Gallinger devrait rendre compte à Poirier sur le traitement des PSSP au VON

Nous nous sommes rendus à Owen Sound la semaine dernière pour parler aux médias de la façon dont on traite 35 préposées aux services de soutien à la personne (PSSP) du VON.

Il est évident que trente-cinq PSSP à temps partiel ne représentent qu’un faible pourcentage des dizaines de milliers de travailleurs qui permettent au système des soins de santé de tourner.

Ce sont 35 femmes qui travaillent à temps partiel pour un salaire horaire le plus souvent sous la barre des 14 $, si bas que la communauté se voit obligée d’aider ses fournisseurs de soins par l’entremise de Centraide et d’autres organismes de bienfaisance.

Cette année, l’employeur a envoyé un négociateur à la table qui, en plus de montrer du mépris pour ces travailleuses, semble vouloir mettre des bâtons dans nos roues pour abîmer notre longue relation avec VON Canada. On se demande si les ravages occasionnés en valent vraiment la peine, du point de vue du VON?

L’équipe de négociation ne s’est pas encore remise des paroles du négociateur, qui a osé dire qu’une augmentation de salaire pour ces travailleurs au seuil de la pauvreté ne ferait que les aider à acheter plus de cigarettes et d’alcool.

Plus tard, il a nié avoir parlé d’alcool.

Si VON Canada avait eu un peu de pudeur, il aurait immédiatement retiré ce négociateur et offert des excuses à ses travailleuses.

Nous sommes des partenaires du VON depuis longtemps.

En 2004, nous nous sommes battus à corps et à cris pour le VON de Niagara après avoir appris qu’il avait perdu un gros contrat de soins à domicile. La communauté célébrait alors le centenaire du VON dans la région. L’organisme était considéré comme l’étalon-or des soins à domicile.

Partout à travers la province, le système d’appels d’offres établi par le gouvernement Harris remplaçait rapidement les organismes à but non lucratif par des compagnies à but lucratif. Le VON perdait plus que le contrat de Niagara dans le cadre de ce processus.

Un des clients du VON de Niagara a signé un affidavit comme quoi le PDG du CASC lui avait dit que le VON ne verrait pas son contrat renouvelé avant le début du concours, preuve que ce dernier était loin d’être juste.

Tandis que nos efforts ne permirent pas de sauver le VON de Niagara, ils résultèrent en un moratoire sur les appels d’offres et en un examen du système par l’ancienne ministre de la Santé Elinor Caplan. Cet examen, soit dit en passant, avait recommandé de meilleures normes au sein de l’industrie en ce qui concerne la rémunération des employés.

En 2008, la province décida de donner une autre chance au processus d’appels d’offres.

Les nouveaux concours se dérouleraient en plusieurs étapes. Ceux qui ne passaient pas la première étape seraient disqualifiés.

Hamilton fut la première région à devoir se soumettre au nouveau processus. Les deux premiers organismes à être rayés du processus furent VON Hamilton et l’organisme de soins à domicile St. Joseph. À l’instar du VON de Niagara, tous deux étaient au service de la municipalité depuis un siècle. Si cette décision avait été retenue, plusieurs centaines d’infirmières auraient perdu leur emploi et une crise s’en serait sans doute suivie. Les infirmières et infirmiers avaient juré qu’ils abandonneraient leur profession plutôt que de travailler pour l’entreprise qui gagnerait le concours.

Aux côtés de ses alliés syndicaux, le SEFPO avait conduit un rassemblement massif sur la montagne de Hamilton afin de contester la décision. La forte réaction de la communauté et des médias avait poussé le ministre de la Santé George Smitherman à restaurer le moratoire sur les appels d’offres et à annuler le processus d’appels d’offres déjà en cours à Hamilton. Le VON de Hamilton et le St. Joseph’s virent leur contrat de soins à domicile prolongé.

Nous avions sauvé le VON de Hamilton d’une fin certaine, et il n’a pas manqué de nous remercier à l’époque.

Mais notre travail ne s’est pas arrêté là. Depuis, nous avons coopéré sur les questions de pension et nous avons récemment mis en œuvre un sondage sur la santé mentale au travail au VON de Hamilton, lequel a donné lieu à des changements importants et positifs.

Nous estimons avoir été de bons partenaires.

Sans notre intervention et notre persistance, le VON n’existerait plus, pas seulement à Hamilton, mais sans doute partout en Ontario.

Et pourtant, nous voilà devant ce défi aujourd’hui.

VON Canada est en passe de changer de direction. Judith Shamian a quitté son poste pour devenir présidente du Conseil international des infirmières.

Jo-Anne Poirier devrait la remplacer à partir de janvier. Ayant été membre du conseil de Centraide Ottawa, Poirier est sans doute familière avec la réalité de la pauvreté. Avant d’accepter ce nouveau poste, Jo-Anne Poirier était PDG de Logement communautaire d’Ottawa. Poirier a également servi au premier conseil du RLISS de Champlain.

Si les PSSP du VON tombent en grève cette semaine, elle risque bien d’entrer dans un milieu empoisonné avec une image salie. Le VON compte toujours sur la générosité de ses bienfaiteurs, mais ceux-ci risquent de ne pas être trop impressionnés par ces récents événements.

En attendant l’arrivée de Poirier, John Gallinger tient le fort. Il est normalement chef de l’exploitation.

Poirier devrait demander des comptes à Gallinger si l’image du VON devient celle d’un employeur sans cœur laissant 35 femmes faire le piquet pendant les fêtes.

Ce qui arrive aujourd’hui est plus qu’une séance de négociations ordinaire dans un des endroits les plus reculés de cette province. Cette rencontre pourrait donner le ton à l’avenir du VON en Ontario.

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