Soins de santé mentale : deux témoignages, deux différentes régions de la province

Au début des années 2000, avec une économie en plein essor, plus d’un quart de million d’Ontariens vivant avec une maladie mentale grave étaient incapables de trouver un emploi.

Maladie mentale et pauvreté forment un cercle vicieux. Les maladies mentales s’accompagnent souvent de stigmatisation et de discrimination, qui, à leur tour, peuvent compliquer la recherche d’un emploi. D’autre part, chômage et manque de revenus suffisants peuvent donner lieu à d’importants risques de maladie mentale. Les pays qui observent des niveaux croissants d’inégalité des revenus voient aussi une hausse correspondante de cas de maladie mentale.

Selon l’Association canadienne pour la santé mentale, les maladies mentales apparaissent souvent dans la petite enfance et dans l’adolescence, nuisant souvent à l’aptitude d’une personne à accéder à l’éducation dont elle a besoin pour avancer dans la vie.

Nous avons réfléchi à la question au cours des deux dernières journées, chacune passée dans une région différente de notre province.

Lundi, nous étions à London pour en apprendre plus sur un atelier professionnel qui fournit du travail simple et peu stressant aux patients qui ont des liens avec l’hôpital régional de soins de santé mentale. Les contrats de travail sont offerts par des entreprises locales. Mis à part le salaire des cinq personnes qui le dirigent, l’atelier a toujours été autonome et a fourni un revenu et du soutien à jusqu’à 120 personnes, dont bon nombre n’auraient pas pu trouver un emploi en raison de leur maladie. En dépit de ses racines profondes dans la communauté, cet atelier sera fermé en mars prochain et ses participants n’auront vraisemblablement nulle part d’autre où aller après ça. Ensemble, les cinq employés qui conduisent l’atelier ont un total de 200 années d’expérience. En dépit du besoin incroyable de soins de santé mentale, il est vraisemblable qu’eux aussi seront sans emploi en avril prochain.

Aujourd’hui, nous étions à Kingston, où un nombre important d’employés de l’ancien hôpital psychiatrique dirigé par Providence Care seront mis à pied dans la nouvelle année.

Eux aussi ont vécu la suppression des services dans leur hôpital avec la vague promesse que des services de remplacement seraient offerts dans la communauté pour leurs anciens patients… peut-être un jour. En examinant l’organisme qui semblait le plus à même d’obtenir ce travail, on s’est aperçu que lui aussi avait subi des coupures au niveau de son financement de base cette année.

Plus tôt cette année à l’Hôpital Providence Care, les employés nous ont dit avoir vu leurs clients sortir d’un parc le jour de la fête du Travail tandis que les membres du syndicat arrivaient pour leurs célébrations annuelles. Ces anciens clients avaient dormi dans le parc, avec nulle part d’autre où aller.

Ils savent que les patients qui se présentent à leur hôpital sont pris dans le cercle vicieux de la maladie mentale et de la pauvreté.

Avec les coupures et les pertes d’emplois à venir, ce n’est certainement pas la meilleure saison des fêtes pour ces travailleurs. Ce n’est pas seulement le départ de leurs collègues qui les inquiète, mais l’avenir des patients à qui ils fournissent des soins.

La section locale 431 a organisé une collecte parmi ses membres et, à sa surprise, a découvert que beaucoup d’entre eux s’étaient montrés généreux, en dépit de la perspective de se retrouver eux-mêmes au chômage.

Plus tôt cette semaine, ils ont présenté deux chèques à deux organismes de bienfaisance dont les patients de la communauté dépendent. Mille dollars et une certaine quantité d’articles d’épicerie sont allés à la banque alimentaire locale, un peu plus est allé à l’organisme Kingston Home Base Housing, qui fournit des logements supervisés aux sans-abri qui vivent avec une invalidité, le genre de personnes qu’ils ont vu sortir du parc en septembre.

Après que les chèques aient été rédigés, un membre est arrivé avec un billet de 20 dollars à ajouter à la somme.

Deux chèques et un billet de 20 $ légèrement froissé – pas le genre de présentation qui fait la une des médias locaux. Aucun journaliste ne s’est présenté. Personne ne s’émerveillera d’un don d’un peu plus de 2 000 $. Toutefois, la section locale tenait à le faire.

Et ce, en dépit d’une année difficile. Submergés de mauvaises nouvelles, ces travailleurs voulaient produire leur propre bonne nouvelle à temps pour la saison des fêtes.

Nous vous fournirons plus de détails sur la fermeture de l’atelier de London dans les prochains jours.

Suite à une collecte auprès de ses membres, la section locale 431 a remis 1 000 $ au Kingston Home Base Housing.

Suite à une collecte auprès de ses membres, la section locale 431 a remis 1 000 $ au Kingston Home Base Housing.

                       

La section locale 431 présente un chèque de 1 150 $ à la banque alimentaire Partners in Mission

La section locale 431 présente un chèque de 1 150 $ à la banque alimentaire Partners in Mission

 

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