Les communautés de Perth et Smiths Falls face à des coupures drastiques à l’hôpital

Cette semaine, deux réunions communautaires sur les coupures à l’Hôpital de district de Perth et Smiths Falls ont attiré beaucoup de monde.

Les deux sites de cet hôpital rural vont subir des coupures particulièrement profondes. L’Hôpital de district de Perth et Smiths Falls cherche à faire des économies de six pour cent, en réduisant principalement les services de santé qui sont procurés à la communauté, y compris la fermeture de 12 lits, six à chaque site.

Ce n’est que le début puisque chaque hôpital est confronté à un budget sur la base zéro qui devrait avoir un impact sur le résultat net d’ici 2016-2017. La situation est pire dans les hôpitaux comme celui de Perth et de Smiths Falls en raison de la mise en œuvre simultanée d’une nouvelle formule de financement qui ne tient pas compte de la demande liée aux facteurs démographiques propres à la région.

La ministre de la Santé et le député local de l’opposition, Randy Hillier, affirment que les services ne sont pas coupés, mais seulement réaffectés.  Mais est-ce vraiment la vérité?

Les coupures frappent les services de physiothérapie où l’équivalent de plus de trois postes à temps plein seront perdus à l’hôpital.

D’après de nombreux rapports provinciaux, les personnes âgées ont de la peine à accéder aux services de physiothérapie publics.

La semaine dernière, c’était au tour du Dr Samir Sinha, responsable provincial de la Stratégie ontarienne pour le bien-être des personnes âgées, de s’inquiéter de la situation.  Le Dr Sinha a demandé davantage de services de physiothérapie publics dans les communautés, mais il faut remonter à 1964 pour trouver la dernière fois où le gouvernement a accordé une licence à une clinique de physiothérapie désignée par l’Assurance-santé de l’Ontario. Deb Matthews, la ministre de la Santé, a gardé le silence sur cette question malgré les coupures dans les services de physiothérapie dans près de la moitié des hôpitaux de l’Ontario au cours de l’année écoulée. En voilà un de plus.

Pour nous montrer que c’est bien une réorganisation générale, Hillier cite pour preuve le nouveau centre médical de Napanee, qui, à plus de 130 km de distance, ne remplacera pas les services perdus pour les résidents de la région de Perth et Smiths Falls.

Hillier minimise les fermetures de lits, disant que l’hôpital a beaucoup de patients qui pourraient être soignés ailleurs. Oui mais où Randy?

En réalité, l’Ontario est l’une des juridictions ayant le plus petit nombre de lits d’hôpitaux par personne, non seulement au Canada, mais également dans la plupart des pays développés (seuls trois pays de l’OCDE en ont moins – le Mexique, la Turquie et le Chili). L’Ontario a éliminé 18 500 lits depuis 1990, ce qui nous place tout en bas de la liste. Il est clair qu’on ne voit aucune intention d’arrêter les coupures. Alors que les services de santé communautaires locaux avaient été présentés comme une alternative, on n’a jamais mis en place les services pour remplacer les lits perdus, sans parler des services qui permettraient de faire face aux nouvelles fermetures de lits.

Lorsque la Commission de restructuration des services de santé du Canada a fixé des objectifs similaires en matière de réduction de lits dans les hôpitaux psychiatriques, c’était à condition que de telles alternatives soient d’abord mises en place. Faisant la sourde oreille, les gouvernements successifs ont continué à fermer des lits d’hôpitaux. Et voilà que même le gouvernement reconnaît aujourd’hui que notre système de santé mentale est loin de pouvoir répondre aux besoins de la communauté — ce qui coûte des milliards de dollars en perte de productivité aux Ontariens. L’Ontario a atteint l’objectif de la Commission pour les fermetures de lits en santé mentale en 2008, mais les coupures se poursuivent, dans le jardin même de la ministre de la Santé, à London (Ontario). D’après le plan de la Commission, les services destinés à les remplacer sont environ la moitié de ce qu’ils devraient être.

La ministre Matthews a été réticente à augmenter le nombre de lits de soins de longue durée malgré les milliers d’Ontariens qui attendent une place. Il y a également une liste d’attente pour les soins à domicile, et il y a peu de chance que ça change puisque les augmentations du financement se limitent à des incréments de 4 pour cent par an. Pour les patients qui ont besoin de soins à domicile plus intensifs, la province introduit de nouvelles règles, qui ne laissent aux centres d’accès aux soins communautaires aucune marge de manœuvre pour décider du nombre d’heures de soins à domicile qu’un patient peut recevoir.  Cela inclut les patients qui reçoivent des soins palliatifs et ceux qui attendent à la maison d’obtenir un lit de soins de longue durée. À notre avis, il s’agit de moins d’options, pas de plus.

Hillier ne croit pas que l’un des deux hôpitaux locaux pourrait éventuellement fermer, disant que les travailleurs des hôpitaux attisent inutilement la peur.

Sans aucun doute, de nombreux citoyens de Shelburne, en Ontario, étaient du même avis. De la même façon, l’hôpital de Shelburne avait été lié à celui d’Orangeville dans le cadre du projet Headwaters Health Care. Shelburne avait fini par fermer, petit à petit, voyant ses services quitter l’hôpital un à la fois. Aujourd’hui, les citoyens de la région se battent vigoureusement pour récupérer leur hôpital.

Ils commencent aussi à se dire qu’il n’y aura pas de réaffectation à Thunder Bay, où le Chronicle Journal affirmait qu’il était temps que le PDG de l’hôpital lise la Loi contre les émeutes au Réseau local d’intégration des services de santé. Le journal a rapporté que mercredi dernier, 27 patients au service des urgences n’avaient pas pu être admis à l’hôpital, car il y avait déjà 17 autres patients sur des civières qui attendaient dans les couloirs qu’un lit se libère. L’hôpital compte apparemment 86 patients ayant besoin d’un autre niveau de soins, mais ils n’ont nulle part où aller et l’hôpital à 375 lits respecte son obligation de prendre soin d’eux. Selon la province, de nouveaux lits de soins de longue durée devraient être disponibles bientôt, mais le journal note qu’ils ne remplaceront que trois foyers de soins de longue durée qui doivent fermer.

Lorsque qu’une pénurie de lits atteint ce niveau, les hôpitaux déclarent habituellement une crise de lits. Cela signifie que leurs patients ont la priorité sur tous les lits de soins de longue durée qui deviennent disponibles, avant les patients souffrant d’une affection aussi aiguë qui attendent depuis des mois à la maison.

Alors que de nombreuses personnes se sont portées volontaires dans le cadre de ces réunions pour élaborer un plan pour sauver les services dans leur hôpital, il est regrettable qu’ils n’aient pas le soutien de leur député provincial local, qui a décidé d’accepter la rhétorique de la ministre de la Santé.

Aussi : Regardez la vidéo intitulée Operation Maple sur la situation économique à Smiths Falls, avec Dave Lundy, du SEFPO. Comme le montrent ces récentes coupures au sein des hôpitaux, il est temps de revoir la direction que nous avons suivie ces 25 à 30 dernières années.

http://www.operationmaple.com/word-on-the-street/small-town-rocked-by-free-trade

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s