Grève des PSSP : Les compressions budgétaires au niveau des salaires nuisent aux soins à domicile

Le personnel de soutien en grève de Red Cross Care Partners frappe à la porte de trois ministres du gouvernement – Deb Matthews (Santé), Yasir Naqvi (Travail) et Charles Sousa (Finances).

Au cours des derniers jours, la ministre de la Santé Deb Matthews a déclaré qu’elle voulait laisser le processus de la négociation collective suivre son cours.

C’est un peu comme les conservateurs qui disent ne pas vouloir s’impliquer dans le processus de négociation collective mais seraient disposés à légiférer un gel salarial additionnel de deux ans.

Qu’est-ce qu’un gel salarial autre qu’une interférence directe dans le processus de négociation?

Dans ce cas, reconnaissant la décision de 2007 de la Cour suprême du Canada ayant empêché la Colombie-Britannique de restreindre les droits à la négociation, le gouvernement Wynne a plutôt habilement limité le financement des augmentations de rémunération à des organismes tels que Red Cross Care Partners. On s’attend à ce que cela se poursuive jusqu’à ce que le gouvernement équilibre son budget, ce qui est officiellement prévu pour 2018 (mais cela arrivera sans doute bien avant ça).

Mais ne dites surtout pas qu’ils interfèrent dans le processus de négociation!

Le problème avec ça est évident depuis le début – un gel généralisé du financement de la rémunération ne sépare pas les dirigeants à revenu élevé de ceux qui gagnent des salaires de misère. L’aptitude à traverser une période de gel est très différente pour ces deux groupes.

Pas plus qu’on ne tient compte ici de l’effet des compressions salariales sur le recrutement et la rétention. Comme nous l’avons dit récemment, Elinor Caplan s’inquiétait de l’aptitude des organismes de soins à domicile à retenir et recruter lorsqu’elle a présenté ses recommandations sur le système des appels d’offres concernant les soins à domicile en 2005. C’est pourquoi l’Ontario a institué un salaire minimum pour les PSSP en 2006, pour promptement l’oublier peu après.

L’ancien banquier Don Drummond avait été embauché par le gouvernement McGuinty pour aider l’Ontario à se sortir de son déficit suite à la crise économique globale de 2008. L’économiste avait recommandé de ne pas imposer un gel salarial,* suggérant plutôt de laisser chaque organisme et chaque employeur individuel décider comment dépenser les fonds restreints offerts par le gouvernement.

La théorie était que les restrictions du financement forceraient ces organismes à éliminer les excès et à réduire les coûts comme bon leur semblait. Cette théorie est basée sur deux grandes hypothèses – que ces employeurs ont de nombreux excès à éliminer et que les restrictions pourraient être gérées de façon efficace sur une aussi longue période.

Ce processus ne sépare pas vraiment les organismes qui sont peut-être déjà bien gérés de ceux qui sont mal gérés ou encore des organismes à but lucratif qui lésinent sur la qualité pour augmenter le rendement destiné aux actionnaires.

Ironiquement, ce sont les organismes qui sont mal gérés qui pourraient se permettre des augmentations salariales, pas ceux qui font déjà attention à leurs dépenses.

En juin dernier, le Syndicat international des employés de services (SEIU) a invité la ministre de la Santé Deb Matthews à passer une journée avec une préposée aux services de soutien à la personne (PSSP). Interviewée devant la caméra, Matthews a remarqué que la PSSP « avait de nombreuses aptitudes et qu’elle devait utiliser des aptitudes différentes pour différentes personnes… on reconnaît rarement que c’est un emploi hautement qualifié ». Elle a continué pour dire que les PSSP étaient « l’épine dorsale de notre système de santé ».

Matthews était aussi remplie d’éloges pour les PSSP lorsqu’elle a annoncé en 2012 ce qu’il adviendrait du registre des PSSP. À l’époque, bon nombre d’entre nous dans le mouvement syndical avaient dit que le registre apporterait tous les aspects négatifs de la réglementation professionnelle sans avantage quelconque pour le travailleur.

Cette grève est pour tous les PSSP.

Il est temps que le gouvernement cesse de prétendre qu’il n’a rien à voir avec la modération salariale actuelle imposée aux PSSP.

Il est temps qu’ils reconnaissent les avantages d’un programme d’indemnisation plus responsable, dont une meilleure continuité des soins.

Il est temps qu’ils reconnaissent qu’en traitant les soins à domicile comme un secteur à faibles revenus, ils ne feront que nuire à l’avenir de ce secteur et à détourner les nouveaux diplômés de cet aspect de la profession.

Ils ont ce qu’il faut pour mettre fin à cette grève et permettre à ces femmes et à leurs familles de finir les fêtes dans la joie.

Deb Matthews croit-elle vraiment en ce qu’elle a dit en juin? Si c’est le cas, alors elle devrait travailler en vue d’aboutir à une solution maintenant.

* Les conservateurs se contredisent souvent sur ce point. Lorsque le rapport de Drummond a été publié, les conservateurs d’Hudak voulaient que toutes ses recommandations soient mises en œuvre. Pourtant, ils ont continué d’exiger qu’on légifère un gel salarial généralisé, et ce, en dépit de la recommandation spécifique de Drummond. Pareillement, Drummond préférait améliorer l’aptitude des RLISS à administrer le système, mais les conservateurs ont préféré le choix numéro deux, soit celui d’avoir des centres hospitaliers qui confient les soins de santé locaux à des organismes privés. Tandis qu’Hudak accusait McGuinty de choisir les recommandations qui lui plaisaient, il est clair que les conservateurs ont fait la même chose.

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