Peu de changements prévus pour les soins de santé – d’autres restrictions en vue

Comme avec le reste du budget, Charles Sousa, ministre des Finances de l’Ontario, n’a pas fait grand chose pour changer le cours du budget d’austérité de l’an dernier en ce qui concerne les soins de santé.

Une chose est certaine, les soins de santé diminuent progressivement comme pourcentage des dépenses de programmes gouvernementales, contrairement à ce que les groupes anti-régime public essaient de faire croire. Cette année, les dépenses de la santé seront à 41,8 pour cent de ce que le gouvernement dépense pour les programmes et services. Il y a tout juste deux ans, le gouvernement parlait de dépenser 46 cents de chaque dollar attribué aux programmes pour les soins de santé, et les médias arrondissaient régulièrement ce chiffre à la moitié du budget de l’Ontario.

En termes de dollars, les soins de santé reçoivent 1,3 milliard de dollars de plus que l’année dernière, faisant passer le total des dépenses à 48,9 milliards de dollars. C’est environ 300 millions de dollars de plus que ce qu’on avait prévu en 2012. La mauvaise nouvelle, c’est que le gouvernement a laissé 560 millions de dollars du budget de l’an dernier non dépensés, une grande partie dans le secteur des hôpitaux, où les réductions au niveau des emplois et des services sont de plus en plus courantes.

Si le gouvernement avait pris en compte l’inflation (1,2 %), la croissance démographique (1 %) et les effets du vieillissement (1 %), le secteur de la santé aurait besoin d’un minimum absolu de 1,52 milliard de dollars de plus simplement pour rester à flot. Et c’est peut-être même un peu bas – les coûts des soins de santé augmentent en général plus rapidement que l’inflation générale. On s’attend par exemple à ce que le coût des médicaments augmente de 5,4 % l’an prochain.

Qu’importe la façon dont le gouvernement brasse ses cartes, l’austérité reste de mise dans le secteur de la santé.

 La plus grande partie des fonds supplémentaires finira aux soins à domicile et communautaires; le Toronto Star rapportait hier matin que ces secteurs recevraient une augmentation de 6 pour cent (part combinée du budget de 4,5 milliards de dollars). C’est une augmentation par rapport aux 4 % reçus par ces secteurs l’an dernier. Le gouvernement réaffirme son engagement à ajouter trois millions d’heures de préposés aux services de soutien à la personne sur trois ans, élargissant la proportion de soutien aux soins cliniques offerts par les CASC. Comme nous l’avons noté au début de la semaine, les soins cliniques offerts dans les CASC connaissent un déclin depuis quelques temps déjà.

Étrangement, les dépenses diminueront dans le secteur des soins de longue durée. L’an dernier, le secteur avait reçu une augmentation de 2,8 %. Cette année, on parle d’une augmentation de seulement 2 %. On envisage toutefois d’ajouter 250 lits de courte durée dans le secteur pour accueillir jusqu’à 1 500 patients ayant besoin d’un autre niveau de soins en provenance des hôpitaux de l’Ontario.

Par contre, les hôpitaux devront se contenter d’un gel permanent de leur budget de base. Cela ne signifie pas que les hôpitaux ne recevront aucune augmentation – l’augmentation des dépenses ciblées pour les initiatives concernant les temps d’attente, par exemple, s’établiront en moyenne à 1,7 %.

Deb Matthews souligne que ces restrictions dans les hôpitaux sont intentionnelles et font partie du plan visant à transférer davantage de services dans la communauté (comme si les hôpitaux ne faisaient pas partie de la communauté). Mais lorsque nous examinons le type de coupures qui se font dans les hôpitaux, il y a peu de chance que ces services finissent dans un centre d’accès aux soins communautaires de si tôt. Par exemple, dans le Star hier matin, le président de l’association du personnel médical de l’Hôpital de Scarborough a dit que l’hôpital envisageait de fermer deux salles d’opération et un bloc opératoire avec jusqu’à 20 lits et plusieurs services de consultations externes.

Le budget nous donne une idée d’où viendra la prochaine ronde de sous-traitance. Le gouvernement envisage de faire sortir des hôpitaux toute une gamme d’interventions de routine, notamment les coloscopies, dialyses et soins de la vue. Matthews maintient que ces services seront confiés à des cliniques sans but lucratif.

En dépit de la petite somme supplémentaire, les prévisions pluriannuelles relatives aux augmentations moyennes dans le secteur de la santé ont baissé légèrement de 2,1 pour cent par année, sur trois ans, à 2 pour cent. L’augmentation l’an dernier était de 2,45 pour cent.

Tandis que les projections de déficit du gouvernement étaient 5 milliards de dollars supérieures à la réalité pour 2012-2013, Sousa aurait bien fait de nous faire un clin d’œil en nous donnant ses prévisions de déficit de 11,7 milliards pour l’année à venir. C’est le petit jeu auquel se livre chaque année le gouvernement pour nous faire croire que de tels niveaux d’austérité sont nécessaires.

Avec les faibles taux d’intérêt dont bénéficie le gouvernement sur ses emprunts, le déficit de 9,8 milliards de dollars n’ajoutera que peu aux frais d’intérêts (environ 230 millions à un budget de 127,6 milliards de dollars). Les dépenses gouvernementales totales devraient augmenter de 3,6 milliards. Cela ne semble pas être une raison de paniquer étant donné la profonde récession de laquelle l’Ontario est en train de se sortir.

Thomas Walkom, chroniqueur au Toronto Star, note que la Première ministre, « à l’instar de son prédécesseur, Dalton McGuinty, a bu le Kool-Aid métaphorique de la droite, insistant que la seule façon de sortir de ce marasme économique est d’équilibrer le budget de l’Ontario d’ici à 2018 ».

Autres commentaires :

« Le gouvernement a de nouveau refusé de s’engager à dresser un plan global de capacité pour le système des soins de santé ou à fournir de l’information sur la planification du financement pluriannuel des hôpitaux. Les hôpitaux ont besoin de ce type de planification et d’information pour assurer la planification coordonnée du système de santé et la prise de bonnes décisions, et plus particulièrement dans un environnement où les augmentations du financement seront stables ou minimales dans un avenir prévisible. La planification et l’échange d’information est essentielle pour créer un système où les Ontariens obtiennent les soins de santé dont ils ont besoin, lorsqu’ils en ont besoin et de la manière la plus efficace possible. » – Association des hôpitaux de l’Ontario

« Les CASC ne font pas que servir davantage de gens, ils servent de plus en plus de cas vulnérables et complexes avec des besoins accrus en matière de soins. De nombreux patients reçoivent déjà des soins dans un délai inférieur à 5 jours.  Cet investissement nous permettra d’atteindre cet objectif avec encore plus de gens. » – Association des centres d’accès aux soins communautaires de l’Ontario (ACASCO)

« Le gouvernement ne cesse de prétendre que les réductions dans les hôpitaux sont compensées par des augmentations au niveau des soins à domicile, mais ce n’est pas vrai. Les augmentations au niveau des soins à domicile et communautaires sont bienvenues, certes, mais elles ne suffisent pas à compenser pour l’arriéré. Et les services ne sont pas de même mesure (on ne traite pas une crise cardiaque à domicile par exemple), et les augmentations ne suffisent pas pour répondre au déchargement des patients des hôpitaux. » – Coalition de la santé de l’Ontario

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