Fusion Scarborough-Rouge : le Conseil communautaire dit qu’il n’a pas assez d’information pour prendre une décision

Si c’était le secteur privé, vous n’auriez pas le conseil d’administration d’une organisation de 352 millions de dollars assis sur des chaises si peu confortables.

Malgré les signes d’une reprise économique modeste, les hôpitaux de l’Ontario vivent encore des périodes difficiles, et l’Hôpital de Scarborough ne fait pas exception. Le 1er octobre dernier, le conseil du TSH s’est rencontré à son campus de Birchmount pour parler affaires.

Aux prises avec des difficultés financières (et une ligne de crédit récemment augmentée à 30 millions de dollars), l’hôpital est aujourd’hui prise dans une discussion éreintante sur sa fusion potentielle avec le Système de santé de la vallée de la Rouge (326 millions de dollars) légèrement en meilleure santé financière.

Peut-être qu’une fois qu’ils seront une entité de 678 millions de dollars, ils auront de meilleures chaises pour les réunions de leur conseil.

Tandis que les établissements se sont engagés dans un processus ouvert et transparent autour de la fusion, il semblerait bien que l’engagement du public soit davantage à propos de trouver opposition à l’idée que de recueillir des points de vue. Robert Biron, PDG du TSH, insiste pour dire qu’aucune décision n’a été prise, mais continue de promouvoir les avantages d’une fusion.

Le public n’a pas entendu grand chose d’autre que des idées chimériques et des hypothèses approximatives de la part de l’hôpital. Personne n’a entendu l’autre côté de la médaille, comme quels ajustements devront être faits à la rémunération des cadres pour refléter ce qui désormais deviendrait le septième hôpital public le plus important de la province, ou combien ça coûterait d’aligner physiquement les services de quatre sites hospitaliers desservant deux communautés. À un moment où l’Hôpital de Scarborough n’a pas même les moyens d’acheter l’équipement médical de base dont il a besoin, que pensera-t-il de devoir débourser de l’argent pour un programme d’image de marque et les nouveaux panneaux nécessaires après la fusion?

Remarquablement, après que Denis Lanoue ait passé un temps considérable à présenter au conseil d’administration les « risques » perçus par le conseil communautaire du TSH, l’hôpital a fait virevolte en demandant s’il pourrait répondre au conseil. L’hôpital a dit qu’il pourrait présenter de l’information qui pourrait « atténuer » certains de ces risques.

Dès le début, l’hôpital a établi trois minimums fondamentaux – aucun site ne fermerait, aucune salle d’urgence ne fermerait et les services aux patients actuellement offerts au Système de santé de la vallée de la Rouge resteraient en place.

Cela ne peut pas être très confortable si vous siégez sur les chaises non ergonomiques du conseil du TSH. Nous sommes directement portés à croire que les services seraient transférés du TSH au Rouge, à une troisième entité ou nulle part du tout. C’est ça qui rend les gens inquiets.

Lanoue a dit que le conseil communautaire n’estimait pas que les garanties faites en ce qui concerne les salles d’urgence soient suffisantes. Ils ont reconnu qu’une salle d’urgence n’est efficace que si l’infrastructure qui la soutient l’est elle-même, y compris qu’elle donne accès aux diagnostics sur place. Il s’est dit inquiet que ce processus de consultation ait déjà coûté environ 1 million de dollars – c’est beaucoup d’argent quand on pense que la fondation verse 2 millions de dollars par année pour l’acquisition de cet équipement dont ils ont tant besoin. Les cadres du TSH ont dit au conseil que leur équipement est parmi les plus vieux qui soient comparé aux autres hôpitaux.

Comme nous l’avons mentionné hier, Lanoue a dit que la fusion risquait d’être une grosse distraction à un moment où l’hôpital cherche à se transformer – une situation déjà appuyée par les commentaires dans le cadre de cette réunion du conseil d’administration. Lanoue s’interrogeait également sur l’impact d’une telle incertitude sur la capacité de l’hôpital à obtenir des fonds?

Lanoue s’est interrogé sur la logique de la fusion des hôpitaux d’Ajax-Pickering et Centenary alors que les résidents de Durham ouest semblaient préférer un réalignement avec le centre de santé Lakeridge. Ce résident de Scarborough a dit qu’il n’avait jamais mis les pieds à l’Hôpital d’Ajax-Pickering, mais qu’il avait entendu dire que leur équipement était bien meilleur. Aïe!

Le conseil communautaire s’est dit inquiet de l’impact d’une fusion sur la stabilité financière de l’hôpital.

Soyons juste, Lanoue a également répondu à la question entourant les avantages perçus, mais il n’a pas semblé personnellement très convaincu par ces avantages. Un bon nombre d’entre eux ressemblent davantage à un exercice de relations publiques des deux hôpitaux – on présume de l’aptitude à recruter des professionnels, à attirer du financement, à réaliser des économies d’échelle et à normaliser les soins.

S’il y avait un seul avantage dont Lanoue semblait convaincu, c’était la possibilité de réaliser des économies d’échelle en combinant les fonctions d’administration. On aurait peut-être dû leur dire que de nombreux hôpitaux ontariens avaient réussi à le faire sans procéder à une fusion. Le TSH est déjà membre de Plexxus, une entreprise de mise en commun des achats appartenant à un groupe d’hôpitaux publics.

Réagissant à la nouvelle d’une éventuelle fusion, Lanoue avait dit au conseil « je suis presque tombé de ma chaise en entendant ça ».

Plutôt que d’appuyer ou de s’opposer à la fusion, Lanoue a dit qu’il n’avait pas assez de détails pour prendre une décision. Mais cela n’a pas l’air de vouloir changer grand-chose. Il a dit que la roue était lancée et qu’il serait difficile de l’arrêter.

Le temps commence à presser. On doit faire une recommandation avant la fin du mois, même si on sait déjà plus ou moins ce qu’elle sera.

Biron a récemment écrit qu’il voit « un hôpital qui se définit non pas par ses limitations, mais plutôt par les forces de ses relations avec la collectivité et sa diversité ».

Mais si la communauté n’approuve pas le projet, Biron et le RLISS du Centre-Est recommanderont-ils malgré tout la fusion à la ministre de la Santé ou appuiera-t-on sur le bouton de pause? Dans un gouvernement minoritaire, les sièges libéraux de Scarborough risquent d’être très importants pour le gouvernement Wynne. Ils ne sont pas aussi sûrs qu’ils l’ont déjà été.

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