Une réponse concrète aux coupures dans les services de physiothérapie – la province élargit enfin l’accès aux soins communautaires

Après avoir considérablement réduit les services de physiothérapie aux patients externes dans les hôpitaux de l’Ontario, le gouvernement fait finalement marche arrière.

D’après le ministère de la Santé, il s’agit d’un investissement majeur dans les soins communautaires de physiothérapie, ainsi que dans les séances d’exercice et de prévention des chutes qui profiteront à jusqu’à 218 000 personnes de plus.

Les réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS) recevront 10 millions de dollars de plus afin de procurer des séances de prévention des chutes et d’exercice à 68 000 personnes âgées supplémentaires. Cette somme s’ajoute aux 44,5 millions de dollars de financement qui permettront de procurer des soins de physiothérapie dans des établissements communautaires à 90 000 autres personnes âgées et patients admissibles.

Ces établissements communautaires pourraient englober les équipes de santé familiale, les cliniques dirigées par du personnel infirmier praticien et les centres de santé communautaire.

Avec 68,5 millions dollars, les foyers de soins de longue durée recevront la plus grosse part du financement pour procurer des soins de physiothérapie individuels à leurs pensionnaires.

Les centres d’accès aux soins communautaires (CASC) recevront également 33 millions de dollars afin de réduire la liste d’attente pour les services de physiothérapie à domicile et procurer des soins à quelque 60 000 personnes de plus.

Bizarrement, le Ministère mentionne dans son communiqué que « Jusqu’à présent, un petit nombre de sociétés à but lucratif avaient le contrôle presque exclusif de la prestation de la physiothérapie financée par les deniers publics ».

Quoi?

Aurait-il déjà oublié les 50 pour cent d’hôpitaux qui ont récemment réduit les services de physiothérapie aux patients externes?
Bien qu’il soit bon de voir que la physiothérapie sera intégrée dans plusieurs autres établissements, il est important de souligner qu’un bon nombre de ces établissements sont déjà des entreprises privées à but lucratif. On ne précise pas si les physiothérapeutes viendront de foyers de soins de longue durée (à but lucratif ou interne?), mais on sait que plus de la moitié des lits de soins de longue durée financés par les deniers publics en Ontario sont déjà entre les mains d’entreprises privées à but lucratif.

Une suggestion! Si le gouvernement souhaite élargir les soins de physiothérapie financés par les deniers publics et dispensés par des organismes à but non lucratif, pourquoi ne laisse-t-il pas les CASC embaucher directement les physiothérapeutes pour faire ce travail? Plusieurs CASC ont déjà leurs propres physiothérapeutes parmi le personnel. Nombre d’entre eux sous-traitent le travail – vous le devinez – à ces mêmes entreprises à but lucratif, qui inquiètent aujourd’hui la province.

Le gouvernement s’est déjà tiré une balle dans le pied puisque la majeure partie du secteur communautaire à qui il souhaite transférer ce travail est déjà entre les mains d’entreprises privées à but lucratif.

Nous avons déjà abordé ces questions, y compris celles du manque de stabilité pour les professionnels de la santé et du manque de continuité pour les patients. Il est rare que les soins transférés hors du secteur hospitalier se reproduisent entièrement dans le secteur privé.

Si le gouvernement de l’Ontario souhaite vraiment favoriser les soins communautaires financés par les deniers publics et dispensés par des organismes sans but lucratif, il doit commencer par examiner le secteur dans son ensemble afin de savoir qui assurera vraiment la prestation du service en bout de ligne.

Le nombre exact de services de physiothérapie qui ont été coupés dans les hôpitaux de l’Ontario étant toujours inconnu, il est impossible de savoir si le gouvernement remplace tous les services disparus, seulement une partie des services, ou s’il élargit l’accès aux services pour de bon. Étant donné les compressions qui touchent le secteur hospitalier actuellement, la situation reste floue.

Finalement, malgré toutes nos critiques concernant le transfert et les réductions de financement des services de physiothérapie, une réponse concrète est toujours bonne à prendre.

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