Grève des infirmières de l’Ontario : Les soins à domicile sont critiques à la stratégie des soins de santé de l’Ontario – dites-le donc aux CASC

Le président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas (tout à droite), en compagnie des professionnels en grève des CASC membres de l'AIIO, à Kingston, vendredi dernier.

Le président du SEFPO, Warren (Smokey) Thomas (tout à droite), en compagnie des professionnels en grève des CASC membres de l’AIIO, à Kingston, vendredi dernier.

Environ 3 000 membres du personnel professionnel de neuf des 14 centres d’accès aux soins communautaires de l’Ontario (CASC) sont descendus dans la rue vendredi dernier.

Représentés par l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario, ces professionnels en grève travaillent au sein d’un secteur que le gouvernement considère essentiel à sa stratégie des soins de santé globale.

Environ 140 travailleurs des soins à domicile membres du SEFPO, chez Paramed Home Health Care, à Renfrew, ont refusé de fournir leurs services en septembre dernier après que leur agence ait refusé de négocier une entente qui aurait pu sortir un bon nombre de ses travailleurs hors de la pauvreté. En 2013, 4 500 préposés aux services de soutien à la personne de Red Cross Care Partners, membres du SEIU, sont tombés en grève pour des raisons semblables. Après la grève, le gouvernement a mis en œuvre une initiative mal conçue mais bien intentionnée pour stabiliser les préposés aux services de soutien à la personne (PSSP) en augmentant les fonds affectés à leur rémunération sur une période de trois ans. Tandis que le gouvernement attribuait des augmentations salariales à ces PSSP, certains organismes de soins à domicile à but lucratif privés se rabattaient sur l’indemnisation du temps de déplacement et du kilométrage. Dans les contés de Niagara et Norfolk, les membres du personnel infirmier de Care Partners membres du SEFPO risquent bel et bien de tomber en grève bientôt pour obtenir un premier contrat.

Le ministre de la Santé, le Dr Eric Hoskins, a nommé l’ancienne présidente de l’AIIAO Gail Donner pour conduire un examen expert sur le secteur. On s’attend à recevoir ses recommandations au début de cette année. Le plus tôt sera le mieux.

Les pressions de cette toute dernière grève seront énormes vu que les hôpitaux sous-financés de l’Ontario ne disposent que d’une faible marge de manœuvre maintenant que l’aptitude à renvoyer les patients soignés à domicile dans les CASC est beaucoup plus limitée.

Les conseils des CASC ont l’air particulièrement ridicule. Le Toronto Star rapporte que l’AIIO demandait une augmentation de 1,4 pour cent pour ses travailleurs après un gel de deux ans. La plupart des gens diraient que c’est plus que raisonnable à la lumière des augmentations faramineuses que les conseils des CASC ont accordées à leurs dirigeants.

En février dernier, Bob Hepburn, chroniqueur au Star, avait parlé des augmentations massives accordées aux dirigeants des CASC. Entre 2009 et 2012, certains d’entre eux avaient reçu une augmentation cumulative allant jusqu’à 50 pour cent. Et ce n’était pas tout pour 2013.

Richard Joly, qui avait déjà bénéficié d’une augmentation substantielle entre 2009 et 2012 à son poste de dirigeant du CASC du nord-est, a vu sa paie augmenter d’un autre 16 pour cent en 2013, selon la liste des 100 000 $ et plus (liste « Sunshine »). Une augmentation de près de 40 000 $ à son salaire publié de 288 000 $. Et aujourd’hui, son CASC est un des neuf qui ne parviennent pas à conclure une entente avec leur personnel de première ligne.

Cathy Szabo avait été nommée dirigeante de l’Hôpital psychiatrique et de réadaptation Providence Care en avril dernier, après que Hepbburn l’ait mise dans le club des augmentations 50 pour cent. En 2013, son conseil a ajouté près de 6 000 $ à sa rémunération. Le CASC du centre est lui aussi en grève.

Le conseil du CASC du sud-est a peut-être eu pitié de sa dirigeante Jacqueline Redmond en voyant la rémunération de ses collègues monter en flèche. Il a ajouté plus de 15 000 $ à sa rémunération en 2013, soit une augmentation d’environ 6,9 pour cent. Ce CASC n’a lui non plus pas réussi à conclure une entente avec ses professionnels membres de l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario.

Au CASC du sud-ouest, la rémunération de Sandra Coleman a continué de grimper en 2013, avec une augmentation de 21 062 $, portant sa paie à 288 462 $. C’est une augmentation de 7,8 pour cent d’un conseil qui ne pouvait pas même accorder une augmentation à ses travailleurs de première ligne correspondant au taux d’inflation.

Les conseils des CASC n’ont pas tous estimé que leur dirigeant méritait une telle augmentation. La dirigeante du CASC d’Erie St-Clair, Elizabeth Kuchta, a accepté une autre année de zéros pour sa propre rémunération, comme l’a d’ailleurs fait Don Ford, du CASC du centre est. Megan Allen-Lamb, du CASC de Simcoe Nord Muskoka, a ramassé 200 000 $ en 2013, pour une première année complète à son poste. Elle pourrait se sentir lésée par rapport à Melody Miles (Hamilton Niagara Haldimand Brant) et Gilles Lanteigne (Champlain), tous deux ayant passé la barre des 300 000 $, avec des augmentations énormes en 2013.

Il est peu vraisemblable qu’on reprenne ces augmentations pour en faire profiter le commun des travailleurs dans ces CASC, mais elles ont fait sourire le public, de plus en plus frustré quant à l’accès aux services de soins à domicile. Elles rendent encore plus difficile d’assurer le financement dont ont vraiment besoin les CASC pour absorber l’afflux de patients résultant d’un certain nombre de facteurs, notamment la décharge des hôpitaux, gravement sous-financée depuis au moins cinq ans.

Nous avons remarqué en octobre dernier qu’en raison d’un sérieux manque de fond, le CASC de Champlain se défaisait de ses patients qui reçoivent des soins à long terme. Tandis que le financement du CASC augmentait de 7 pour cent, la demande avait elle augmenté de 11,3 pour cent, selon le Ottawa Sun.

C’est un problème.

Entre temps, si vous voyez le personnel des CASC membres de l’AIIO faire le piquet, achetez-leur une boisson chaude, encouragez-les et prenez le temps de marcher à leurs côtés pendant quelques minutes. En cet hiver de mécontentement, nous devons vraiment nous tenir les coudes.

 

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