VON Grey Bruce – « L’avarice perd tout en voulant tout gagner »

(Citation de La Fontaine)

Le gouvernement et ses fournisseurs de soins à contrat ne font pas toujours la différence entre responsabilité fiscale et avarice.

Personne ne respecte un radin, si ce n’est un autre radin.

Économisant déjà une fortune en faisant sortir les patients des hôpitaux aussi vite que possible, la province a dû passer immédiatement à la vitesse « grippe-sou » lorsqu’il s’est agi de payer les milliers de préposés aux services de soutien à la personne (PSSP) qui s’occupent de ces patients.

Quand quelque chose est bon marché, on n’y accorde généralement pas beaucoup de valeur. Pourtant les PSSP sont un élément incroyablement précieux de la stratégie de santé globale du gouvernement de l’Ontario. Ils sont également d’une importance cruciale pour les bénéficiaires de soins à domicile et les résidents des foyers de soins de longue durée qui dépendent d’eux. Alors pourquoi le gouvernement continue-t-il de traiter les PSSP comme des travailleurs de moindre valeur lorsqu’il s’agit de les payer?

Wal-Mart s’est récemment fait mal voir du public lorsqu’un magasin de Canton, dans l’Ohio, a demandé des dons de nourriture pour soutenir ses employés sous-payés. Nous nous sommes soudain tous rappelé de la fortune personnelle de 150 milliards de dollars que la famille Walton a amassée aux dépens de ces travailleurs. Et bien sûr, si les donateurs achetaient cette nourriture chez Wal-Mart …

Plus près de chez nous, le VON paie si peu ses PSSP des comtés de Grey et Bruce que certaines familles doivent se tourner vers des organismes de bienfaisance et des banques alimentaires pour joindre les deux bouts.

Le VON ne paie pas un salaire de subsistance dans les comtés de Grey et Bruce. Et ce, malgré que VON Canada ait demandé au gouvernement, il y a deux ans, que les préposés aux soins à domicile soient épargnés des restrictions salariales. À l’époque, le VON avait dit qu’alors que les PSSP en Ontario gagnent entre 14 et 20 $ de l’heure, ceux de cette communauté se trouvaient plutôt au bas de cette échelle. Le VON avait recommandé que les fournisseurs de soins à domicile resserrent l’écart salarial de 20 à 40 pour cent qui existait avec les PSSP qui travaillent dans les foyers de soins de longue durée et les hôpitaux.

À l’heure actuelle, il y a encore des PSSP qui gagnent moins de 14 à 20 $ de l’heure, comme ceux qui travaillent pour le VON des comtés de Grey et Bruce.

La plupart d’entre eux gagnent moins de 14 $ de l’heure. Le salaire maximum est de 14,25 $.

Nous savons que le VON est en période de restrictions financières, malgré un budget de 232 millions de dollars en 2012. Nous parlons ici de 35 travailleurs.

Si nous étions dans les chaussures de John Gallinger, le PDG du VON, nous serions sans doute un peu nerveux.

Est-ce que Gallinger, qui joue habituellement le rôle de chef de l’exploitation, est prêt à accueillir sa nouvelle PDG Jo-Anne Poirier en janvier avec la nouvelle que 35 de ses employés de première ligne ont fait grève pendant les fêtes, et dans un même temps, à détruire la réputation du VON?

Avec l’aide d’un médiateur, les 35 PSSP du VON des comtés de Grey et Bruce, retourneront à la table de négociation la semaine prochaine. Si au lieu du respect qu’on leur doit, ils se font insulter, le VON devra faire face à l’inévitable. C’est certain. Ces femmes sont prêtes à faire grève.

Et la communauté semble les soutenir sans réserve. Et nous aussi.

On n’a pas tous et toutes la vocation de devenir PSSP. En fait, la province a essayé d’établir un registre des PSSP pour reconnaître les qualifications des PSSP existants et établir de nouveaux standards en matière d’éducation et de formation pour les nouveaux-venus. Le Collège Durham, par exemple, offre un programme de PSSP d’un an. Les droits de scolarité pour ce programme sont de 2 609 $. Ce n’est PAS bon marché. Pas plus que le revenu auquel les étudiants doivent renoncer pour suivre les cours et étudier.

En 2005, l’examen provincial du processus d’approvisionnement des soins à domicile effectué par Elinor Caplan avait reconnu qu’il existait un problème dans la façon dont les travailleurs, et plus particulièrement les PSSP, étaient compensés. Elle avait recommandé, entre autres, que l’Association des centres d’accès aux soins communautaires de l’Ontario et les fournisseurs de services envisagent d’établir des normes d’emploi de base pour l’industrie, y compris pour les soins dentaires, les régimes d’assurance-médicaments, les régimes de retraite et le kilométrage.

Ça avait l’air bien. Mais qu’a fait la province?

En 2006, la province a fixé un salaire minimum pour les PSSP – 12,50 $ de l’heure. Quels radins!

Et puis plus tard, on a de nouveau oublié la rémunération des PSSP. C’est il y a sept ans de cela.

Maintenant, on a dit à la province qu’elle devra bientôt doubler son effectif de soutien à domicile pour répondre à la demande future.

Qui voudrait donner une année de sa vie et de l’argent durement gagné pour une carrière qui ne paie guère plus que le salaire minimum général demandé par les activistes sociaux? Et pour cela, vous devez avoir et entretenir un véhicule pour aller d’un client à l’autre. Ce n’est pas vraiment ce que nous appellerions une rémunération qui puisse contribuer à retenir et à recruter une main-d’œuvre qualifiée.

La ministre de la santé Deb Matthews voudra peut-être songer à se procurer un plus gros contenant d’analgésiques.

Tandis que la province réagit à peine à l’idée de voir 35 PSSP du VON faire le piquet la semaine prochaine, 4 500 PSSP du SEIU employés par les Red Cross Care Partners viennent de rejeter un accord de principe qui aurait contribué à bloquer leur salaire à 15 $ de l’heure pendant cinq ans.

Ainsi, quelque 4 535 PSSP (et ça ne fait que commencer) pourraient bientôt être en grève près de chez vous.

Il est évident que ces employés ne peuvent pas aider les hôpitaux à vider leurs lits pour les patients ayant besoin d’un autre niveau de soins s’ils font le piquet. Oh, est-ce que j’ai également mentionné que ça tombe à l’aube de la saison de la grippe, où la demande de tels lits est généralement élevée?

C’est le problème quand on est si grippe-sou. On ne semble jamais comprendre qu’en fin de compte, ça coûte toujours plus cher. Beaucoup plus cher.

Les soins à domicile et en milieu communautaire ont reçu la plus grosse part de l’augmentation du financement sectoriel dans le budget d’austérité du printemps dernier. Contrairement aux hôpitaux, qui ont vu leur financement geler, ce secteur a reçu une augmentation de six pour cent.

Voici notre suggestion : Le ministère devrait peut-être commencer par se rappeler que c’est la saison du partage.

Restez à l’écoute! Nous serons à Owen Sound ce vendredi pour une conférence de presse sur la question.

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