Les groupes de pression du milieu des affaires réfractaires aux impôts en ont assez des intérêts spéciaux (comme nous)

L’Alberta Enterprise Group est un lobby d’entreprises réfractaires aux impôts, dont bon nombre sont impliquées dans le secteur pétrolier de cette province. Son conseil d’administration est entièrement composé d’hommes – blancs, de surcroît.

Prenant la parole dans le cadre d’un récent dîner, Tim Shipton, président de l’AEG, s’est plaint de tous les défis politiques et réglementaires qui les empêchent de contribuer efficacement au développement de l’économie canadienne.

« Le Canada est paralysé par des intérêts spéciaux et par la complaisance », a-t-il dit.

L’AEG, un groupe opposé aux impôts, affirme qu’il faut en finir avec tous ces règlements inutiles et toute cette opposition à ses projets, qui l’empêchent de gagner l’argent qui lui permettrait de payer les impôts (ceux qu’ils n’aiment pas payer) qui vont aux hôpitaux, aux écoles et aux routes. Il s’agit du bien collectif qu’ils disent. Ouais, d’accord!

Ce qui les contrarie vraiment, ce sont ces communautés qui refusent de voir des pipelines énergétiques traverser leurs jardins. Apparemment, les gens qui vivent sur la trajectoire de ces pipelines sont des intérêts spéciaux, tandis que les entreprises qui veulent en tirer un profit le font dans l’intérêt national.

« Ce blocus virtuel interne n’est pas réservé aux salles de conférence du Canada – le problème existe dans nos salles de classe et dans nos hôpitaux », ajoute-t-il, ce qui nous amène à nous demander ce que le groupe AEG a vraiment derrière la tête.

Serait-il possible qu’il considère le soutien public du système de santé comme un obstacle à l’intérêt national? L’éducation publique aussi?

Une telle notion serait ridiculement facétieuse si ce n’était du fait que des groupes comme celui-ci ont l’oreille des politiciens. Leurs idées sont beaucoup plus susceptibles d’être prises en compte par les grands médias sans même qu’un journaliste quelconque se demande comment une bande de riches hommes d’affaires albertains peuvent se permettre à la fois de prétendre vouloir défendre l’intérêt du public et remettre en cause la légitimité d’autres groupes.

Il est également ironique que, dans un même souffle, l’AEG demande un débat national sur l’économie et les emplois et parle des défis politiques réprimant leurs projets.

Par « défis politiques », ne veut-il pas vraiment parler de ces gens qui exercent leurs droits démocratiques?

Le site de l’AEG dresse la liste d’un certain nombre de ses membres, notamment SNC Lavalin, qui, comme nous le savons bien, doit encore répondre à certaines questions plutôt intéressantes sur la conduite de deux anciens cadres impliqués dans le projet de partenariat public-privé avec le Centre universitaire de santé McGill.

Il semblerait que leur conduite n’ait pas été entièrement dans l’intérêt national.

 

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s