Déterminants sociaux : le faible revenu est au deuxième rang des causes de mortalité au Canada

Le Dr James Dunn déclare sans ambages que la richesse est non seulement un déterminant clé de la santé d’une personne, mais que plus on grimpe haut dans l’échelle économique, meilleure est notre santé. Nos résultats de santé s’améliorent au fur et à mesure qu’on grimpe dans les couches de la pyramide économique de la société, et ce, pas seulement entre les 10 pour cent du bas et les 10 pour cent du haut.

Ainsi, le taux de mortalité d’un pays ne nous dit pas tout.

Dunn enseigne à l’Université McMaster de Hamilton et il est très familier avec l’endroit où vivent les gens dans cette ville selon leur situation économique.

S’adressant cette semaine au Sommet sur la durabilité des soins de santé du Conference Board du Canada, il a déclaré que si on examinait certains des quartiers de cette ville qui sont faibles du point de vue socioéconomique comme on examine un pays, ils se classeraient au 155e rang mondial au niveau du taux de mortalité.

En d’autres termes, si le faible revenu était considéré comme une maladie entraînant la mort, ce déterminant serait deuxième au Canada après le cancer.

Le lien entre le logement et le sans-abrisme et la pauvreté est un élément clé de cette conclusion.

Dunn est d’accord avec l’écrivain Malcolm Gladwell pour dire que le problème du sans-abrisme est beaucoup moins cher à guérir qu’à traiter. Pourtant, dans notre politique de santé, nous préférons encore traiter les symptômes plutôt que de faire face au défi fondamental de mettre un toit sur la tête des gens et de leur fournir du soutien.

Pour bien des gens, la difficulté consiste à payer un loyer qui prend une trop grosse part du revenu familial, ne laissant pas assez pour la nourriture et d’autres occasions sociales.

Toronto seulement compte 200 000 personnes en attente d’un logement abordable. Cela devrait être un appel à l’action, mais Dunn affirme que les gouvernements fédéral et provincial sont absents de ce dossier depuis 1993.

Et cette inaction coûte cher. Non seulement de nombreuses personnes dans ces quartiers à statut économique très faible deviennent des réguliers des salles d’urgence, mais elles deviennent aussi clients réguliers des services médicaux d’urgence et du système judiciaire.

Ce n’est pas de l’argent bien dépensé.

En plus de priver les enfants de nombreuses possibilités dans la vie, une inégalité sociale de cette ampleur nuit à l’ensemble de la société en empêchant des individus capables de contribuer à un niveau beaucoup plus élevé.

Dunn nous dit qu’arrivé à l’âge de quatre ans, l’enfant moyen d’un milieu socioéconomique défavorisé a entendu 32 millions moins de mots que l’enfant né de parents professionnels. Ça fait une grosse différence au niveau du développement préscolaire.

Le Canada est à la traîne lorsqu’il s’agit de faire front à de telles inégalités. La bonne nouvelle est que nous pouvons apprendre de ceux qui nous ont précédés.

Selon Dunn, la solution réside dans des logements plus inclusifs et plus abordables, une prise en charge intersectorielle intégrée et des zones urbaines plus denses pouvant accommoder de meilleures infrastructures publiques – y compris de meilleurs transports en commun.

« L’absence de transport nous coûte un avenir », a ajouté Dunn. L’étalement urbain et la congestion contribuent au stress des banlieusards, ajoutant extrême pauvreté de temps à la pauvreté économique.

« Rien de moins qu’une transformation radicale est nécessaire », a-t-il dit.

Dans le même groupe, la Dr Ritika Goel exprime sa frustration face aux règlements provinciaux et fédéraux qui refusent aux nouveaux immigrants et aux réfugiés un accès prompt aux soins de santé requis. Le refus de couverture dans les trois premiers mois de leur arrivée oblige certains patients à retarder leurs soins, entraînant de plus grandes difficultés et des coûts plus élevés plus tard. Les règlements régissant la couverture des réfugiés ne sont pas clairs et sont mal compris par les professionnels de la santé, lesquels refusent parfois leurs services à des individus qui sont en fait couverts. Est-ce vraiment l’image que nous voulons donner de notre pays?

« Ces règlements concernent une idéologie spécifique », a dit Goel. « Ils n’ont rien à voir avec la réalité ou l’économie. » Selon Goel, le gouvernement Harper « diabolise » les immigrants en même temps qu’il accueille un plus grand nombre de travailleurs étrangers dans le pays.

Farrah Schwartz, directrice de l’Éducation des patients et des familles au Réseau universitaire de santé, a parlé du coût pour le système des soins de santé de faibles connaissances en santé.

Les connaissances en santé incluent les aptitudes complexes nécessaires pour prendre des décisions appropriées et maintenir des soins de santé de base.

Les patients n’ont souvent pas le temps pendant une consultation de poser toutes les questions qu’ils aimeraient poser ou aborder. Schwartz affirme que cette problématique a obligé 64 % des utilisateurs Internet à faire leurs propres recherches pour obtenir des renseignements touchant à la santé. Le prix à payer pour des renseignements mal compris est estimé à quelque 8 milliards de dollars par an, consultations médicales liées aux erreurs de médication comprises.

 

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