Selon le CCPA, la récession plutôt que l’excès de dépenses est responsable des 12,4 milliards de dollars en recettes fiscales perdues

Même si les effets de la récession persistent en 2013, l’Ontario en est officiellement sorti en 2009.

Le Centre canadien de politiques alternatives estime que la « grande récession » de 2008-2009 et la lente reprise a fait dévier l’économie ontarienne de 70 milliards de dollars. C’est une perte de 12,4 milliards de dollars en recettes annuelles pour le gouvernement – un montant supérieur à notre déficit actuel.

Les programmes d’austérité n’ont rien donné de bon dans les autres juridictions, et pourtant, le gouvernement Wynne a décidé de rester sur cette voie, avec tous les impacts que cela implique pour les services publics, soins de santé compris.

En raison des profondes coupures apportées aux dépenses publiques par le gouvernement Cameron, le Royaume-Uni en est maintenant à sa troisième récession. Est-ce possible que l’insistance de nos gouvernements fédéral, provincial et municipaux à maintenir le cap sur l’austérité nous entraîne en territoire négatif, avec un impact tant sur le secteur public que sur le secteur privé?

Traditionnellement, on relance l’économie pendant les années de vache maigre et on se débarrasse des déficits lorsque la situation se rétablit. En 2003, le gouvernement conservateur a laissé un déficit surprise à l’Ontario de 5,5 milliards de dollars. En dépit de réinvestissements considérables dans le secteur public, y compris dans le domaine de la santé, la province a réussi à se tirer de ce déficit et à fonctionner avec un budget équilibré trois années de suite.

Les gouvernements provincial et fédéral se sont servis de la relance pour nous protéger contre la pire des récessions suite à la crise économique mondiale de 2008, catapultant les comptes publics dans le rouge. Maintenant que l’économie montre à nouveau des signes de ralentissement, les deux niveaux de gouvernement vont-ils coordonner leur réaction?

Selon bien des gens, le manque de coordination entre les gouvernements fédéral et provincial avait été responsable de la prolongation inutile de la grande récession du début des années 1990 en Ontario.

Nous saurons jeudi quelles sont les intentions du gouvernement fédéral. Les économistes bancaires ont déjà dit au ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, de relâcher les rennes de l’austérité vu la faiblesse de l’économie. Les économistes du secteur privé ont projeté une croissance de 1,5 pour cent pour cette année. La Banque royale est plus optimiste, avec des prévisions d’une croissance de 2 pour cent.

Pour la plupart d’entre nous, c’est comme si la récession de 2008-2009 n’avait jamais pris fin.

Le CCPA fait remarquer que nous n’avons pas encore recouvré les niveaux d’emploi pré-récession dans la province. Au plus fort de la récession, le taux d’emploi en Ontario était passé de 63,5 pour cent à 61 pour cent. Avec le programme de relance des gouvernements fédéral et provincial, ce taux était remonté légèrement, atteignant 61,6 pour cent en 2011. Après ça, nous avons eu deux budgets d’austérité consécutifs, qui ont ramené l’emploi à 61,3 % – à peine plus que le niveau atteint pendant la récession.

« Cela signifie que les emplois créés dans l’économie ontarienne n’ont même pas suffi à suivre le rythme de la croissance démographique dans la province – et a fortiori à réparer les dommages causés par la récession », ont écrit Trish Hennesy et Jim Stanford dans le rapport du CCPA intitulé More Harm Than Good: Austerity’s Impact in Ontario. Le rapport a été publié lundi.

En dépit du rôle que joue Toronto à titre de moteur économique de la province, le chômage a augmenté plus vite dans la métropole que dans le reste de la province. Entre 2008 et 2009, le taux de chômage dans la ville a passé de 6,9 % à 9,4 %. Aujourd’hui, ce taux s’est à peine amélioré, à 8,6 %.

Un redressement inégal se traduit également par une inégalité croissante, menaçant non seulement la stabilité de la relance économique, mais soulevant des questions sur la justice économique et la qualité de vie de la majorité des citoyens de la province. Comme nous l’avons vu aux États-Unis récemment, il menace également les racines démocratiques sur lesquelles la nation a été construite.

Ce mois, le SEFPO a écrit à la Première ministre Kathleen Wynne pour demander que le gouvernement applique une sorte de filtre d’égalité au processus décisionnel entourant le budget provincial cette année.

Le « test d’équité » serait appliqué au processus budgétaire, établissant si les changements élargissent ou rétrécissent l’écart des revenus.

Le « test d’équité » serait développé et appliqué par le ministère des Finances et joint à titre de document public au budget.

L’idée est issue de la Commission sur la qualité des services publics et l’équité fiscale créée l’an dernier par la Fondation des services publics du Canada.

Tandis que les gouvernements n’ont parlé que du bout des lèvres des problèmes d’inégalité, ils n’ont pas fait grand-chose pour quantifier le problème ou fixer des cibles de réduction.

Le peuple ontarien est en droit d’être très inquiet. Selon le CCPA, l’Ontario est en deuxième position derrière l’Alberta en ce qui concerne l’inégalité des revenus au Canada, et le Canada grimpe vite les échelons des pays les plus inégaux. Selon le Conference Board du Canada, notre pays a passé de la 14e à la 22e position en matière d’égalité des revenus parmi les 32 pays qui forment l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Depuis les années 1990, les niveaux d’inégalité au Canada ont augmenté plus rapidement qu’aux États-Unis.

Le 1 % de la population ontarienne considéré riche gagne aujourd’hui en moyenne 16 fois plus que la personne au plus bas de l’échelle des 90 pour cent restants. Selon Statistique Canada, il y a 30 ans, ce rapport était de 10.

Le CCPA fait remarquer que les dépenses de programmes en Ontario ont baissé de 1 pour cent du PIB (qui mesure la taille de l’économie) entre 2009 et 2012.

Le rapport publié par le CCPA lundi estime que de telles réductions fiscales pourraient faire tomber le PIB en Ontario de trois pour cent au cours des deux prochaines années – presque le même pourcentage perdu par l’économie en 2008 (3,1 %).

Pour le CCPA, la solution est une reprise totale de l’emploi, la réduction de l’inégalité des revenus et de la pauvreté et l’investissement dans l’infrastructure publique.

Et on ne peut pas y parvenir en supprimant des milliers d’emplois dans le secteur public.

Si le gouvernement Wynne veut se distinguer du gouvernement McGuinty, il doit porter attention à ce qui se passe et repenser la voie que Dwight Duncan et Dalton McGuinty ont tracé pour nous.

 

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