Le CTSM demande à son personnel de poster les cigarettes des patients chez eux

Ah! Rosie!

Rosie DiManno, chroniqueuse au Toronto Star, s’est récemment servie de son style de prose sans ambages pour corriger le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CTSM).

Bien que les toxicomanies entrent dans le mandat du CTSM, les patients du centre n’arrivent pas tous avec en tête d’arrêter de fumer.

Il est vrai que le tabac crée une dépendance. Et la nocivité du tabac n’est plus à prouver.

Cela fait déjà quelque temps que le CTSM intensifie son offensive contre le tabagisme; ça avait commencé avec l’élimination des salles réservées aux fumeurs, en 2003. Depuis lors, il est interdit de fumer sur la propriété du CTSM, dedans et dehors. Et maintenant, on interdit même aux patients de mettre leurs cigarettes dans les casiers mis à leur disposition dans l’édifice, même s’ils sont obligés de sortir dans la rue pour les fumer.

Le 18 avril dernier, Rosie DiManno a qualifié de « pathologie » la guerre au tabagisme du CTSM, faisant remarquer avec ironie que le CTSM « peut user d’autant de coercition qu’il le souhaite contre les personnes les plus vulnérables qui soient sous prétexte que c’est bon pour la santé ».

« Un établissement psychiatrique ne devrait pas contribuer à traumatiser encore davantage des personnes qui souffrent déjà, et encore moins en criminalisant une pause cigarette à l’extérieur de leurs locaux », a écrit DiManno.

Le personnel a reçu une note de service la semaine dernière dans laquelle on leur disait d’expliquer aux « clients » que le CTSM était un établissement sans tabac et qu’il n’autoriserait pas la possession de tabac sur sa propriété. D’autre part, on leur a aussi demandé de parler de thérapie de substitution de la nicotine à leurs patients et d’être prêts à renvoyer par la poste, entreposer (jusqu’au départ des patients) ou détruire les cigarettes des patients.

Oui, par la poste.

La note de service semble vouloir assumer que le personnel n’a jamais utilisé les services de Postes Canada auparavant et explique le processus en détail.

1. Écrire l’adresse domiciliaire du client sur une enveloppe à bulles.2. Entrer le code budgétaire (unité) dans le coin supérieur droit de l’enveloppe à bulles (pour l’affranchissement) (le numéro de compte est indiqué dans la note de service).3. Placer tous les produits du tabac du client dans l’enveloppe à bulles et la fermer.4. Mettre l’enveloppe dans le courrier sortant.

Pour de nombreux patients, l’admission au CTSM est l’aboutissement d’une des pires périodes de leur vie.

Bien que nous ne soyons pas des défenseurs de la cigarette, il nous semble cruel de retirer aux patients ce petit confort à un moment si difficile.

Certains de ces patients sont déjà agités en raison de leur maladie mentale. Ajouter à cela un sevrage de nicotine entraîne des risques tant pour le personnel que pour le patient.

Contentons-nous de traiter les gens pour ce pourquoi ils viennent à l’hôpital!

L’abandon du tabac peut attendre à un autre jour, lorsque les patients sont eux-mêmes motivés à le faire. Cela ne devrait pas être obligatoire.

« Ils ont tous besoin d’aide et de compassion, d’intervention thérapeutique, d’un abri temporaire contre les tempêtes intérieures », écrit encore Rosie.

Nous sommes entièrement d’accord.

 

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