Le gouvernement Wynne va-t-il rebrousser chemin?

Les médias n’en ont pas fait un plat, mais la semaine dernière, les grosses banques ont demandé à Jim Flaherty, le ministre fédéral des Finances, de lever le pied des freins en ce qui concerne les dépenses du secteur public.

Les banques disent qu’avec une économie en perte de vitesse, ce n’est vraiment pas le moment d’imposer d’autres compressions. Évidemment, cela pourrait retarder l’objectif fédéral de réduire sa dette de 26 milliards de dollars de 5 milliards de dollars par année.

« Peu d’économistes – ou le marché des obligations, un vote peut-être plus essentiel – critiqueront le Canada si d’ici deux ans, au lieu d’avoir un budget équilibré, nous avons un déficit de 2 ou 3 milliards de dollars », a déclaré Avery Shenfeld, économiste en chef à la CIBC, au  Toronto Star la semaine dernière.

C’est une rare rencontre des volontés – le Centre canadien de politiques alternatives, qui soutient que la croissance économique est plus importante en ce moment que le déficit, a livré le même message.

Les économistes du secteur privé prévoient un ralentissement économique au Canada de 1,5 % pour 2013.

Si les économistes de partout disent cela à Flaherty, alors, le gouvernement de l’Ontario doit lui aussi recevoir le même message. C’est important, car si les provinces et le gouvernement fédéral rament dans des directions opposées, leurs initiatives finiront par s’annuler les unes les autres.

Vous pouvez également parier que le nouveau ministre des finances de l’Ontario, Charles Sousa – issu de l’industrie des banques – est également à l’écoute de ses anciens collègues.

Au beau milieu des coupures dans les hôpitaux communautaires de toute la province, ce pourrait être une petite lueur d’espoir. Le dernier budget de l’ex-ministre des Finances de l’Ontario, Dwight Duncan, traçait un chemin de cinq années de compressions importantes. L’année est passée et les avertissements des effets du freinage fiscal – l’impact de la suppression de milliers d’emplois bien payés au sein du secteur public – s’avèrent fondés.

La saison budgétaire est particulièrement difficile pour les hôpitaux de l’Ontario, qui subissent les répercussions d’un gel de leur financement de base.

Hier, nous étions à Ottawa avec les coalitions de la santé de l’Ontario et canadienne pour expliquer aux médias que les coupures infligées à l’Hôpital d’Ottawa ne sont ni méthodiques, ni planifiées et ni sans impact pour la communauté. La suggestion que de nombreuses procédures sous le couperet finiront dans des cliniques privées à but lucratif est contraire aux garanties précédentes de la ministre de la Santé qui disait que les services hospitaliers seraient transférés à des fournisseurs de soins de santé sans but lucratif.

Le Réseau local d’intégration des services de santé de Champlain ne fait guère preuve de diligence raisonnable. Aucun plan n’est transparent – L’Hôpital d’Ottawa semble improviser au fur et à mesure. L’histoire change en fonction des dirigeants avec lesquels les représentants syndicaux parlent. Les travailleurs nous disent qu’ils attendent de savoir qui d’autre sera licencié suite à un rapport attendu sur les services de consultations externes offerts à l’hôpital. Le RLISS refuse aussi de traiter les transferts de services présumés comme une décision d’intégration, soutenant que l’hôpital ne fait que suivre son entente de responsabilité. Chantale LeClerc, PDG du RLISS, est satisfaite des garanties de l’hôpital, mais aucune évaluation indépendante raisonnable de l’impact de ces changements sur le coût, l’accessibilité ou la qualité des soins n’a été faite.

Il est intelligent de suggérer que c’est une question de restructuration, mais les PDG d’hôpitaux qui nous parlent en privé admettent que l’environnement actuel en est un de compressions dans les services. Ils n’ont guère le choix d’accepter les restrictions financières de Queen’s Park et les pressions des RLISS d’équilibrer leurs budgets – une chose que ni le gouvernement fédéral ni le gouvernement provincial ne semblent capable de faire eux-mêmes.

Il est intéressant de noter que, dans l’attente des éventuelles suppressions d’emplois, les hôpitaux semblent ne pas combler un grand nombre de postes vacants (« gapping »). Le « gapping » est une pratique qui consiste à ne pas combler des postes vacants pour de longues périodes de temps.

Tandis qu’il serait agréable de croire que les responsables des ressources humaines puissent montrer de l’empathie pour les employés à long terme en gardant des postes ouverts pour ceux qui seront déplacés par les compressions, l’incitation financière est également considérable. En facilitant le transfert d’emploi plutôt que la sortie, les hôpitaux, qui n’auront pas à verser des indemnités de fin d’emploi, pourront économiser des sommes importantes.

Cela signifie que l’impact réel de la ronde courante de compressions se fera sentir parmi les jeunes professionnels de la santé en quête d’un emploi. Les jeunes sont plus mobiles dans leurs choix de carrière, ce qui signifie qu’une génération entière de professionnels de la santé formés dans les facultés de médecine de l’Ontario pourraient bientôt se rendre compte que l’herbe est plus verte ailleurs. Les autres provinces ne traitent pas toutes leur système des soins de santé de la même façon que l’Ontario.

Étant donné le vieillissement de la population active, ce pourrait être un problème pour Professions Santé Ontario quand la situation économique s’éclaircit et que les fournisseurs de services de santé commencent à jeter leurs filets sur les travailleurs plus jeunes pour remplacer les milliers de travailleurs partis à la retraite.

La dernière fois que nous avons vu de telles compressions était pendant les années Harris. Et il avait fallu beaucoup d’argent pour réparer les dommages infligés au système. Sommes-nous sur le point de répéter la même erreur?

Les soins de santé ne sont pas un marché. Les gens ne décident pas d’aller à l’hôpital. Vous n’arrêtez pas d’être malade parce que les conditions économiques sont mauvaises; en fait, le stress lié à une économie difficile intensifie la demande sur le système des soins de santé.

Le gouvernement Wynne est-il prêt à faire demi-tour? Dans l’intérêt de notre système de santé, espérons-le.

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