Le registre des PSSP est en place en dépit des questions clés restant à résoudre

C’est le 13 juin dernier que la ministre de la Santé Deb Matthews prenait la parole devant la législature pour annoncer que le registre des préposés aux services de soutien à la personne (PSSP) était en place. Les PSSP du secteur des soins à domicile sont les premiers à s’inscrire, suivis des travailleurs des maisons de soins de longue durée de l’Ontario.

C’est le même registre que le Comité consultatif de réglementation des professions de la santé (CCRPS) a recommandé de ne pas approuver en 2006 après des consultations intensives avec des PSSP, des employeurs, des clients et d’autres intervenants.

Le CCRPS a plutôt recommandé que des mesures additionnelles soient prises pour « améliorer l’éducation et la formation des PSSP, la dotation et la supervision, et pour améliorer également l’accès à des mécanismes de recours satisfaisants pour les patients et les clients qui font face à des situations d’abus et d’écart de conduite ».

Le CCRPS estimait que les coûts d’un tel registre seraient prohibitifs comparés à ses avantages.

Bien sûr, fermement engagée à l’égard de la prise de décisions fondée sur des preuves, Matthews a ignoré les conclusions du CCRPS et décidé de créer le registre de toute façon.

Le registre est revenu dans le point de mire de la province après une série de reportages dans les médias mettant en lumière les questions d’abus et de négligence dans les maisons de soins de longue durée de l’Ontario.

Le CCRPS n’estimait pourtant pas qu’un registre puisse être efficace pour protéger le public contre les PSSP connus pour leurs antécédents d’abus.

On aurait dit au CCRPS que « les critères élevés pour prouver l’abus, ainsi que le désir de résoudre rapidement tout incident de ce genre encouragent souvent les employeurs à faire une « offre » à l’employé plutôt qu’à suivre la procédure qui conduirait au licenciement. « L’offre » en question s’accompagnerait d’une entente de non divulgation ».

L’examen du CCRPS a défini le travail des PSSP comme incluant des activités de la vie quotidienne (travail ménager léger, soins personnels et responsabilités de transfert, telles qu’aider une personne à se mettre au son lit et à en sortir. Les PSSP accomplissent également des tâches définies comme étant « des activités instrumentales de la vie quotidienne », qui incluent la planification des menus, le magasinage, la préparation des repas. Les PSSP peuvent fournir le transport ou accompagner des clients à leurs rendez-vous. Dans certains cas, le rapport mentionne que « les PSSP sont appelés à fournir des services de soins cliniques, tels que prendre la tension, la température ou le pouls des clients, prélever des spécimens ou mettre en œuvre un programme de réadaptation ».

Le CCRPS a indiqué avoir entendu à maintes reprises qu’il n’existe pas d’ensemble de connaissances défini unique à la profession de PSSP. Une bonne partie du travail que les préposés aux services de soutien à la personne font relève d’un professionnel de la santé autorisé.

Néanmoins, certains PSSP estiment qu’un registre leur procurerait la reconnaissance qu’ils attendent depuis si longtemps, certains espérant même qu’un tel registre leur permette d’obtenir de meilleurs salaires et avantages sociaux. L’Ontario PSW Association a recruté une poignée de PSST pour assister à l’annonce de Deb Matthews.

France Gélinas, députée NPD, porte-parole de la santé, a dit à la législature que la reconnaissance pourrait aller bien au-delà du registre.

« Si vous regardez les 26 000 préposés aux services de soutien à la personne (PSSP) qui travaillent dans le système des soins à domicile, la plupart ont un revenu à peine supérieur au salaire minimum. Le salaire minimum en Ontario est de 10,25 $. De nombreux PSSP ne gagnent pas plus de 2 $ de plus que le salaire minimum. »

Ce qui est étrange, c’est que tandis que les PSSP dans le secteur des soins à domicile s’inscrivent sur le registre, le comité de direction responsable du registre n’a pas encore déterminé quels seraient les critères d’admissibilité ou de retrait d’une personne de ce registre. On ne sait pas qui sera automatiquement ajouté au registre, quelles études sont nécessaires pour se qualifier à titre de nouveau PSSP ou à quoi ressemblerait le processus visant à retirer une personne du registre. Pas plus qu’on ne sait comment le registre sera dirigé en permanence.

En Colombie-Britannique, le registre des PSSP est doté d’un comité consultatif de travailleurs et fournisseurs de soins de santé.

En Ontario, on ne compte que 4 représentants syndicaux au sein d’un comité de direction de 24 membres.

Le SEFPO ne siège pas à ce comité de direction, mais maintient un contact avec les représentants syndicaux qui y siègent.

Il est normal que les PSSP espèrent que ce registre leur permette de gagner respect et reconnaissance. Mais il pourrait aussi se transformer en une gaffe majeure qui pourrait aggraver la pénurie de PSSP.

Le comité de direction se réunit de nouveau cette semaine. La liste des questions restant à régler est longue, et plus particulièrement maintenant que Deb Matthews a démarré le compteur.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s