Selon un arbitre, le personnel hospitalier peut librement afficher tatouages et perçages

Selon une décision arbitrale récente, l’Hôpital d’Ottawa tentait de résoudre un problème qui n’existait même pas en imposant unilatéralement un nouveau code vestimentaire à ses employés.La disposition la plus controversée était l’exigence que les travailleurs de l’hôpital dissimulent gros tatouages et « perçages corporels excessifs visibles ».

L’Hôpital d’Ottawa interdisait également à certains travailleurs de porter des jeans et des bermudas et insistait auprès des infirmières pour qu’elles portent leur blouse blanche à l’hôpital même quand elles n’étaient pas de service.

Toutes ces restrictions ont été déclarées invalides dans la décision arbitrale du 14 janvier dernier qui suivait un grief  de principe déposé en 2010 par la section locale 4000 du SCFP.

Dans sa décision, l’arbitre Lorne Slotnick a déclaré : « L’argument de l’employeur se fonde explicitement sur sa volonté d’accepter les préjugés et stéréotypes de certains patients en ce qui concerne les tatouages et perçages corporels, même sans preuves d’impact sur la santé… l’hôpital ne pourrait et ne voudrait pas accéder aux volontés d’un patient qui se dirait mal à l’aise avec un fournisseur de soins particulier en raison de sa race ou de son identité ethnique, même si certains patients ont ce genre de préjugés. » (adaptation libre)

Slotnick a dit qu’aucun patient n’est forcé d’accepter les tatouages, mais doit plutôt s’attendre à recevoir des soins de nombreux individus différents, lesquels reflètent la diversité à laquelle on peut s’attendre au sein d’une grande ville.

Les preuves présentées par l’hôpital s’appuyaient sur un sondage conduit dans un hôpital rural américain, dans le cadre duquel on avait montré aux patients des photographies de travailleurs hospitaliers avec et sans tatouages et à qui on avait posé toute une série de questions sur leurs perceptions du professionnalisme de tels travailleurs. De façon surprenante, la différence en matière de perception était faible, nous forçant à nous interroger sur la raison pour laquelle un tel code vestimentaire aurait pu être introduit, comme le prouve l’arbitrage qui a traîné pendant près de deux ans.

L’hôpital a également essayé d’introduire une des architectes de la politique comme étant une témoin experte indépendante. Ceci en dépit du fait que sa recherche « experte » n’a jamais examiné l’effet de l’apparence ou de l’habillement d’un fournisseur de soins de santé sur le niveau de stress ou l’état de santé des patients, selon Slotnick.

L’arbitre a comparé l’affaire à une affaire qui avait eu lieu en 1972, dans laquelle on avait déclaré que les favoris n’étaient pas professionnels pour les pompiers de Scarborough, suggérant que l’hôpital était lui aussi légèrement dépassé par le temps.

« Quiconque a déjà fait une promenade en plein été sait que les tatouages ne sont plus confinés aux marins, débardeurs et effeuilleuses », écrit-il.

L’hôpital a indiqué avoir eu deux plaintes seulement au cours des dix dernières années en ce qui concerne les tatouages du personnel – la plus récente en 2007.

Des membres du personnel s’inquiétaient du fait que le port de manches longues pour couvrir les tatous entraîne un problème de contrôle des infections, et plus particulièrement quand il est essentiel de se laver les mains souvent.

Toutefois, l’arbitre a fait remarquer qu’aucune preuve concluante n’existait à l’effet que la longueur des manches puisse faire une différence.

Les autres nouvelles dispositions sur l’apparence ont été invalidées sur la base qu’elles ne répondaient pas aux exigences en matière de caractère raisonnable, qu’elles n’étaient pas claires et sans équivoque, et qu’elles n’étaient pas appliquées de manière uniforme. De nombreux témoins ont précisé que les nouvelles dispositions du code vestimentaire étaient très inégalement appliquées.

L’arbitre ne pouvait trouver de raisons pour lesquelles l’hôpital avait soudainement trouvé nécessaire d’introduire de telles politiques en 2010.

« Cet employeur cherche à s’exempter entièrement de l’exigence du caractère raisonnable simplement parce que c’est un hôpital », a écrit l’arbitre.

Une politique semblable concernant la dissimulation des tatouages des membres de la Police provinciale de l’Ontario a elle aussi récemment été invalidée.

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