Déterminants sociaux : Disparition de 55 000 ménages ontariens?

Qu’est-il arrivé à 55 000 ménages locataires à faible revenu en Ontario? Entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, ils ont simplement disparu du recensement.
Un nouveau rapport de l’Association du logement sans but lucratif de l’Ontario et de la Fédération de l’habitation coopérative du Canada suggère que face à des loyers inabordables, un nombre de gens suffisant pour peupler Kingston ou Guelph s’est simplement retiré dans des logements partagés ou non traditionnels.
Ils ont peut-être loué une chambre, un sous-sol, déménagé avec des parents ou dans un appartement multifamilial. Certains mêmes sont peut-être sans abri.

Cette période coïncide avec les coupures sévères effectuées dans le secteur de l’aide sociale par le gouvernement Harris.
Des logements bondés et précaires constituent un facteur important des déterminants sociaux de la santé. On trouve souvent les logements les moins coûteux dans des bâtiments malsains, qui ont désespérément besoin de réparations.

Les ménages qui demeurent dans des unités plus traditionnelles sont souvent obligés de choisir entre payer leur loyer et manger ou acheter des produits de base.

« Plus un ménage reste longtemps dans un logement inabordable, plus c’est difficile pour leur santé, leurs perspectives de carrière à long terme, l’éducation de leurs enfants et l’avenir de notre province », dit le rapport.

Le rapport, intitulé Where’s Home 2013, dit que la croissance du parc de logements à prix abordable est complètement dépassée par la demande. Environ 1 500 nouvelles unités de location abordables s’ajoutent au parc chaque année, alors que la demande augmente d’environ 10 000 unités par année.

Pire encore, un grand nombre des unités de logement à prix abordable construites dans les années quatre-vingts et quatre-vingt-dix sont désormais à risque d’être introduites sur le marché de la location maintenant que leurs hypothèques et subsides gouvernementaux arrivent à leur fin.

L’Organisation des Nations Unies a fait remarquer en 2007 que le Canada faisait face à une crise du logement. Aujourd’hui, 156 000 ménages ontariens – et non pas 156 000 personnes – sont sur une liste d’attente pour des logements abordables. L’attente peut se prolonger jusqu’à 10 ans.

D’autre part, avec l’inégalité croissante, le nombre d’Ontariens à faible revenu qui ont besoin de tels logements augmente à un rythme plus rapide que l’ensemble de la population. Entre 1990 et 2010, la population de l’Ontario a augmenté de 29 % environ, tandis que le nombre de personnes à faible revenu augmentait de 92 %.

Tandis que le parc de logements à louer est en déclin, les loyers augmentent. Selon le rapport, les loyers prenaient six à neuf pour cent de plus du revenu médian des locataires en 2010 qu’en 1990.
Environ un tiers de l’ensemble des locataires dans le cinquième inférieur des Canadiens qui gagnent leur vie dépensent plus de 50 pour cent de leur revenu avant impôts sur leur loyer. L’écart entre les revenus et le loyer est en croissance rapide dans ce groupe à faible revenu, ayant augmenté d’environ 20 % entre 2002 et 2009. Cela signifie que le ménage moyen dans ce groupe paie 290 $ par mois de plus que ce qu’ils peuvent raisonnablement se permettre de payer, et doivent donc se rendre plus souvent à la banque alimentaire tandis que le loyer remplace les autres nécessités.

C’est un problème que le gouvernement doit résoudre, tant en termes d’inégalité des revenus que de disponibilité d’unités de logement abordables. C’est simple, il n’existe pas de modèle économique en ce qui concerne les unités de logement à but lucratif pour les personnes à faible revenu ne recevant pas d’aide du gouvernement.

« Il y a un grand écart entre ce que la plupart des locataires peuvent payer et les loyers qu’un développeur doit imposer pour couvrir le coût du développement des unités de location et réaliser des bénéfices acceptables », ajoute le rapport. « Une étude récente a conclu que pour construire un immeuble à appartements à Toronto et réaliser un retour sur investissement minimalement raisonnable, les loyers devraient être 2,25 fois le loyer abordable moyen. »

Et lorsqu’on parle des Ontariens à faible revenu, ce chiffre correspond davantage à 3 à 4 fois le loyer abordable.
Compte tenu de ces faits, il est difficile d’imaginer pourquoi les conservateurs provinciaux voudraient préconiser une politique qui ne ferait que réduire encore davantage le revenu des familles ontariennes. Même si leurs salaires baissent, les gens doivent encore vivre quelque part. Lorsqu’ils sont poussés dans des logements de pauvre qualité bondés ou pire encore, lorsqu’ils n’ont nulle part où aller, ils retombent dans notre système des soins de santé à un coût public et personnel bien plus élevé. Même si 55 000 ménages ont disparu du recensement, cela ne signifie pas qu’ils ne sont plus ici.

Pour lire le rapport intégral de 59 pages de l’Association du logement sans but lucratif de l’Ontario et de la Fédération de l’habitation coopérative du Canada – Région de l’Ontario, cliquez ici.

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