Scarborough-Rouge : les repas frais servis aux patients en danger de disparition

Le campus principal de l’Hôpital de Scarborough a su innover avec ses services alimentaires. L’an dernier, il s’était attiré une attention considérable des médias en embauchant une cuisinière-conseil pour aider l’hôpital à mettre au point des menus qui feraient appel à des aliments cultivés localement et apprêtés frais dans ses cuisines.

Joshna Maharaji, chef à Toronto, avait dit au Toronto Star, l’an dernier, « il ne leur reste plus qu’à faire preuve d’humanité dans leur travail. Il leur faut désormais sentir et goûter et porter des jugements plutôt que de se contenter d’exécuter un plan tout à fait standard. C’est ça la preuve d’un véritable changement ».

Ce changement se voit aujourd’hui menacé par la normalisation des services alimentaires entre l’Hôpital de Scarborough et son partenaire potentiel, le Système de santé de la vallée de la Rouge.

Plutôt que d’opter pour l’approche novatrice adoptée à Scarborough, les pourparlers semblent pencher pour le système moins qu’optimal du système de la Rouge, qui consiste à servir des mets remis en température.

C’est le genre de système qu’essaient d’abandonner les hôpitaux de toute l’Amérique du Nord – un système où les aliments sont préparés à un endroit avant d’être livrés à l’hôpital. Les aliments sont cuits, réchauffés, refroidis et réchauffés, un système qui contribue à la perte de nombreux éléments nutritifs. Ce n’est définitivement pas comme ça qu’on veut que les patients mangent en rentrant chez eux. Le système est également beaucoup moins souple, mettant potentiellement en danger l’objectif de l’Hôpital de Scarborough de donner aux patients un plus grand choix plus près des repas.

Anne Marie Males, ancienne vice-présidente à l’Hôpital de Scarborough de l’initiative Expérience des patients, avait déclaré l’an dernier aux médias qu’elle était tellement heureuse de voir arriver ce nouveau service de produits alimentaires frais dans son hôpital qu’elle pourrait pleurer. Elle avait dit au Star « Pourquoi servirions-nous à des gens malades des repas que nous ne mangerions pas chez nous? En fait, nous devrions servir des repas qui sont vraiment bons aux gens qui sont malades. ».

Avec un système d’aliments remis en température, il est plus difficile de mettre en œuvre une initiative d’aliments cultivés localement, une chose que le gouvernement de l’Ontario favorise depuis quelques années. L’Hôpital de Scarborough s’efforce aussi de répondre aux besoins d’une population de patients plus diverse. Il cherche actuellement à obtenir une accréditation (ou l’équivalent) de la Halal Monitoring Association et collabore avec une mosquée locale. Si on décide d’opter pour les « repas avion », alors tout ce travail part en fumée.

Dans ses notes, le comité qui s’occupe de la fusion des « services hôteliers » reconnaît le potentiel de mauvaise publicité et d’une réaction négative du public face à la perte de repas apprêtés avec des aliments frais cultivés localement.

Il note aussi le gaspillage de l’argent investi pour mettre à niveau l’équipement de cuisine à l’Hôpital de Scarborough.

Sa solution consiste à « développer une stratégie de communication efficace pour expliquer les raisons de choisir de faire un changement ». La communauté doit reconnaître que c’est un grand pas en arrière. Certaines décisions sont tout simplement impossibles à expliquer.

Les deux hôpitaux semblent se soucier davantage de leurs bénéfices que de l’expérience des patients. Si c’est là où s’en va la fusion, alors nous sommes en droit de nous alarmer.

Il est peu probable que l’hôpital procède à une analyse plus détaillée qui prendrait en compte le lien entre des aliments frais nourrissants, le processus de guérison et la durée du séjour d’un patient. Pour économiser quelques dollars sur la nourriture, le nouvel hôpital fusionné est prêt, en adoptant une vision à très court terme, à risquer d’augmenter ses coûts cliniques, d’ailleurs beaucoup plus élevés.

À ce stade, le comité suggère une analyse plus en profondeur de la situation.

Sans blague! Le système adopté par l’Hôpital de Scarborough est le système optimal en matière de services alimentaires. Il ne fait aucun doute que l’Hôpital de Scarborough a franchi une nouvelle étape qui tient compte du bien-être des patients. Il n’est pas le seul à l’avoir fait non plus, le MacKenzie Health (l’ancien Hôpital York Central) a également opté pour un service d’aliments frais, lequel a contribué à une amélioration de la satisfaction des patients.

Le Système de santé de la vallée de la Rouge travaille également sur sa propre initiative pour des services alimentaires de qualité. Le but est de faire en sorte que les repas soient servis chauds aux patients.

Il est clair que les attentes ne sont pas tout à fait les mêmes.

Une dernière remarque à propos de l’éventuelle fusion : nous avons récemment parlé du processus remarquablement ouvert dans lequel les deux hôpitaux s’étaient engagés, mais il semblerait que ce processus soit un peu moins ouvert que nous le pensions. Nous avons entendu dire que pour assister à l’une des 16 assemblées publiques locales, il nous faudrait une invitation. Il serait peut-être bon alors qu’un organisme de l’extérieur tel que l’Ontario Health Coalition envisage d’offrir son propre forum aux « non invités ».

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