Secrets : La responsabilité des cocktails de chimio dilués est-elle liée à un contrat secret?

Qui est responsable de la dilution des mélanges de chimiothérapie administrés à plus de 1 000 patients cancéreux depuis février 2012? Et l’apprendrons-nous vraiment un jour avec tous les secrets bien gardés qui entourent cette histoire?

La nouvelle a fait la une des journaux cette semaine et le blâme est jeté un peu dans toutes les directions.

Au moins deux des hôpitaux concernés se sont déjà réaccaparé la préparation du cocktail – le Centre de santé Lakeridge, de la région de Durham, et l’Hôpital régional de Windsor ont déclaré pouvoir le préparer eux-mêmes.

Le Centre des sciences de la santé de London a également dit avoir la capacité de préparer les médicaments à l’interne, mais Tony LaRocca, vice-président du centre, a mentionné au London Free Press qu’ils font faire le travail à l’externe parce que c’est « plus pratique et plus efficace ».

A-t-il vraiment dit cela sans broncher et sans cligner des yeux face à toutes les questions que les patients de London et leurs familles doivent se poser aujourd’hui?

Tous les hôpitaux concernés font leurs achats groupés par l’intermédiaire de Medbuy, qui appartient à ses hôpitaux membres dans trois provinces. Les achats groupés comprennent les produits pharmaceutiques.

Sur le site Web de Medbuy, on lit que « les membres participent activement et ont travaillé au développement de critères spécifiques en ce qui concerne la manipulation et l’administration sécuritaires des médicaments utilisés en chimiothérapie, ainsi que les exigences en matière de conditionnement et d’étiquetage ».

La question reste à savoir si ces exigences faisaient partie des dispositions du contrat entre Medbuy et Marchese Hospital Solutions?
Comme c’est le cas avec de nombreux contrats de soins de santé conclus avec le secteur privé, les détails restent secrets.

Marchese dit qu’ils n’ont rien fait de mal, affirmant au Toronto Star que les médicaments avaient été administrés d’une façon qui n’était « pas conforme aux termes du contrat » – ce même contrat que le public ne peut commodément pas consulter.

Pourtant les médias laissent croire que le problème en était un d’erreurs d’étiquetage et de malentendus. Si c’est le cas, Marchese aurait-il dû avoir mentionné par écrit que le contenu de l’étiquette devait correspondre au contenu du mélange?

Les hôpitaux blâment tous Marchese pour cet échec, comme d’ailleurs deux cabinets d’avocats du Sud de l’Ontario qui ont déjà été retenus pour s’engager dans un recours collectif contre la compagnie.

Et pourtant, personne ne peut dire de façon certaine si ces patients ont été affectés d’une façon ou d’une autre par ces doses plus faibles. Le Centre de santé de Lakeridge maintient que ses relations avec Marchese n’ont pas duré assez longtemps pour voir un impact – apparemment la plupart des 34 patients du centre n’auraient reçu que deux doses de ce cocktail.

À London, où 665 patients ont reçu le cocktail depuis mars 2012, ou à Windsor, où 290 patients l’ont reçu depuis février 2012, les familles se demandent franchement si ces doses plus faibles ont joué un rôle quelconque dans l’issue finale du traitement.

Comme d’habitude, la ministre de la Santé, a dit qu’elle avait ordonné la tenue d’une enquête par l’Ordre des pharmaciens de l’Ontario et qu’elle prendrait « toutes les mesures qui s’imposent pour faire en sorte que cela ne se reproduise plus ». Compte tenu de tous les récents échecs en matière de prestation privée de soins de santé publics, elle pourrait peut-être songer à enregistrer cette réponse de façon permanente dans le message de sa boîte vocale!

Entre temps, les néo-démocrates réclament une enquête ministérielle avec rapport public complet.

S’il est un héros incontesté dans tout cela, c’est le technicien en pharmacie qui a constaté le problème lorsqu’on a commencé à utiliser le cocktail Marchese à Peterborough en mars dernier. Grâce à lui, un seul patient à Peterborough a reçu une de ces doses plus faibles. Il est bon de mentionner que les techniciens en pharmacie de Peterborough sont représentés par le SEFPO.

Les médicaments dilués ont partagé la une avec le rapport du Comité sénatorial, lequel exige de Santé Canada une surveillance accrue des médicaments.

Le Comité sénatorial a fait remarquer des problèmes tout particuliers en ce qui concerne le secret entourant les renseignements communiqués à Santé Canada, à savoir si les médicaments sont dangereux, mortels ou n’ont pas d’effet.

Et si cela ne suffit pas, le Toronto Star a rédigé un article cette semaine sur le cas étrange d’un bébé prononcé mort à l’Hôpital régional Humber River, lequel aurait commencé à gigoter peu de temps après avoir été recouvert d’un drap. Le rapport de l’hôpital – oui, vous l’avez deviné – est secret, protégé par la Loi sur la protection des renseignements sur la qualité des soins.

Autant que les politiciens aiment parler de reddition de comptes, cela risque de s’avérer difficile avec les fournisseurs de soins de santé privés à but lucratif et à but non lucratif qui sont protégés par les lois sur le maintien du secret. Cela ne présage rien de bon pour le public avec la menace d’une privatisation toujours plus importante des services de santé publics qui nous pèse dessus.

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