Déterminants sociaux : avons-nous décidé d’éliminer l’activité physique dans nos villes?

Le siège social du SEFPO est situé à environ 15 minutes à pied de la station de métro Leslie, à Toronto. Notre bâtiment se trouve dans une zone d’affaires dans laquelle des milliers de travailleurs arrivent chaque matin. Vu la proximité de la station de métro, on pourrait s’attendre à voir de longues files de piétons passer devant l’Hôpital général de North York pour se rendre au travail chaque jour. Mais non. En fait, c’est rare de voir qui que ce soit sur le trottoir.

Le Dr Mark Tremblay, de l'Hôpital pour enfants malades de l'Est de l'Ontario, parle de l'obésité infantile dans le cadre du Sommet sur la durabilité des  soins de santé du Conference Board of Canada

Le Dr Mark Tremblay, de l’Hôpital pour enfants malades de l’Est de l’Ontario, parle de l’obésité infantile dans le cadre du Sommet sur la durabilité des soins de santé du Conference Board of Canada

Une marche d’une demi-heure par jour apporterait des bienfaits extraordinaires pour la santé des travailleurs des entreprises de cette zone d’affaires. Le Dr Mike Evans a une merveilleuse conversation animée dans laquelle il dit qu’une demi-heure d’exercice par jour contribue à réduire les risques de démence et d’Alzheimer, de fracture de la hanche, de diabète, de dépression et d’anxiété. S’il s’agissait d’un médicament, nous demanderions à notre médecin de nous le prescrire.

Si vous avez déjà fait cette marche depuis la station de métro, vous ne voulez sans doute pas répéter l’expérience. La rue Leslie est très large à cet endroit et des milliers de voitures l’empruntent chaque matin. L’image n’a rien d’humain croyez-moi. Le passage sous la 401 est bruyant et particulièrement inhospitalier. Pire encore, il n’y a pas de passage à piétons qui donnerait aux piétons la priorité face au trafic qui prend à toute allure la bretelle d’accès est de l’autoroute 401. La marche est un tour de force. Et une fois dans la zone d’affaires, le trottoir se termine d’un côté de la rue, ce qui signifie qu’il faut traverser la route pour continuer de marcher sur Lesmill en direction du SEFPO, et la retraverser un peu plus loin pour entrer au SEFPO.

Suzanne Nienaber dit que la conception de nos villes n’est pas favorable à l’activité physique. La directrice des partenariats du Center for Active Design de New York a déclaré la semaine dernière au Sommet sur la durabilité des soins de santé du Conference Board of Canada que les gens utilisent les endroits publics qui sont attrayants.

Nienaber travaille activement à réintroduire l’activité physique dans la vie des gens grâce à une bonne planification urbaine.

Dans une ville verticale comme New York, et Toronto, il est logique d’encourager les gens à utiliser les escaliers. Deux minutes d’escaliers par jour s’accompagnent de bienfaits énormes pour la santé. Ainsi, pourquoi les cages d’escaliers sont-elles si peu attrayantes et pourquoi n’encourageons-nous pas les gens à monter les escaliers avec des pancartes d’incitation à prendre les escaliers, comme Nienaber le suggère? Dans bon nombre de nos bâtiments, comme par exemple la tour de la Fédération du travail de l’Ontario, la cage d’escalier n’est pas facile à trouver, et une fois dedans, ce n’est pas évident de trouver l’étage qu’on cherche.

Contrairement à ce qui se passe à la mairie de Toronto, le gouvernement municipal de New York promouvoit la configuration active des édifices publics. À Toronto, nous nous inquiétons davantage du fait que les pistes cyclables puissent faire la guerre aux voitures.

Si nous ne rendons pas Toronto plus conviviale pour les piétons, nous devrions au moins le faire pour nos enfants.

Le Dr Mark Tremblay de l’Hôpital pour enfants malades de l’Est de l’Ontario a dit lors du Sommet que l’enfant typique de 12 ans, en 2013, est plus grand, plus lourd, plus gras, plus rond et moins souple et moins en forme que son homologue l’était en 1981.

Seuls cinq pour cent des enfants aujourd’hui au Canada satisfont les directives en matière d’activité physique. C’est 60 minutes d’activité physique. Ce qu’on appelait autrefois du jeu.

Kelly Murumets, PDG de ParticipACTION a dit que nous sommes en pleine crise d’inactivité dans ce pays. « Le sédentarisme est le nouveau tabagisme », a-t-elle déclaré.

ParticipACTION a lancé une campagne à l’échelle nationale pour « ramener le jeu » dans la vie de nos enfants, avec une deuxième phase visant à persuader les parents qu’il n’y a pas de danger de laisser leurs enfants jouer à l’extérieur.

