La structure de financement exclut les psychologues de l’équipe de soins

Question : Quel est le plus gros employeur de psychologues au pays? Si vous avez répondu Services correctionnels Canada, vous avez raison.

Ainsi, il y a essentiellement deux façons d’obtenir les services d’un psychologue gratuitement en Ontario – commettre un crime ou être admis dans l’un des hôpitaux psychiatriques de la province. Et vu que ces hôpitaux ne font que rétrécir, la première solution risque d’être préférable.

Parlant jeudi dernier aux dirigeants de la Division de la santé mentale du SEFPO, Karen R. Cohen a indiqué qu’en plus d’être utile, un traitement psychologique réduit également la dépendance à l’égard des autres professionnels de la santé. La PDG de la Société canadienne de psychologie a dit que 70 pour cent des problèmes présentés aux médecins de famille concernent ou sont liés à des problèmes de santé mentale. Ces médecins sont souvent incapables de répondre à ce besoin.

L’accès au traitement est une partie du problème. La psychologie est une discipline que l’assurance-maladie publique n’a pas jugé bon de couvrir; ainsi les patients ont le choix entre payer de leur propre poche ou, le cas échéant, puiser dans les prestations de santé offertes par leur employeur. Parce que sans moyens, il n’y a aucun choix.

Très souvent, les prestations offertes par l’employeur ne suffisent pas à couvrir le traitement de psychologie dans son intégralité. Ces limites sont ridicules dans un pays où le coût de la maladie mentale (dépression et anxiété en majeure partie) pour les employeurs est estimé à 20 milliards de dollars par an. Cohen estime qu’une intervention précoce pourrait permettre d’économiser entre 6 et 7 milliards de dollars. Cela devrait suffire à attirer l’attention du chef d’entreprise même le plus impitoyable.

À une époque où la collaboration à la prestation des soins est de plus en plus essentielle, en raison du modèle de financement actuel, il est pratiquement impossible d’intégrer les services d’un psychologue dans une pratique de soins en équipe (à l’extérieur des hôpitaux psychiatriques). Selon Cohen, les psychologues pourraient apporter des contributions positives dans des domaines tels que les soins aux patients cardiaques et les cliniques antidouleur.

La couverture des services psychologiques risque de devenir de plus en plus importante pour les travailleurs du secteur public et les professionnels des soins de santé en particulier. Nous répéter de toujours faire plus avec moins a incontestablement augmenté le niveau de stress et d’anxiété dans les milieux de travail.

Janet Kasperski, PDG de l’Association de psychologie de l’Ontario, a déclaré que le processus de congé rapide actuel a un impact sur les professionnels des soins de santé. Étant donné que la plupart des professionnels de la santé veulent faire le bien, il leur est difficile de voir l’impact de leur travail lorsqu’on donne congé aux malades si tôt. Pour de nombreux professionnels de la santé, « c’est la course », a-t-elle dit. « Nous n’avons pas l’impression de faire le travail que nous devrions faire, et c’est très stressant. »

Cohen dit qu’un stress accru sur le secteur public a donné à Ottawa le titre de capitale canadienne de la dépression.

Que nous améliorons la couverture publique ou exploitions la couverture privée offerte par nos employeurs, nous payons tous inévitablement le prix de la négligence des maladies mentales au Canada. En dépit des nombreux rapports mettant en lumière le coût de cette négligence, nous continuons de payer en refusant d’agir. Statistique Canada a récemment révélé que 1,5 million de Canadiens ne reçoivent pas ou ne reçoivent qu’en partie les soins de santé mentale dont ils ont besoin.

Vu le déclin des hôpitaux psychiatriques en Ontario, on finit aussi par se demander ce qui arrive lorsque les services sont transférés dans la communauté. Sans couverture publique, on range la carte santé et on sort la VISA lorsqu’on veut accéder aux services d’un psychologue dans cette province. C’est particulièrement cruel dans ce secteur vu que les Canadiens qui vivent avec une maladie mentale sont souvent ceux qui ont le moins de revenus.

Si le gouvernement Wynne tient vraiment à obtenir du soutien pour transférer les services de santé mentale dans la communauté, elle doit aborder les questions de couverture publique et d’équipe de soins incluant les psychologues.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s