Les modifications réglementaires donnent à penser que les hôpitaux cèderont bientôt leurs procédures ambulatoires

En plein milieu de l’été, la province nous a signalé qu’elle placerait les établissements de santé autonomes (ESA) sous l’autorité des Réseaux locaux d’intégration des services de santé.

Ce changement indique clairement l’intention de la province de transférer les services ambulatoires à risque faible des hôpitaux à des établissements communautaires. Curieusement, ces « établissements » pourraient tout simplement être des établissements satellites dirigés par un hôpital.

Auparavant, les RLISS ne pouvaient pas officiellement faire passer les services de l’hôpital à un ESA parce qu’ils ne pouvaient pas transférer les fonds hors de leur juridiction. Le financement des ESA était autrefois pris en charge par le ministère.

Avec ce changement, le RLISS de Champlain pourrait par exemple transférer officiellement les fonds de l’Hôpital d’Ottawa à des cliniques privées pour effectuer les endoscopies que Jack Kitts, le PDG de l’hôpital, ne veut plus dans son hôpital. Cela n’apportera sans doute rien de bon au rendement de l’hôpital.

Le fait qu’on ait apporté un tel changement au beau milieu de l’été suggère que peu de gens risquent de l’apprécier au sein de la communauté. Le transfert de services actuellement offerts dans les hôpitaux risquent d’être considéré comme une intervention agressive.

Il est clair que le gouvernement avait prévu cela, suggérant que de telles cliniques soient à but non lucratif et que les services ne soient pas transférés si « les changements au niveau de la capacité nuisent à la stabilité de l’hôpital ».

La façon dont le gouvernement envisage d’établir où capacité et stabilité se rencontrent demeure un mystère. La plupart des ESA dans la province sont censés être sans but lucratif.

Il est clair qu’on cherche ici à faire baisser les coûts, bien qu’il faille se demander si ces coûts seront évalués publiquement et de façon juste avant d’effectuer de tels transferts. Aucune évaluation de la sorte n’avait été faite pour le transfert des endoscopies à l’Hôpital d’Ottawa, par exemple.

De nombreux services de diagnostic, dont les services de laboratoire, s’avèrent moins coûteux lorsqu’ils sont offerts à l’hôpital. Une étude mandatée par le gouvernement en 2008 a démontré que les hôpitaux les plus petits et les moins bien équipés pouvaient effectuer les mêmes services qu’un laboratoire privé pour environ les deux tiers du coût. Et les volumes supplémentaires aidaient également à maintenir l’efficacité des laboratoires d’hôpitaux.

MacKenzie Health (l’ancien Hôpital York Central) avait auparavant cédé de telles procédures mineures, mais on nous dit que les preuves apportées démontraient que c’était en fait moins cher de s’en occuper à l’interne.

Quand la Maison Perram a fermé l’an dernier, on nous avait aussi dit que le transfert de ces patients dans un hôpital permettrait d’économiser.

Pourtant, tous les politiciens pensent que c’est moins cher de transférer ces services à l’extérieur des hôpitaux. Où est la logique?

Le gouvernement croit-il vraiment que nous voulions faire le tour de la ville pour obtenir tous les soins dont nous avons besoin plutôt que d’y accéder à un seul endroit, notre hôpital public? On veut nous faire croire que l’expérience du patient sera meilleure si on transfère les cliniques de jour d’un hôpital loin de son campus principal. C’est absurde! Cela remet également en question la raison pour laquelle un des plus gros programmes de renouvellement de l’infrastructure est dans les hôpitaux de l’Ontario alors que le plan est de siphonner les services offerts dans ces établissements pour les transférer dans des cliniques toute neuves plus petites.

Sans le vouloir, les hôpitaux ont contribué à ce processus en chargeant les tarifs de stationnement parmi les plus chers au sein de leur communauté. Certains patients seront peut-être prêts à brûler un peu plus d’essence pour économiser 15 à 20 $ sur le stationnement, même s’il faut un GPS pour trouver le nouveau fournisseur de services. Et ça, bien sûr, c’est s’ils ont une voiture. Pour ceux qui ne conduisent pas, la plupart des autobus urbains passent à côté de l’hôpital, mais pas nécessairement à côté de chaque ESA.

Le ministère peut peut-être nous fournir une APP qui nous aidera à trouver tous ces services transférés. Et la phrase clé pour tous ces déplacements en voiture? C’est tout dans l’intérêt de « l’intégration » des systèmes.

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