Murumets nous dit qu’aujourd’hui, les enfants participent à trois heures de jeu par semaine. C’est triste!

Le Sommet sur la durabilité des soins de santé de cette année met l’accent sur la recherche de solutions, mais l’hyperbole du « ciel qui est en train de nous tomber sur la tête », qui parle de dépenses de santé hors de contrôle, est pratiquement absente du podium.

Lorsque Glen Hodgson, vice-président principal du Conference Board, a dit que des augmentations des coûts de six pour cent ne fonctionnaient pas lorsque l’économie croissait de 2 pour cent, on pensait qu’il n’était pas de son temps.

Cette année, les provinces limitent les nouveaux investissements dans le domaine des soins de santé à une moyenne de seulement 2 % et les dépenses au titre des soins de santé diminuent tant en tant que part de l’ensemble de l’économie qu’en tant que part des dépenses de programmes provinciales.

Cela ne veut pas nécessairement dire que les provinces font de bons investissements.

Judith Shamian, ancienne PDG de VON Canada a dit au groupe que seuls 25 % de la santé de la population étaient déterminés par le système de santé.

« C’est mon message clé », a-t-elle dit. « Nous dépensons beaucoup d’argent pour aboutir à des résultats bien maigres. »

À son nouveau rôle de présidente du Conseil international des infirmières, Shamian soutient que nous devrions prêter une plus grande attention aux déterminants sociaux de la santé. Elle admet qu’à son poste de PDG, ce n’était pas toujours facile à faire.

Personne ne le sait mieux que les 32 préposés aux services de soutien à la personne à temps partiel employés par le VON de Grey Bruce. Les travailleurs ont besoin d’un véhicule pour faire leur travail de soins à domicile travail, et pourtant, ils sont payés moins de 14 $ de l’heure, soit moins que ce que les défenseurs du salaire minimum demandent actuellement. Après avoir donné un vote de grève au syndicat, le personnel du SEFPO a récemment rappelé aux médias que ces travailleurs du VON sont obligés de s’en remettre aux banques alimentaires et autres organismes de Centraide pour joindre les deux bouts. C’est loin d’être un exemple étincelant de soins communautaires.

Shamian a dit que les infirmières sont souvent plus malades que les patients dont elles s’occupent. Le défi, c’est de « joindre le geste à la parole ».

Danielle Martin, vice-présidente de Medical Affairs and Health System Solutions, au Women’s College Hospital, a parlé de l’assurance-médicaments universelle, disant que le problème le plus commun aux urgences était celui des patients qui ne prennent pas leurs médicaments. Et ce, parce qu’une personne sur dix ne peuvent pas se permettre de payer pour.

Martin et Amy Porteus de Bruyere Continuing Care ont démontré que les hôpitaux pourraient jouer un rôle nouveau et novateur dans le système des soins de santé. Martin a dit que le Women’s College Hospital avait éliminé tous les lits de l’hôpital et joue désormais un rôle ambulatoire servant de « colle » entre les soins primaires et tertiaires. Porteus a parlé du concept de « village » de Bruyere, avec ses nouveaux modèles de soins de longue durée, lequel est instrumental pour élargir le rôle de l’hôpital au niveau des soins communautaires.

Barbara E. Collins et le Dr Reuben Devlin ont parlé longuement de la façon dont ils envisagent de réinventer l’Hôpital régional de la rivière Humber. Ils ont fait valoir que le nouvel édifice sera le premier hôpital entièrement numérique en Amérique du Nord. Une bonne partie de la planification a mis l’accent sur l’utilisation du nouvel édifice pour réduire les coûts d’exploitation à plus long terme. Ces économies comprennent la réduction des coûts énergétiques de 40 pour cent et le remplacement par des robots du personnel qui s’occupe du transport du matériel dans les unités.

Tandis qu’on s’accordait sur la nécessité d’un changement, les solutions sont variées et pas toujours la responsabilité des gouvernements. Un grand nombre des présentations concernaient des projets qui n’avaient pas encore été évalués.

Au cours d’une réception en fin de journée, André Picard, journaliste au Globe and Mail, a parlé de l’uniformité des conclusions des différents rapports canadiens sur les soins de santé, dont nous ne semblons pas tenir compte.

Le sommet illustre le fait que des innovations prennent néanmoins place et qu’en dépit de l’analyse détaillée qui fait craindre à tout le monde de faire un faux pas, les preuves laissent penser que le système traverse un niveau d’expérimentation.

Si nous trouvons un moyen de « réparer » le système qu’aiment les Canadiens mais dont ils se plaignent, les solutions seront à la fois nombreuses et petites et grandes.

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