260 millions de dollars suffiront-ils à rétablir les services cliniques de soins à domicile? Peut-être!

Il s’agit d’un montant important pour les soins à domicile.

Mis au pied du mur par le NPD, le gouvernement Wynne a annoncé la semaine dernière qu’il investirait 260 millions de dollars supplémentaires dans les services de soins à domicile et communautaires en 2013.

Une annonce présentée comme importante puisque c’est le Cabinet de la première ministre de l’Ontario qui a diffusé le communiqué de presse, et non pas le bureau de la ministre de la Santé.

Selon la manière dont ils seront répartis, ces fonds pourraient constituer la plus importante augmentation du financement des soins à domicile depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux, en octobre 2003.

Compte tenu de la définition vague de « soins communautaires », on est en droit de se demander quel montant recevront les centres d’accès aux soins communautaires (CASC) et leurs agences contractuelles, et quel montant sera attribué aux centres de santé communautaire, aux équipes de santé familiale et aux autres organismes de santé communautaire.

Malheureusement, le gouvernement n’indique pas d’où proviendra cet argent, seulement qu’il sera réaffecté d’un autre secteur du budget de la santé. Il est donc possible que cet « investissement supplémentaire » entraîne également une forte augmentation de la demande dans le secteur qui subira les compressions.

Il est probable qu’une partie de cet investissement comprenne les 33 millions de dollars qui ont été annoncés pour les soins de physiothérapie dispensés par les CASC. Cette annonce va à contre-courant de la tendance des dernières années où l’on a diminué le financement de tous les services de soins à domicile tout en encourageant les hôpitaux à réduire ou à supprimer des services. En bout de ligne, de nombreux Ontariens n’ont pas eu d’autres choix que de payer les soins de leur poche ou d’y renoncer.

Entre 2007-2008 et 2010-2011, le gouvernement de l’Ontario a financé presque 100 000 unités de physiothérapie annuelles en moins dispensées par les CASC. Il y a eu également une baisse importante du nombre d’unités d’orthophonie, de diététique et d’ergothérapie. Dans le secteur du travail social, le financement des soins à domicile a été réduit de deux millions de dollars sur quatre ans, entraînant la chute du nombre d’unités de service de 81 669 en 2007-2008 à 52 371 en 2010-2011.

Alors que le gouvernement soutient que les soins à domicile constituent la meilleure façon de dispenser des soins aux patients ayant besoin d’un autre niveau de soins, le nombre d’unités de soins infirmiers à domicile a également baissé pendant la même période de quatre ans pour passer d’environ 5,7 millions d’unités à 5,1 millions à travers la province.

On repassera avec la notion que les coupures dans les hôpitaux visaient simplement à réorganiser les soins de santé.

Malgré tous les beaux discours sur les modifications du financement des soins à domicile, la réalité est qu’on attend toujours des résultats concrets. En 2005-2006, les soins à domicile représentaient 4,47 pour cent du budget de la santé de l’Ontario. En 2011-2012,  ils représentaient 4,47 pour cent – la même chose. Mais entre temps, ce chiffre est en fait tombé en tant que part de financement des soins de santé.

La majeure partie des nouveaux fonds injectés dans les soins à domicile servent à financer les préposés aux services de soutien à la personne, ce qui a permis d’augmenter le nombre d’unités de près de quatre millions entre 2007-2008 et 2010-2011. Toutefois, ils ne remplacent pas entièrement les soins cliniques qui étaient dispensés en milieu hospitalier et que les Ontariens croient maintenant pouvoir recevoir à domicile.

On considère désormais les soins à domicile comme le prochain service essentiel, mais en dépit de tous les beaux discours, les provinces n’ont pas encore joint le geste à la parole. D’un bout à l’autre du Canada, les soins à domicile représentent jusqu’à quatre pour cent des budgets provinciaux de la santé – c’est-à-dire que l’Ontario est effectivement plus généreux que la moyenne. En 2010-2011, la riche Alberta n’a consacré que 2,4 pour cent de son budget aux soins à domicile, et la Saskatchewan, qui est pourtant riche en ressources, légèrement plus de trois pour cent.

Même si ces fonds « supplémentaires ou recyclés » sont bienvenus, nous sommes préoccupés par le fait que la province instaure maintenant des changements aux soins à domicile qui pourraient accroître l’administration et réduire la reddition de comptes.

Nous publierons plus d’information à ce sujet dans les prochains jours.

(Les données figurant dans cet article proviennent de sources gouvernementales parues dans le nouveau rapport, Portraits des soins à domicile au Canada 2013, de l’Association canadienne des soins et services à domicile.)

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s