Passez à l’action : Adoption rapide de la loi nécessaire pour stopper les dons de plasma payés en Ontario

Il y a environ deux ans, le hasard nous a fait découvrir qu’une entreprise privée à but lucratif envisageait d’ouvrir une série de cliniques qui paieraient les gens qui « donnent » leur plasma.

Le dernier centre de collecte de plasma exploité par la Société canadienne du sang (SCS) venait tout juste de fermer ses portes à Thunder Bay, une semaine plus tôt, en avril 2012.

La SCS maintenait qu’il n’y avait aucun lien entre les deux événements. D’une part la SCS disait qu’on n’avait pas besoin du plasma recueilli à Thunder Bay; de l’autre, une entreprise privée s’apprêtait à choisir son enseigne pour exploiter la demande mondiale de plasma transformé principalement en immunoglobuline intraveineuse (IgIV), un produit communément utilisé pour renforcer l’immunité des patients en traitement pour un cancer.

De telles entreprises privées existent un peu partout dans le monde, mais au Canada, après le scandale du sang contaminé, il est difficile de ne pas rester sensible à une telle pratique. Environ 30 000 Canadiens ont souffert des conséquences de l’importation de plasma payé des États-Unis au Canada dans les années 1990. Nous avions rencontré un des survivants pendant nos manifestations devant les bureaux de Thunder Bay.

Tandis que la SCS et d’autres soutiennent que le processus de fabrication rend le plasma absolument sûr, les résultats ne sont pas évidents. Vu la forte dispersion, il peut être très difficile d’établir l’origine d’un produit contaminé. Les experts maintiennent que l’IgIV est tirée de si grandes réserves de plasma qu’il serait impossible d’en garantir l’innocuité.

Ce n’est pas comme si cela n’était pas arrivé avant. Entre 1993-1994, en dépit de tests avant-gardistes, de l’IgIV contaminée avait infecté de nombreuses personnes avec le virus de l’hépatite C aux États-Unis. En 2007, la Chine avait dû se débarrasser de ses réserves d’IgIV après avoir découvert que le produit était contaminé par le virus de l’hépatite C.

Les recommandations de la Commission d’enquête Krever demeurent la pierre de touche sur cette question. Le juge Krever avait recommandé de ne payer les dons de sang et de plasma que dans des cas exceptionnels, comme par exemple ce qu’on fait chez Cangene, à Winnipeg, pour les dons de sang de groupes rares.

Le fait qu’on utilise l’exemple insignifiant de Cangene pour faire accepter au Canada les dons payés devrait nous inciter à une plus grande prudence. Canadian Plasma Resources avait l’intention de fonctionner à une échelle qui n’aurait pas manqué d’éclipser Cangene. Ils ont aussi admis, à l’instar de la SCS, que les cliniques privées auraient probablement une incidence sur les dons volontaires utilisés dans le système de collecte et de distribution du sang au Canada. Vu les pénuries importantes de sang à la fin de l’été dernier, ce point n’est pas sans importance.

Mercredi dernier, l’éditorial du Toronto Star disait que l’Ontario faisait ce qu’il fallait en interdisant les dons de plasma payés, mettant en évidence nos antécédents nationaux en matière de volontariat et la question de confiance découlant de notre expérience passée avec le plasma contaminé.

« Cela ne suffit pas que cette réserve soit sûre – il est évident qu’elle doive l’être », disait l’éditorial. « Mais dire qu’elle l’est n’est pas suffisant. Les gens ont besoin de croire que le produit est propre, au-delà du moindre doute. »

Le Star fait correctement remarquer que la question de confiance pose un défi particulier lorsque l’entreprise en question résiste à l’interdiction prévue par le gouvernement en ce qui concerne les dons payés et risque d’être « perçue comme un danger public ».

La loi a passé l’étape de la première lecture jeudi dernier; elle interdira les dons payés de sang et de plasma en Ontario.

En dépit des critiques sur la lenteur du gouvernement à présenter une telle législation, nous exhortons toutes les parties à adopter rapidement la Loi sur le don de sang volontaire.

Nous demandons également à nos lecteurs de recommander vivement à Deb Matthews, ministre de la Santé, et à France Gélinas et Christine Elliott, porte-paroles en matière de santé, de mettre de côté leurs divergences d’opinion afin que nous gardions confiance en notre système de collecte et de distribution du sang.

N’hésitez pas à utiliser le modèle de lettre ci-dessous :

Monsieur, Madame,

Je vous recommande d’adopter rapidement la Loi sur le don de sang volontaire actuellement devant l’Assemblée législative de l’Ontario.

Souvenons-nous des 30 000 Canadiens contaminés par le plasma américain, constitué de dons payés, dans les années 1990.

À cette époque, l’exportation de ce plasma avait été approuvée par la FDA américaine, en dépit de sources douteuses, notamment de populations carcérales. Il a fallu beaucoup de temps pour rétablir la confiance en notre système de collecte et de distribution du sang.

En autorisant les dons de plasma payés en Ontario, on crée un précédent horrible, qui pourrait inviter d’autres compagnies à entrer dans la commercialisation de nos produits sanguins.

L’Organisation mondiale de la santé ne cesse d’encourager chaque pays à viser l’autosuffisance en matière de produits sanguins au moyen du principe de don volontaire.

Le temps est venu de faire ce qu’il faut faire. Et je vous prie de bien vouloir adopter ce projet de loi aujourd’hui même.

Veuillez agréer, Monsieur, Madame, mes salutations distinguées.

(VOTRE NOM)

Adresses électroniques :Ministre de la santé Deb Matthews

dmatthews.mpp.co@liberal.ola.org

France Gélinas, porte-parole néo-démocrate en matière de santé

fgelinas-qp@ndp.on.ca

Christine Elliott, porte-parole conservatrice en matière de santé

christine.elliottco@pc.ola.org

Première ministre Kathleen Wynne

premier@ontario.ca

Andrea Horwath, chef du parti néo-démocrate

ahorwath-co@ndp.on.ca

Tim Hudak, chef du parti conservateur

tim.hudakco@pc.ola.org

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