tant de l’employé que de l’employeur peuvent fluctuer avec le temps pour s’assurer que le régime soit adéquatement financé. Les régimes à CD ne sont vraiment que d’énormes régimes enregistrés d’épargne-retraite à cotisations déterminées. Le montant des prestations dépend du marché. Un régime à CD ne garantit pas à ses membres de recevoir des prestations suffisantes à la retraite; ainsi, les gestionnaires de ces fonds ne sont pas aussi motivés à en assurer le bon rendement.

La FCEI aimerait certainement que nous réduisions nos attentes dans l’avenir. Au lieu de fixer un objectif de 70 % du revenu pré-retraite pour la retraite, la FCEI dit que 50 % devrait suffire. Nous ne parviendrons pas même à cet objectif avec leur idée de vouloir imposer le régime à CD.

C’est après 30 années de politiques néo-libérales qui ont contribué au surplace des revenus de la classe moyenne et aux attentes toujours plus grandes du un pour cent supérieur qu’on nous demande d’accepter de réduire nos attentes. Plus tôt cette année, une étude du Conference Board du Canada classait le Canada en 12e position en matière d’inégalité des revenus sur les 17 pays participants. Compte tenu de l’inflation, le recensement de 2006 a fait remarquer que les augmentations salariales médianes sur un quart de siècle se sont montées à un maigre 53 $ par année pour les Canadiens.

N’est-il pas temps que nous parlions de remonter la barre des attentes de la majorité des travailleurs plutôt que d’aller à contre-courant? Les travailleurs ont respecté les règles du jeu. Ils ont élu des gouvernements favorables aux entreprises. Et maintenant, on leur demande de s’attendre à moins.

 

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