Les élections partielles se transformeront-elles en référendum sur les coupures dans les hôpitaux de Scarborough, Ottawa?

Cinq élections partielles provinciales pourraient bien se transformer en un référendum sur les modifications au système des soins de santé qui affament les hôpitaux locaux. Deux de ces élections sont dans des circonscriptions où les coupures dans les hôpitaux occupent une place particulièrement importante dans l’actualité.

Annoncées pour le 1er août, les brèves campagnes électorales sont organisées au beau milieu de l’été, un moment de l’année où la participation électorale devrait être faible, ce qui est généralement un avantage pour le gouvernement.

L’élection la plus intéressante à surveiller sera celle de Scarborough-Guildwood , où les deux hôpitaux urbains commencent à parler de fusion pour corriger un déficit collectif de 28,4 millions de dollars pour l’année prochaine.

Les hôpitaux prétendent que leurs coûts augmentent de 5 % par année mais que leur financement ne bouge pas.

Les coupures ont déjà commencé – cette année, l’Hôpital de Scarborough élimine près de 200 emplois, a fermé deux salles d’opération et 20 lits de chirurgie, et la semaine dernière, a fermé les portes d’une clinique de consultations externes pour les personnes souffrant d’arthrite rhumatoïde.

La plupart de ces postes ne trouveront vraisemblablement pas leur place dans des organismes communautaires, en dépit de l’affirmation de la ministre de la Santé Deb Matthews que le gel du financement fait partie intégrante de son plan de restructuration. Les utilisateurs de la clinique de rhumatologie ont déjà dit aux médias qu’ils ne savent pas où ils iront ce mois-ci.

Deux autres députés libéraux locaux ont pointé un doigt accusateur sur la haute direction et sur le conseil d’administration de l’Hôpital de Scarborough. Dans un climat de forte opposition communautaire à l’égard du projet de consolidation des services du campus de Birchmount et du campus général, le printemps dernier, Bas Balkisoon et Soo Wong avaient demandé à la ministre de la Santé de nommer un superviseur pour reprendre les rênes de l’Hôpital de Scarborough. Le plan de restructuration avait été sabordé après qu’un groupe d’experts aient décidé que les changements entraînaient un « risque clinique ».

Nommer un superviseur provincial ne s’était pas avéré très efficace la dernière fois, semble-t-il. Dans une tourmente similaire, en 2007, le PDG de l’Hôpital général de Toronto Est, Rob Devitt, avait été nommé pour remettre l’hôpital sur le droit chemin.

Et voilà que les hôpitaux de Scarborough et de la vallée de la Rouge discutent de fusion… on peut s’attendre à d’autres mesures draconiennes dans un proche avenir. Le Réseau local d’intégration des services de santé (RLISS) du Centre-Est avait réuni les deux hôpitaux afin qu’ils résolvent leurs problèmes après le rejet d’éléments controversés du premier plan de consolidation de l’Hôpital de Scarborough. On prévoit des consultations publiques à partir du mois d’août (après les élections partielles) et jusqu’en octobre; un plan sera approuvé par les deux hôpitaux et soumis au RLISS en novembre.

Si les députés pensent que les choses vont aller mieux après l’arrivée du nouveau PDG Robert Biron, ils se trompent sûrement. Biron avait mis en œuvre plusieurs coupures controversées après son arrivée à l’Hôpital Northumberland Hillsde Cobourg, en 2010. Les coupures avaient vraisemblablement coûté le siège du libéral Lou Rinaldi dans les dernières élections générales. En dépit de la rhétorique, on n’a jamais vraiment remplacé les services hospitaliers perdus dans la communauté de Cobourg-Port Hope.

La candidate libérale débutante Mitzie Hunter peut être tentée, comme les autres députés libéraux à ses côtés, d’accuser la direction de l’hôpital, mais il est clair que les problèmes viennent surtout des décisions prises à Queen’s Park. Elle devrait nous dire ce qu’elle envisage faire pour éliminer ce manque de fonds de 28,4 millions de dollars que le ministère de la Santé a créé.

PDG de l’organisme CivicAction, Hunter se verra dans une situation difficile lorsqu’il lui faudra choisir entre son parti et la communauté. Un faux pas pourrait probablement coûté un siège dans une circonscription créée en 2003 où les deux partis d’opposition se portent traditionnellement bien.

L’Ontario Health Coalition envisage déjà d’attirer l’attention sur les coupures pendant la brève campagne électorale qui aura lieu à Scarborough-Guildwood.

La menace dans l’ancienne circonscription d’Ottawa Sud de Dalton McGuinty vient vraisemblablement davantage de la droite que de la gauche. Les coupures à l’Hôpital d’Ottawa sont probablement encore fraîches dans l’esprit des électeurs locaux. L’hôpital a annoncé qu’il allait supprimer près de 300 postes équivalents à temps plein cet hiver, réduisant les chirurgies de la cataracte (en dépit d’attentes supérieures à la moyenne) et privatisant quelque 6 000 endoscopies par année. Environ 4 000 de ces endoscopies sont des coloscopies sur lesquelles comptent des personnes qui souffrent de maladies intestinales inflammatoires.

Un représentant régional de la Fondation canadienne des maladies inflammatoires de l’intestin a dit aux médias que la décision de fermer la clinique d’endoscopie de Riverside contribuera à une attente supérieure pour obtenir un diagnostic à une époque où la maladie affecte un nombre toujours plus important de Canadiens.

Malgré des changements importants aux services fournis par l’hôpital, le RLISS de Champlain a refusé de suivre le même processus public que l’Hôpital de Scarborough suit actuellement. Disant que l’hôpital suivait simplement son entente de responsabilité, le RLISS de Champlain s’en est lavé les mains et a ainsi largement sali sa réputation. Les RLISS ont de tout temps soutenu la politique de santé du gouvernement McGuinty/Wynne.

Contrairement à des élections générales, les élections partielles ne posent aucun risque pour les votants qui désirent exprimer leur mécontentement en ce qui concerne la façon dont le gouvernement s’occupe du dossier de la santé. Même si les libéraux perdaient les cinq élections partielles – ce qui est peu probable – ils auraient toujours le plus grand nombre de sièges et retiendraient le droit de gouverner dans le parlement provincial minoritaire.

Quelques échecs non attendus pourraient toutefois entraîner certains changements dans les politiques de financement des soins de santé du gouvernement Wynne.

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