Scarborough/Rouge : On parle de fusion malgré les données attestant de coûts plus élevés

Lorsque le Réseau local d’intégration des services de santé (RLISS) du Centre-Est a demandé aux hôpitaux de Scarborough et de la vallée de la Rouge de collaborer à la planification des services hospitaliers dans la partie la plus à l’est de Toronto, peu auraient pensé que les PDG finissent plutôt par parler de fusion.

Vu que les discussions devaient tout particulièrement être axées sur la situation financière précaire de l’Hôpital de Scarborough, une fusion pourrait s’avérer être une solution coûteuse et risquée. Robert Biron, le nouveau PDG de l’Hôpital de Scarborough, a dit qu’aucune décision finale ne sera prise tant que les résidents, le personnel et les médecins n’auront pas été consultés.

« Presque toutes les études suggèrent que les fusions d’hôpitaux augmentent le coût des soins d’au moins deux pour cent et, aux États-Unis, parfois sensiblement plus », a déclaré Thomas Weil, consultant à la retraite, dans un numéro de 2010 du Journal of Health Services Research and Policy.
Un rapport britannique de 2012 sur les fusions d’hôpitaux dans ce pays a également conclu que « le rendement financier baisse, la productivité du personnel stagne, les temps d’attente pour les patients augmentent et rien n’indique que la qualité des soins s’améliore ».

C’est sans doute une des raisons pour lesquelles nous en avons vu si peu dans la deuxième décennie du siècle, par rapport à la première. Avec des moyens financiers déjà extrêmement limités, qui voudrait risquer une aggravation de la situation?

Une présentation récente faite au RLISS suggérait qu’avec un gel du financement soutenu dans la province, l’impact de l’inflation sur les deux hôpitaux se monterait à 28,4 millions de dollars d’ici à 2014-2015. Ce chiffre est basé sur une augmentation des coûts de 5 pour cent, due au vieillissement et à la croissance démographique, aux règlements salariaux et aux coûts supérieurs d’assurance, des fournitures médicales et des médicaments.

L’exposé conjoint fait au RLISS par les hôpitaux de Scarborough et de la vallée de la Rouge était sans ambages : « les hôpitaux ont réduit les frais d’administration et modifié les modèles de prestation de services afin de répondre à la baisse des recettes. Afin de continuer à équilibrer le budget, ils devront peut-être réduire ou déléguer la prestation des services dans l’avenir. »

La réduction des services ne manquera pas de piquer la curiosité des membres de la communauté qui pensaient peut-être avoir récemment remporté la bataille visant à protéger l’hôpital.

Une fusion entre ces deux hôpitaux aurait pour effet de créer un immense système hospitalier pour Scarborough, mais elle entraînerait sans doute aussi la reprise des discussions à Durham pour séparer l’hôpital d’Ajax-Pickering (un des deux sites qui forment actuellement le Système de santé de la vallée de la Rouge) et envisager une fusion avec le Centre de santé Lakeridge.

Le plan de restructuration initial qui a soulevé la colère des résidents de Scarborough a été officiellement retiré de la table la semaine dernière. Le plan incluait le déplacement des accouchements au campus Birchmount de l’Hôpital de Scarborough. Birchmount aurait également été réduit à accueillir les chirurgies ambulatoires, les interventions plus complexes étant transférées au campus principal. Un groupe d’experts a déclaré que le plan original, qui devait économiser 4,7 millions de dollars, auraient pu mettre en danger la sécurité des patients

On parle moins des coupures déjà mises en œuvre. L’Hôpital de Scarborough avait annoncé, en mai dernier, qu’il envisageait de supprimer 100 postes de plus cet été. C’est en plus des 98 postes perdus ce printemps, dont 70 emplois en soins infirmiers. L’hôpital ferme également deux salles d’opération et 20 lits de chirurgie. Il vient aussi de fermer sa clinique de rhumatologie à la fin du mois de juin.
Une fusion avec le Système de santé de la vallée de la Rouge n’aidera guère l’Hôpital de Scarborough à améliorer sa rentabilité. Tandis que le Système de santé de la vallée de la Rouge a bouclé son exercice l’an dernier avec un excédent, il rapportait un fonds de roulement encore déficitaire (actif moins passif) de 35 millions de dollars.

Étant donné les difficultés entourant les fusions, les autres hôpitaux ont plutôt choisi le partenariat comme moyen de coordination des services de soins dans leur région géographique. Cet hiver, les hôpitaux de Windsor et Hôtel Dieu ont rapidement fait la distinction entre un tel partenariat et une fusion.

Toutefois, on a quand même vu plusieurs fusions formelles ces dernières années. L’Hôpital de réhabilitation St. John’s a fusionné avec l’Hôpital Sunnybrook l’an dernier, et en 2011, Trillium a fusionné avec l’Hôpital Credit Valley.
Le ministère de la Santé de l’Ontario n’a jamais mené sa propre enquête pour vérifier si le grand nombre de fusions d’hôpitaux, au début des années 2000, avait eu un impact sur les coûts ou la qualité des services.
Étant donné que les données sur les fusions sont en grande partie négatives, il importe que nous nous demandions quels renseignements le ministère utilise pour établir la mise en route de ces plans. Les RLISS n’ont pas le pouvoir d’approuver de telles fusions.

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