Scandale des médicaments de chimio : Mais pourquoi donc Peterborough a-t-il confié le travail à l’extérieur?

Craig Woudsma est le héros malgré lui du prétendu « scandale des médicaments de chimio ». Craig est membre du SEFPO et aide-pharmacien au Centre régional de santé de Peterborough (CRSP); c’est lui qui a remarqué les différences entre les médicaments d’oncologie préparés par l’ancien fournisseur à contrat de l’hôpital et cfux préparés par Marchese Hospital Solutions, son nouveau fournisseur.

C’est le premier à s’en être aperçu. 1 200 patients cancéreux ont reçu moins de la dose prescrite en raison d’une erreur commise par on ne sait qui de quatre hôpitaux de l’Ontario, leur agent d’achat et la société Marchese, qui se pointent mutuellement du doigt.

Woudsma n’avait peut-être pas l’impression d’être un héros hier, assis devant le comité de la politique sociale de l’assemblée législative de l’Ontario et encadré de hauts responsables des hôpitaux et de leur avocat, assis directement derrière lui et sa supérieure Judy Turner.

Ce sont plutôt les représentants des hôpitaux qui auraient dû être sur la sellette.

Pourquoi le Centre régional de santé de Peterborough voudrait-il confier la préparation de ses médicaments d’oncologie à une entreprise située à 200 km de là, à Hamilton, lorsqu’il a tout ce dont il a besoin pour le faire lui-même?

Woudsma et Turner ne pouvaient répondre à aucune des questions relatives à la décision de confier leur travail à l’extérieur. Ils n’étaient pas au courant des discussions à ce propos et ne savaient pas si quelqu’un d’autre était au courant à la pharmacie.

Et pourtant, avant 2011, le CRSP préparait ses propres médicaments d’oncologie.  Quand il a commencé à confier ce travail à Baxter en passant par Medbuy, rien n’a changé au niveau du personnel et des heures de travail. Ce travail faisait partie de la routine de la pharmacie. Et puis il n’en faisait plus partie. Lorsque le travail a été rapatrié après la découverte du problème au niveau de la posologie, le CRSP avait toujours le personnel et les ressources nécessaires pour s’occuper des préparations à l’hôpital. Woudsma a dit qu’ils n’avaient aucun problème à le faire. Cela n’avait aucune incidence sur leur charge de travail.

Turner avait dit au comité qu’elle ne s’opposait pas à la sous-traitance si cela signifiait que l’hôpital économisait de l’argent et que le processus était plus sûr.

Même s’il n’y avait jamais eu de problèmes de sécurité lorsque la pharmacie du CRSP préparait les médicaments à l’interne. C’est ce que les pharmacies font.  Il s’avère que Marchese n’était même pas assujetti à un contrôle fédéral ou provincial, quelque chose que l’Ontario s’empresse de corriger.

La question est de savoir comment la sous-traitance pouvait économiser de l’argent à l’hôpital sans changement apporté au niveau du personnel ou des heures de travail. Comment cela pourrait-il être moins cher pour Marchese d’embaucher ses propres aides-pharmaciens, préparer les mélanges, étiqueter et expédier ce qui est principalement de la solution saline au centre de la province? Comment cela pourrait-il être moins coûteux que lorsque le CRSP acquérait les médicaments pour faire ses propres mélanges?

Il est tout à fait justifié de poser cette question à un hôpital qui, il n’y a pas si longtemps avait dû supprimer 160 emplois équivalents à temps plein pour se sortir d’un problème de déficit persistant.

Plus troublant encore, après que Woudsma et Turner parlent de leurs préoccupations, un pharmacien consultant leur a dit d’utiliser le mélange de toute façon.

Ce n’est que plus tard que le Centre régional de santé de Peterborough a mis en quarantaine les mélanges fournis par Marchese.

Ce qui est en train d’émerger des témoignages, c’est une rupture des communications entre les attentes des hôpitaux et Marchese. Marchese soutient que si le cocktail de chimio entier est administré, la différence dans la quantité de solution saline n’est pas importante. Mais le problème est que les hôpitaux n’utilisaient pas le sac en entier.

Woudsma a lui-même dit que le sac de Baxter qu’il avait comparé avec le nouveau contenu de Marchese n’était pas vide, mais qu’il ne restait pas assez de produit pour un patient.

Woudsma a dit qu’il avait été le premier à utiliser les stocks de Marchese au CRSP. Il avait été étonné de voir que le nouveau produit devait être réfrigéré, contrairement aux sacs préparés par Baxter. Tandis que l’étiquetage du contenu était clair avec Baxter, les étiquettes de Marchese le forçaient à s’interroger sur l’uniformité entre le contenu du sac et l’information du chiffrier électronique.

Sous serment, Woudsma et Turner ont admis que leurs déclarations préliminaires avaient été préparées en collaboration avec les hauts responsables de l’hôpital et son avocat. Woudsma a déclaré en outre que l’hôpital les avait préparé avant leur comparution devant le comité. La déclaration était plus un exercice de « collaboration », a-t-il dit.

Woudsma ne considère pas être un héros. « Ça fait partie de mon travail. » Il a dit qu’il n’avait pas répondu aux demandes initiales d’entrevue parce qu’il ne voulait pas ajouter au spectacle.

Il est sans doute peu probable qu’un hôpital si hermétique à propos de ses décisions l’ait autorisé à le faire de toute manière.

 

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