Le Royal Ottawa et CAMH exposés à des poursuites pour milieux de travail dangereux

Ce n’est pas tous les jours qu’un hôpital psychiatrique ontarien est mis en examen par les tribunaux, et encore moins deux!

Les travailleurs de la santé de toute la province surveilleront de près le résultat du procès en cours résultant d’accusations en vertu de la Loi ontarienne sur la santé et la sécurité au travail contre le Centre de santé mentale Royal Ottawa.

Le Royal Ottawa a demandé un arrêt des procédures, disant que les témoignages pourraient être ternis par la récente couverture médiatique, mais sans succès. Le Citizen dOttawa rapporte que le juge de paix John Doran a rejeté les arguments de l’hôpital, faisant remarquer que les déclarations de témoins obtenues avant le procès serviraient de base de référence.

Tandis que le procès commençait, en décembre dernier, de nouvelles accusations étaient déposées contre le Royal Ottawa, suite à un prétendu coup de poignard d’un patient contre une infirmière au mois d’octobre au site de l’hôpital de Brockville. Le coup de couteau aurait de justesse manqué l’artère carotide de cette infirmière.

Après l’attaque, l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario a demandé une ordonnance provisoire à la Commission des relations de travail de l’Ontario pour placer des gardes de sécurité formés dans l’unité où l’attaque avait eu lieu. L’AIIO représente les infirmières autorisées au Royal. La CRTO a répondu le 26 novembre en rendant une ordonnance pour fournir un service de sécurité 24/7 dans l’unité, une ordonnance à laquelle l’hôpital n’a pas encore donné suite.

Représentant deux unités de négociation au site de Brockville du Royal Ottawa, le SEFPO demande le statut d’intervenant dans le cadre de ce nouveau cas, en dépit de l’opposition du conseiller juridique de l’hôpital.

Le Centre de toxicomanie et de santé mentale a également été inculpé en vertu de la même loi en décembre dernier, à peu près une semaine après que le SEFPO et l’AIIO publient un communiqué de presse conjoint réclamant une intervention à la suite d’une agression présumée en janvier 2014, qui avait laissé une infirmière auxiliaire autorisée méconnaissable. L’infirmière autorisée du SEFPO et l’infirmière de l’AIIO qui sont venues à son secours ne travaillent plus depuis.

Ce n’est pas la première accusation de ce genre pour CAMH. En 2009, l’hôpital avait reçu une amende de 70 000 $ après avoir plaidé coupable à deux chefs d’accusation en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité au travail, suite à deux incidents séparés dans lesquels des infirmières avaient été attaquées.

En dépit des nouvelles accusations, l’AIIO a dit que CAMH ne l’avait pas informée immédiatement d’un nouvel incident critique qui avait eu lieu le 29 décembre, contrairement à ce qui est exigé en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité au travail.

Les travailleurs du secteur des soins de santé se plaignent depuis longtemps de l’existence de deux normes tacites pour les poursuites intentées en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité au travail, une pour le secteur privé et l’autre pour le secteur public. Au vu d’incidents toujours plus nombreux, le SEFPO a demandé que le ministère du Travail passe à la vitesse supérieure et fasse exécuter la loi par les tribunaux. Le Dr Leon Genosove, médecin chef du ministère du Travail, a également passé une journée en juin dernier à écouter les membres du SEFPO et d’autres experts invités dans le cadre d’un forum sur la question organisé par la division de la santé mentale du syndicat.

Les nouvelles poursuites intentées indiquent peut-être que le ministère écoute enfin. C’est un virement significatif après des années d’interventions limitées à des ordonnances remises aux hôpitaux publics de l’Ontario.

Les patients souffrant d’une maladie mentale ne sont pas plus violents que le reste de la société, tel que l’affirment leurs défenseurs; en fait, ils sont plus susceptibles d’être victimes de violence que les auteurs de ces crimes. Toutefois, les taux d’acuité sont en hausse dans les hôpitaux psychiatriques de l’Ontario tandis que le personnel et les services stagnent ou diminuent. Les travailleurs nous disent que la situation contribue à des conditions de travail dangereuses.

En décembre dernier, Scientific America parlait de la résurgence de violence contre les travailleurs de la santé comme d’une épidémie, montrant du doigt certains responsables hospitaliers, y compris des administrateurs.

« De meilleurs programmes de prévention de la violence, y compris la formation et la divulgation des incidents, peuvent réduire le risque, mais leur mise en œuvre se heurte à de l’indifférence… l’indifférence générale décourage les travailleurs de la santé de signaler les agressions, ce qui contribue également au problème. »

Aux États-Unis, près de la moitié des agressions viennent de patients ou de membres de leur famille qui sont en état d’ébriété ou intoxiqués par des drogues. En outre, Scientific America estime que la moitié des agressions physiques contre des infirmières ne sont pas signalées et que 80 % des insultes verbales ne le sont pas elles non plus.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s