La loi interdisant le don lucratif de sang et de plasma « mourra-t-elle » au comité?

Dans toutes les discussions électorales, on se demande si les partis de l’opposition laisseront tomber le projet de loi du gouvernement minoritaire actuel interdisant la collecte de plasma rémunérée dans la province.

La Loi de 2014 sur le don de sang volontaire a été renvoyée devant le Comité permanent sur les politiques sociales de l’Assemblée législative après avoir été adoptée en deuxième lecture le 14 avril dernier.

Il reste à savoir si les partis envisagent de traîner la loi devant le comité pour la destiner à une mort inévitable, ou s’ils la mèneront rapidement devant l’Assemblée législative pour une troisième lecture. Pour l’instant, il semblerait que la déchéance de cette loi soit plus vraisemblable. Les lecteurs préoccupés par la question voudront peut-être communiquer avec leur député provincial dès que possible pour encourager son adoption.

La clinique à but lucratif privée Canadian Plasma Resources a déjà ouvert ses portes à Toronto, sans autorisation des gouvernements fédéral ou provincial.

Hier, le Dr Ryan Meili (EvidenceNetwork.ca) et la Dre Monica Dutt (présidente, Médecins canadiens pour le régime public) ont publié un éditorial dans le Globe and Mail affirmant que les dons de plasma payés « donnent lieu à d’importantes préoccupations en matière d’éthique, de sécurité et de santé publique ».

Ils ont plus particulièrement souligné l’avertissement de l’Organisation mondiale de la santé qui dit que là où l’on autorise la rémunération des dons de sang, le nombre de donneurs volontaires diminue. Ce point est tout particulièrement important si l’on tient compte des pénuries de sang auxquelles le Canada a dû faire face à la fin de l’été dernier.

« Le juge Horace Krever a recommandé, entre autres, que le Canada ne rémunère les dons de sang et de plasma que dans des circonstances exceptionnelles », ont écrit les deux médecins. « Cette recommandation est conforme à la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé comme quoi tous les gouvernements devraient s’efforcer d’instaurer le processus le plus sûr qui soit en utilisant des donneurs de sang et de plasma volontaires non rémunérés. »

Ici, les centres de collecte de sang que CPR envisage d’ouvrir à travers le Canada auraient une capacité supérieure aux centres de la Société canadienne du sang (SCS). Ce n’est pas une petite exception comme Cangene à Winnipeg, qui rémunère uniquement les donneurs ayant un groupe sanguin rare.

Défendant le projet de loi à l’Assemblée législative, la ministre de la Santé Deb Matthews a dit que « ces cliniques à but lucratif rémunéreraient les donneurs pour du plasma qui vraisemblablement serait vendu à prix cher sur le marché international pour fabriquer des produits dérivés du plasma destinés à un usage pharmaceutique. Une telle pratique ne contribuerait pas, et j’insiste, elle ne contribuerait pas à augmenter la disponibilité ou les réserves de protéines plasmatiques en Ontario ».

Canadian Plasma Resources a retenu les services de deux compagnies pour faire pression auprès des députés provinciaux à Queen’s Park, l’une d’entre elles appartenant à Jim Pimblett, ancien adjoint de direction du premier ministre Martin. Pimblett a également servi de conseiller principal à l’ancien premier ministre Dalton McGuinty.

On soupçonne que la compagnie Adrenaline Digital soit à l’origine du site Web de Plasma For Ontario. La société PFO ne dit pas qui elle représente ou d’où lui viennent ses fonds. Adrenaline a déjà, dans le passé, appuyé des campagnes en ligne pour Tim Hudak et Kathleen Wynne.

La mystérieuse PFO affirme avoir le soutien de Durhane Wong Rieger, qui avait défendu les victimes du scandale du sang contaminé dans les années 1990. Wong Rieger avait été nommée au conseil d’administration de la Société canadienne du sang mais avait démissionné en 1999 sous prétexte que la SCS était trop prudente, et surtout là où des donneurs pouvaient avoir visité des pays exposés à la maladie de Creutzfeldt-Jakob (maladie de la vache folle). En dépit de son soutien, la Canadian Organization for Rare Disorders (CORD) n’a pas, jusqu’à maintenant, affiché quoi que ce soit à ce propos sur son site Web. Et la CORD ne révèle pas non plus la source de son financement.

« Je ne peux qu’espérer que nous n’avons pas agi trop tard sur la question et que cette entreprise ne passera pas entre les mailles du filet pour établir une norme que les Canadiens n’ont aucune intention de suivre », a déclaré devant l’Assemblée législative la néodémocrate Theresa Armstrong pendant le débat ce mois-ci.

Nous l’espérons nous aussi.

Le SEFPO mettra une pétition à signer à la disposition de ses membres à l’occasion du Congrès du mois de mai. Entretemps, ne laissez pas mourir cette loi. Exhortez votre député provincial à soutenir son adoption rapide.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s