On devrait penser à améliorer le système de santé public plutôt qu’à défendre le statu quo

Dr Danielle Martin a pris la parole dans le cadre de la conférence Étudiants pour le régime public le 27 avril dernier

Dr Danielle Martin a pris la parole dans le cadre de la conférence Étudiants pour le régime public le 27 avril dernier

Selon Dr Danielle Martin, c’est un « piège ».
Les adversaires du régime public affirment que la privatisation ou les soins de santé à deux vitesses permettront de résoudre les problèmes au sein du système des soins de santé canadien.
Le piège est de se faire prendre à défendre le statu quo dans ce débat.
Présidente de Médecins canadiens pour le régime public, Martin, qui était à la conférence Étudiants pour le régime public (Students for Medicare) samedi dernier, a affirmé que nous devrions défendre l’amélioration du système de santé public plutôt qu’un système qui s’est montré déficitaire.

« Qui pense qu’ajouter aux attentes soit acceptable? », a-t-elle demandé aux participants.

Martin affirme que l’utilisation accrue par tous les âges du système des soins de santé plutôt que le vieillissement de la population ou la croissance démographique est responsable de l’augmentation des coûts.

« Plus de médecins, diagnostics et médicaments – sommes-nous en meilleure santé pour autant? », a-t-elle demandé.

Après avoir réfuté le mythe de l’insoutenabilité – les dépenses de santé par rapport à la taille de l’économie sont demeurées relativement stables au Canada – Martin affirme que le comportement des médecins est responsable d’une grande partie de ces coûts. Il est évident que les médecins devraient participer aux discussions sur la hausse des coûts.

Cependant, le Canada se distingue aussi en ce qui concerne la proportion de notre système de santé qui reste entièrement privée. Soixante-neuf cents seulement sur chaque dollar investi dans la santé est dépensé publiquement. Tandis que nos dépenses de santé privées et publiques combinées sont, par habitant, au sixième rang des pays membres de l’OCDE, le montant dépensé publiquement est bien inférieur.

Cet élément privé inclut une proportion importante de médicaments d’ordonnance, un aspect où le Canada, selon elle, n’est pas loin des États-Unis.
Selon elle, le système américain est à quatre vitesses, avec le régime américain public (pour les personnes âgées et les pauvres), l’Administration des anciens combattants (qui ressemble au système de santé national britannique), l’assurance-maladie des employeurs et le quatrième, qui regroupe 50 millions d’Américains sans couverture. L’expérience varie radicalement selon le système.
« C’est quasiment la même chose au Canada pour la couverture des médicaments », ajoute-t-elle.

Près d’un Canadien sur cinq n’a pas d’assurance-médicaments. Une personne sur dix ne prend pas ses médicaments tel que prescrits à cause du coût.

Les coûts d’un régime à payeurs multiples sont beaucoup plus élevés qu’un régime public à payeur unique. L’administration de la plupart des régimes de santé provinciaux se monte à 1,3 pour cent des dépenses de santé totales. Ce chiffre se compare aux 13,2 % pour les régimes du secteur privé.

L’administration des soins de santé aux États-Unis est estimée à 31 pour cent des dépenses de santé totales.

Et qu’en est-il des soins de santé à deux vitesses? Les riches soutiennent qu’ils pourraient libérer leur portion du système public si un deuxième régime existait pour eux.

Un participant à la conférence a fait valoir que les riches devraient être en mesure de dépenser leur argent comme ils veulent.

Martin a fait remarquer que les professionnels de la santé n’abondent pas au Canada et que très peu d’entre eux sont sous-utilisés.

Par conséquent, un deuxième niveau contribuerait plutôt à réduire la disponibilité du premier. Lorsque l’Australie a introduit son système à deux vitesses, on a vu les attentes au niveau du régime public augmenter dans les régions du pays où les soins de santé de deuxième niveau étaient plus nombreux.

« Chaque système de santé rationne les soins », a-t-elle encore dit. La question essentielle qu’on se pose est la suivante : allons-nous rationner les soins en fonction des besoins ou de l’aptitude à payer?

Tandis que les riches peuvent vouloir dépenser leur argent pour accéder plus rapidement aux soins, les tribunaux ont reconnu que c’est un échange entre droits individuels et collectifs.

Elle dit qu’alors que le Dr Brian Day, l’ancien président de l’Association médicale canadienne, a suggéré que certains chirurgiens n’hésiteraient pas à travailler de plus longues heures pour créer ce deuxième niveau, ils ne travaillent pas seuls et ils ont besoin de professionnels pour les appuyer dans leur travail, et bon nombre de ceux-ci sont peu nombreux.

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