Grincements de dents : verrons-nous davantage de PDG d’hôpitaux exprimer leurs doléances en public?

On se demande pourquoi si peu de dirigeants d’hôpitaux sont disposés à se porter à la défense de leurs institutions. Il est vrai que, dans le passé, les manifestations publiques de militantisme n’étaient pas toujours appréciées à Queen’s Park, qui a le pouvoir de s’approprier un hôpital et de s’occuper de ses problèmes épineux à sa façon. On se souvient sans doute de l’époque Joe De Mora, à l’Hôpital général de Kingston.
Après une première année de gel du financement de base dans les hôpitaux et avec peut-être une autre surprise dans le budget provincial aujourd’hui même, les dirigeants seront soumis aux pressions énormes de communautés peu désireuses de laisser aller des services de santé – surtout en période économique difficile. Avec l’augmentation des coûts et de la demande à leur porte, un gel représente une réduction réelle importante pour les hôpitaux. La perte d’emplois de haut profil dans les hôpitaux de l’Ontario fait déjà partie du paysage. On se demande à quoi ressemblera l’année deux et qui osera dire quelque chose?

Tandis que certains dirigeants s’amusent à répéter les paroles de Queen’s Park en ce qui concerne la restructuration, d’autres commencent à exercer plus de pression.

David Musyj, de l’Hôpital régional de Windsor, est tellement souvent dans le Windsor Star qu’ils devraient songer à lui donner une rubrique. Musyj est loin d’être réservé dans ses commentaires et n’a pas peur de prendre la défense de son hôpital. Au début du mois d’avril, Musyj annonçait que l’hôpital ajoutait 60 nouveaux lits. Ceci à un moment où le ministère semble plus intéressé à supprimer des lits qu’à en ajouter de nouveaux. C’est particulièrement remarquable compte tenu de la nouvelle formule de financement qui punit les hôpitaux des régions économiquement désavantagées, parfois aux prises avec un exode. Et Windsor en fait partie.

Le Centre de santé Bruce Grey Sud a dû pousser un soupir de soulagement lorsque Paul Rosebush a succédé à l’ancien PDG. Les problèmes du CSBGS ont joui d’une attention considérable dans ce blogue et dans les médias locaux.

Rosebush a reconnu que le CSBGS n’était pas gâté avec la nouvelle formule de financement venant de Queen’s Park. Le CSBGS est composé de quatre petits hôpitaux ruraux éparpillés dans les comtés de Grey et Bruce. Les petits hôpitaux devaient être exemptés de la nouvelle formule de financement provinciale, qui se fie largement aux volumes pour établir ce qu’un hôpital doit recevoir. Rosebush fait valoir que ses quatre hôpitaux ont été injustement pénalisés parce qu’ils travaillent ensemble sous une même enseigne. Tandis que le CSBGS devrait pouvoir équilibrer son budget 2012-2013, la formule de financement placera vraisemblablement la corporation hospitalière avec un déficit de 700 000 $ d’ici à la fin de ce nouvel exercice. Recevant déjà l’appui du RLISS du Sud-Ouest, Rosebush a envoyé une note de service à son personnel cette semaine leur disant que le sous-ministre adjoint lui avait dit de ne procéder à aucune réduction importante au niveau des programmes et services avant que l’hôpital en sache plus à propos de son appel. Il s’agit là certainement de bonnes nouvelles.

Est-ce une nouvelle « glasnost » pour les dirigeants d’hôpitaux ou est-ce que Musyj et Rosebush font l’exception?

Si le budget d’aujourd’hui apporte d’autres mauvaises nouvelles, il est bien possible que d’autres aussi commencent à montrer leurs dents autour de Queen’s Park.

Guettez la publication prochaine de notre analyse de l’aspect des soins de santé du budget provincial dans Diablogue.

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