Tandis que la Russie interdit le paiement des dons sanguins, on nous envoie nous promener

Oh la la! Même la Russie est plus raisonnable que le Canada en ce qui concerne le paiement des dons de sang.

Tandis que Santé Canada fait une pause et organise une table ronde sur la question à Toronto cette semaine (à laquelle nous n’avons pas été invités), la Russie interdit désormais le paiement des dons de sang, sauf là où les composants sanguins et groupes sanguins sont rares.

Au Canada, la question est arrivée à ébullition ces six dernières semaines après que les médias aient découvert que Toronto était sur le point d’ouvrir deux centres de don de plasma privés qui paieraient 20 $ le don. Un troisième est également prévu pour Hamilton. C’est clairement un changement majeur dans la façon dont nous gérons les dons de sang au Canada, et aucun débat n’a été prévu à ce sujet (si ce n’est dans notre petit BLOGUE). Cette décision va aussi à l’encontre des recommandations de la Commission Krever et de l’Organisation mondiale de la santé.

Au centre de ce débat l’an dernier, nous sommes un peu froissés de nous voir mis sur la touche maintenant. Pour Santé Canada, les syndicats peuvent attendre pour faire leurs présentations plus tard.

C’est évidemment le même ministère de la Santé qui, après avoir inspecté l’usine Sandoz de Boucherville, au Québec, n’avait trouvé aucun problème, la même usine à laquelle la FDA des ÉTATS-UNIS avait un peu plus tard demandé de résoudre ses problèmes ou d’arrêter de vendre son produit au sud de nos frontières.

Tandis que Sandoz savait depuis longtemps qu’il devait interrompre la production, il avait omis d’avertir Santé Canada, entraînant ainsi d’importantes pénuries de drogues intraveineuses dans les hôpitaux partout au Canada.

Il faut noter qu’une fois qu’on a ouvert la porte au paiement des dons, comme ce fut le cas en Russie, il est très difficile de revenir en arrière.

Selon ITAR-TASS, les donneurs de sang à Moscou recevaient 650 roubles (environ 20 $ canadiens) pour chaque décilitre (33 oz) de sang donné (notons qu’une personne pouvait donner de 4 à 5 dl de sang à chaque visite).

Les plaquettes étaient estimées à 4 500 roubles (environ 140 $ canadiens) et les érythrocytes à 6 000 roubles (environ 190 $ canadiens). Les donneurs recevaient aussi 1 000 roubles (environ 30 $) pour de la nourriture d’appoint.

Mais les Russes n’appréciaient guère de payer pour du sang qui, souvent, devait être jeté, faisant remarquer que de nombreux donneurs tombaient dans la catégorie des donneurs « à risque ».

Tandis que la Russie estime avoir pris une bonne décision en se joignant aux autres pays qui interdisent le paiement des dons de sang (alors que nous allons dans le sens contraire), elle craint d’avoir contribué au développement d’une culture où les gens ne donneront du sang que si on les paie. On craint que la situation conduise à une pénurie de produits sanguins essentiels.

On peut désormais se demander si la Société canadienne du sang n’a pas encore compris cette dynamique. Elle est restée remarquablement silencieuse sur ces cliniques de dons payants, malgré qu’elle soit au courant de leur existence au moins depuis aussi longtemps que nous.

Il y a certainement aussi une bonne leçon à tirer ici. Santé Canada, écoutez-vous vraiment? Je sais, je sais, nous pouvons déposer notre soumission… plus tard.

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