Les conservateurs vont-ils continuer de fermer les yeux sur la réalité des RLISS?

Le rôle que jouent les conservateurs de l’Ontario dans l’examen des réseaux locaux d’intégration des services de santé est des plus intéressants.

Mandaté par la loi qui a créé les réseaux locaux d’intégration des services de santé en 2006, l’examen a été confié au Comité permanent sur les politiques sociales de l’assemblée législative. Le NPD a répété en vain que ce comité permanent avait déjà trop à faire et qu’un comité spécial devrait être mis sur pied vu le rôle central des RLISS au sein du système des soins de santé.

Les conservateurs essaient de se montrer gentils en dépit du fait qu’ils ont déjà publié un livre blanc dans lequel ils parlent de se débarrasser des réseaux locaux d’intégration des services de santé. Pour certains, cela peut sembler prometteur, mais la réalité est que les RLISS ont remplacé 16 à 18 conseils de santé de district et sept bureaux régionaux du ministère de la Santé. La création des RLISS a également entraîné l’élimination d’un grand nombre de centres d’accès aux soins communautaires (qui ont passé de 42 à 14). S’en débarrasser entièrement créerait un vide considérable.

Les conservateurs envisagent de remplacer les RLISS en confiant le travail à des « carrefours hospitaliers » ou « hôpitaux centraux », qui sous-traiteraient les soins de santé locaux. Les conservateurs se débarrasseraient également entièrement des centres d’accès aux soins communautaires.

Les conservateurs n’ont jamais calculé le coût du transfert de ces rôles aux hôpitaux, insistant sur le fait que la suppression des RLISS et des CASC serait un jeu d’enfant. On dirait bien qu’ils croient que la planification, la sous-traitance et la reddition de comptes sont gratuits.

Pourtant, le même modèle de sous-traitance mis en œuvre par les conservateurs d’Harris avec les CASC s’est avéré coûteux et a entraîné la création de nombreux niveaux d’administration avant que l’argent arrive sous forme de travailleurs de première ligne à la porte des patients. Alors, pourquoi les conservateurs veulent-ils répéter cette erreur à plus grande échelle?

Les conservateurs ignorent aussi le fait que c’est leur gouvernement qui a créé les CASC après avoir rejeté le concept néo-démocrate de l’organisme de services polyvalent.

Lorsque le comité a entrepris son travail, en novembre dernier, Christine Elliott, depuis longtemps porte-parole conservatrice de la santé, était absente, laissant la malheureuse Lisa Thompson poser des questions embarrassantes au sous-ministre sortant Saäd Rafi.

Alors que les libéraux et les néo-démocrates utilisaient la séance d’information technique pour comprendre la structure et aborder des questions spécifiques sur la façon dont les RLISS fonctionnent – ou ne fonctionnent pas – les conservateurs posaient des questions qu’un enfant du primaire aurait pu poser lui-même.

Par exemple, tandis que la députée provinciale Helena Jaczek s’est dite inquiète de voir que certains de ses électeurs reçoivent des soins hospitaliers dans un RLISS et des soins à domicile dans un autre, Thompson a montré une ignorance criante à ce sujet en demandant à Rafi d’évaluer l’efficacité globale des RLISS sur une échelle de un à dix.

Sa question a abasourdi Rafi, insistant plus tard pour dire que son rôle consistait à donner des conseils et pas des opinions.

Thompson, députée provinciale pour Huron Bruce, a poursuivi en appelant l’hôpital de sa circonscription Bruce South Grey plutôt que Centre de santé South Grey Bruce, comme elle l’avait pourtant appelé avant ça.

S’il y a une chose que les conservateurs aiment, c’est sous-traiter. Thompson a demandé à Rafi pourquoi les laboratoires n’étaient pas inclus dans les projets du gouvernement de sous-traitance des services hospitaliers à des établissements de santé autonomes. Il a répondu de façon professionnelle et courtoise. Il aurait pu lui faire remarquer qu’à peu près tout le travail en laboratoire est déjà sous-traité. Et nous aurions pu ajouter qu’il l’est à un coût bien plus élevé que les tests équivalents faits dans les hôpitaux.

Plutôt que de contribuer des idées sur la façon d’améliorer les RLISS, les premières questions des conservateurs visaient plutôt à créer un a-ha qui justifierait le livre blanc bâclé qu’ils ont présenté.

Thompson a cherché à obtenir une validation directement de Rafi en lui demandant ce qu’il pensait du concept conservateur des carrefours hospitaliers ou hôpitaux centraux, qu’elle a appelés « carrefours de santé ». Une fois de plus, il a mentionné qu’il était là pour donner des conseils, pas des opinions.

Jane McKenna, députée provinciale pour Burlington, a demandé à plusieurs reprises pourquoi les RLISS n’avaient pas atteint tous leurs objectifs après sept ans – sans aucun doute ce sur quoi ils se pencheront dans les prochaines élections.

Bien entendu, il y a une réponse toute simple à l’éternelle plainte de McKenna – les conservateurs préféreraient-ils que les RLISS aient des objectifs plus faciles à atteindre?

Ce ne fut bien sûr pas la réponse officielle, laquelle parlait plutôt de répartition inégale des ressources héritées par les RLISS.

En décembre, avec l’arrivée de la conservatrice Christine Elliott, l’opposition officielle a semblé plus intéressée à la discussion et a commencé à poser des questions décentes au sein du comité.

Sur la route plus tard ce mois-ci et en février, il sera intéressant de voir si les conservateurs décident de réparer les RLISS ou de tirer parti du mécontentement des communautés locales relativement aux questions qui concernent davantage l’austérité imposée par le gouvernement Wynne sur les soins de santé que la structure des RLISS.

Dates des déplacements du comité : Fort Erie (le 27 janvier), Hamilton (le 28 janvier), Kitchener-Waterloo (le 29 janvier), Windsor (le 30 janvier), Sudbury (le 4 février), Thunder Bay (le 5 février), Champlain (près d’Ottawa) (le 10 février) et  Kingston (le 11 février). Des dates risquent d’être ajoutées plus tard pour Toronto. Toutes les dates peuvent changer.

Si vous voulez vous présenter à l’une des audiences du comité, veuillez communiquer avec Valerie Quioc Lim à l’adresse valerie_quioc@ontla.ola.org ou au numéro 416-325-7352.  Vous avez jusqu’au 10 janvier 2014 à 16 h pour déposer une demande de présentation orale dans le cadre de ces audiences itinérantes.

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