L’austérité d’aujourd’hui est la pénurie de professionnels de demain

Lors de la réunion de novembre du Secrétariat canadien des professionnels de la santé (Canadian Health Professional Secretariat), nos collègues de la Colombie-Britannique nous ont dit que de plus en plus de professionnels ontariens déménageaient dans leur province.

Ce n’est pas surprenant vu l’état d’austérité de notre province, et ce, pas seulement dans le secteur hospitalier.

Nous avons remarqué qu’en dépit d’un incroyable succès en matière de recrutement, notre effectif total dans le secteur des soins de la santé n’a pas augmenté dans les six derniers mois. Cela confirme ce que nous disent nos collègues de la C.-B., que nos professionnels de la santé et personnel de soutien qualifié s’en vont là où il y a des emplois.

On a vu plusieurs cas très médiatisés de suppression d’emplois dans des hôpitaux, comme celui plus tôt cette année à l’Hôpital d’Ottawa, où quelque 290 emplois équivalents à temps plein ont été éliminés. De même, l’Hôpital de Scarborough s’est lui aussi fait remarquer en supprimant des emplois et des services. Même des plus petits centres comme l’Hôpital de district de Perth et Smith Falls ont perdu un nombre important de postes professionnels et de soutien.

Et ces pertes d’emplois ne se limitent pas aux hôpitaux généraux. Ontario Shores a récemment révélé qu’il changeait la composition de son effectif et qu’il perdrait un nombre considérable de travailleurs de la santé mentale de première ligne dans le cadre de ce processus.

Nous sommes aujourd’hui à Kingston pour parler des pertes d’emplois chez un des fournisseurs communautaires sensés recevoir les services éliminés dans les hôpitaux.

Frontenac Community Mental Health and Addiction Services a récemment éliminé trois emplois de première ligne pour ajouter deux gestionnaires. Ceci à un moment où Frontenac élargit ses établissements résidentiels et où la demande est élevée. Frontenac compte actuellement quelque 1 200 clients, dont certains ont besoin de soins quotidiens intensifs.

Le personnel de Frontenac pourrait tomber en grève dès mercredi en raison d’une charge de travail croissante et de salaires quasi-stagnants. Les professionnels de la santé et travailleurs de soutien qualifiés en ont assez.

De même, on se demande qui va vouloir occuper des postes de soutien des soins à domicile dans les comtés Grey et Bruce si l’on songe aux mesures d’austérité auxquelles font également face les PSSP. Certains de ces travailleurs sont obligés de mendier auprès d’organismes de bienfaisance pour joindre les deux bouts dans leurs propres familles. Leur salaire maximum est de 14,25 $. Et la plupart gagnent moins que ça. Eux aussi pourraient être en grève dès la semaine prochaine.

Professions Santé Ontario (PSO) avait été formé pour faire en sorte que la province ait le bon nombre et la combinaison adéquate de fournisseurs de soins de santé, aujourd’hui et demain.

PSO s’est montré très réservé ces derniers temps. Le dernier bulletin affiché sur son site Web date de plus d’un an. Ils ont arrêté la collecte de données sur la main-d’œuvre et n’affichent plus ces résultats sur leur site Web depuis 2010. Pour trouver ces données, il faut désormais visiter le site Web de 19 ordres professionnels différents.

PSO a récemment mis fin à sa tournée de recrutement, avec un dernier arrêt à Sudbury, le 14 novembre dernier. Cependant, cette tournée était destinée à pourvoir des emplois dans des régions plus reculées de la province.

La population ontarienne continue de croître et de vieillir.

En perdant tant d’emplois aujourd’hui et en encourageant la réduction des revenus réels, la province ne manquera pas de faire face à une pénurie de professionnels des soins de santé dans un avenir très proche.

L’Ordre des technologistes de laboratoire médical de l’Ontario, par exemple, a fait remarquer cette année que 34 pour cent des technologistes de laboratoire médical ont entre 51 et 60 ans. Qui sera là pour les remplacer à leur retraite? Plus d’un tiers auront disparu d’ici dix ans.

Ceux qui migrent en C.-B. seront sans doute plus jeunes et plus mobiles. C’est notre avenir qui prend la porte. Ce sont les travailleurs qualifiés dont nous avons besoin pour remplacer un effectif vieillissant.

Quand l’austérité s’arrêtera, l’Ontario risque fort de se trouver dans une situation coûteuse alors qu’elle tente de recruter les professionnels dont elle a besoin. Entre temps, cela pourrait se traduire par une plus grande frustration pour les Ontariens qui ont besoin de soins de santé.

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