Une des raisons pour lesquelles les professionnels de la santé se montrent toujours plus réticents à travailler dans des organismes communautaires

La fermeture d’un hospice de huit lits à Toronto fait à peine sensation dans la communauté des soins de santé. Et pourtant!
L’hospice Perram House n’est pas assez important pour faire la une des journaux, mais sa fermeture symbolise la raison pour laquelle les politiques du gouvernement sur le transfert des services à des fournisseurs au sein de la communauté sont tellement imparfaites.

La Perram House a donné à ses employés un préavis de deux jours pour la fermeture de l’hospice. Jusqu’à ce point, rien n’indiquait que l’employeur envisageait de fermer ses portes.

Nous ne savons pas quand le RLISS du Centre de Toronto en a entendu parler, mais on nous a dit que trois des patients avaient été transférés à l’Hôpital Grace et que deux autres recevaient désormais les services d’un Centre d’accès aux soins communautaires à domicile. Ils ont peut-être l’impression d’avoir fait leur travail.

Huit lits d’hospice, disparus. Ce n’est pas ainsi qu’on devrait planifier au sein du système de santé. Il n’y a pas eu de consultations publiques. On n’a pas évalué les besoins. L’hospice ferme ses portes parce que l’entreprise à but lucratif privée qui dirige le conseil d’administration de la Perram House a décidé de le faire.

Le conseil d’administration de la Perram House n’a donné aucune explication pour cette fermeture soudaine.

Nous savons ce qui s’est passé : après huit ans de gels salariaux, les travailleurs avaient décidé de se joindre à un syndicat – notre syndicat. Au cours des négociations, la Perram House avait offert à ses employés une autre réduction de salaire. Ils auraient mieux fait de les envoyer se promener tout de suite! Un vote de grève est intervenu et c’est alors que le conseil d’administration de la Perram House a décidé de fermer ses portes.

Peut-on s’étonner que les travailleurs d’hôpitaux ne se bousculent pas aux portes de ces organismes communautaires? Peut-on s’étonner que les travailleurs résistent à transférer les services des hôpitaux dans la communauté?

Si Deb Matthews, notre ministre de la Santé, ne l’avait pas encore compris, elle devrait en tirer une bonne leçon maintenant. Il n’y a plus de doute!

Et où est-ce que ces patients sont allés? La plupart d’entre eux ont été renvoyés dans un hôpital. Est-ce vraiment là où ces patients et leurs familles veulent être?

Comment le gouvernement a-t-il protégé les travailleurs dans cette situation? Il ne les a tout simplement pas protégés. Il est clair que le RLISS du Centre de Toronto ne s’est inquiété que du transfert des patients.

Le RLISS a dit qu’il finançait indirectement la Perram House par l’entremise du CASC. Ils recevaient aussi des fonds du ministère de la Santé. Le RLISS n’avait pas d’entente de responsabilité avec la Perram House, mais le CASC en avait une avec le RLISS. Le RLISS aurait pu essayer de trouver un autre exploitant avec le CASC et la Perram House. Il ne l’a pas fait.

Nous ne sommes pas des dinosaures qui cherchent simplement à protéger leur territoire. Nous représentons les travailleurs dans les hôpitaux et d’autres organismes communautaires. Nous sommes un des premiers syndicats en Ontario qui aient organisé des équipes de médecine familiale.

Si nous voulons que les travailleurs acceptent de travailler dans ce secteur, il faut les traiter mieux que ça. Les patients doivent être traités mieux que cela.

Sinon, les réformes mal réfléchies du gouvernement se heurteront à une résistance toujours plus grande.

Si le gouvernement veut la stabilité dans ce secteur, il doit s’interroger lorsqu’une entreprise à but lucratif privée prend les rênes d’un organisme de bienfaisance comme la Perram House.

Les RLISS doivent faire preuve d’une régularité accrue dans la protection des services. Le RLISS du Centre Est n’a pas hésité à le faire pour le Liberty Housing and Support. Le RLISS du Centre de Toronto semble n’accorder aucune considération aux travailleurs, patients et familles de la Perram House.

Si les RLISS sont censés être des organes de planification, les services publics de soins de santé doivent être entre les mains d’exploitants fiables et stables, et non pas servir de pantins à de grandes entreprises qui cherchent à blanchir leur réputation auprès du public.

Si Deb Matthews veut que davantage de services de santé soient offerts dans la communauté, il va falloir qu’elle examine de près la façon dont ce secteur fonctionne et qui en sont les exploitants.
Elle pourrait peut-être commencer par rencontrer ces travailleurs qui se rassemblent aujourd’hui même devant les bureaux de Procom.

Vous êtes furieux et voulez faire quelque chose? Joignez-vous au rassemblement des employés de la Perram House, aujourd’hui même, de 11 h 30 à 13 h 30, devant les bureaux du siège social de Procom, au 2200 de la rue Yonge (près d’Eglinton).

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