Obésité galopante – l’Ontario mettra-t-elle en œuvre les recommandations de son propre groupe d’experts?

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Dans le domaine de la santé, la prévention est une des grandes gagnantes. Lorsqu’on parle de réforme des soins de santé, presque tout le monde estime qu’un déplacement des questions de santé vers l’amont peut contribuer à réduire les coûts pour le système des soins de santé.

Le rapport d’étape du Conseil canadien de la santé pour 2013 mentionne que lorsqu’il s’agit de la santé publique, nous avons trop peu d’objectifs et de mesures pour évaluer nos succès et échecs. Sans blague!

La promotion de la santé devait être un nouvel ordre dans l’accord sur la santé signé entre les provinces et le gouvernement fédéral en 2004. Cet accord expire en octobre prochain.

Une mesure à leur disposition est la prévalence de l’obésité.

Il est clair que l’obésité est un facteur majeur en ce qui concerne la santé publique, et pourtant, les résultats entre 2003 et 2011 sont désastreux. Presque chaque province et territoire a connu une augmentation de l’obésité dans cette période. Seul le Yukon a connu une baisse.

L’obésité peut entraîner une augmentation de la tension artérielle, du diabète et du nombre de fractures de la hanche. L’obésité peut également contribuer à des problèmes tels que la dépression et à une faible estime de soi.

Au Canada, on associe aussi l’obésité à l’inégalité des revenus. Les Canadiens à faible revenu n’ont pas aussi facilement accès à des aliments frais de qualité et à des programmes d’exercice. Les études ont démontré qu’il y avait davantage de restaurants à service rapide dans les quartiers défavorisés, mais un moins grand nombre d’établissements récréatifs.

Une étude américaine a fait remarquer que les comtés avec des taux de pauvreté supérieurs à 35 % avaient des taux d’obésité 145 % plus élevés que les comtés plus riches.

Selon un récent rapport du Conference Board du Canada, le taux de pauvreté chez les enfants a passé de 12,8 % à 15,1 % au milieu des années quatre-vingt-dix au Canada.

Peut-on s’étonner que la ministre de la Santé de l’Ontario, Deb Matthews, ait ajouté l’obésité chez les enfants à son maigre plan d’action sur la santé pour l’Ontario? Dans le cadre de ce plan, le gouvernement s’est fixé pour objectif de réduire l’obésité infantile de 20 % sur cinq ans; pourtant, le gouvernement ne dit pas un mot sur la mise en œuvre des recommandations de son propre groupe d’experts sur cette question.

Étant donné les preuves qui associent l’obésité à la pauvreté, il est clair que la province doit également jouer un rôle dans le débat plus large de la baisse des niveaux d’inégalité au Canada.

La province pourrait commencer par augmenter les impôts des riches pour construire un plus grand nombre de terrains de jeu et d’établissements récréatifs pour les enfants des quartiers défavorisés.

La province pourrait aussi en faire plus en ce qui concerne l’éducation et l’étiquetage du prêt-à-manger. L’an dernier, le NPD avait déposé un projet de loi devant le Parlement provincial demandant que le nombre de calories des aliments vendus par les grandes chaînes de restauration comptant au moins cinq restaurants et ayant des revenus de plus de 5 millions de dollars soit affiché. Le projet de loi est mort lorsque Dalton McGuinty a prorogé le parlement. De nombreuses municipalités américaines ont déjà introduit de tels règlements. Une autre étude réalisée aux États-Unis suggère qu’il serait plus utile d’afficher les exercices nécessaires pour brûler les calories des aliments vendus.

Tandis que le projet de loi du NPD est mort, la recommandation est réapparue dans le rapport du mois de février du groupe d’experts parlant de l’obésité chez les enfants convoqué par la ministre de la Santé. En fait, ils sont allés encore beaucoup plus loin, en interdisant la vente directe aux enfants de moins de 12 ans des aliments, boissons et casse-croûte riches en calories et faibles en éléments nutritifs.

Ils demandent aussi un budget de 80 millions de dollars pour faire de leurs recommandations une réalité – un montant qui n’a pas spécifiquement été prévu dans le budget de mai.

Tandis que la lutte contre l’obésité peut nécessiter un investissement initial, les effets en aval sur les soins de santé seraient énormes. Le propre groupe d’experts du gouvernement de l’Ontario estime le fardeau de l’obésité sur le système des soins de santé à 4,5 milliards de dollars par année.

Le gouvernement trouvera-t-il réellement le courage d’agir? Étrangement, le budget du mois de mai n’engageait à rien, notant simplement que les recommandations avaient été publiées, comme si le simple fait de les publier suffisait.

Il est clair que cela ne suffira pas.

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