Gérer le manque en ce qui concerne les soins de longue durée

Gérer le manque peut prendre beaucoup de temps.

L’Ontario se bat contre toutes sortes de règlements entourant la gestion de la pénurie de lits de soins de longue durée, essayant de trouver des moyens de satisfaire les objectifs parfois contradictoires de libérer des lits d’hôpitaux, rapprocher des époux, loger des anciens combattants, prioriser le placement des clients en situation de crise et placer les gens sur la liste d’attente compte tenu des résultats de leur évaluation.

Tandis que la province n’hésite pas à se vanter d’avoir récemment réussi à réduire de telles attentes, le vérificateur général de l’Ontario (VG) est  clair sur la raison de cette « victoire » – les nouveaux critères d’admission dans les maisons de soins infirmiers excluent entre sept et douze pour cent des demandeurs. À moins que la province n’envisage de continuer de resserrer les critères d’admissibilité, cette réduction ne peut être que temporaire.

La durée moyenne du séjour dans un foyer de soins de longue durée est d’environ trois ans – ce qui signifie qu’entre 25 000 et 76 000 lits se libèrent chaque année. Quelques 32 000 personnes ont leur nom sur la liste d’attente de leur maison de soins infirmiers favorite. Environ 40 pour cent des personnes sur cette liste occupent déjà un lit de soins de longue durée, mais attendent encore d’entrer dans le foyer de leur choix. Selon le  rapport 2012 du vérificateur général, environ 15 % des clients étaient décédés avant d’être admis dans un foyer.

Toujours selon le rapport, la période d’attente médiane était de 94 jours pour les clients en situation de crise, soit à peu près trois mois. Les clients aux besoins modérés attendent de 10 à 14 mois et la plupart des autres clients admissibles peuvent devoir attendre plusieurs années. Un peu plus d’un client sur trois ont été placés dans leur premier choix de foyer. La plupart des gens trouvent cela tout à fait inacceptable.

Une population âgée croissante  génère une augmentation de la demande, mais le gouvernement McGuinty résiste obstinément à ajouter des lits – le nombre de lits a augmenté de seulement trois pour cent entre 2005 et 2012, tandis que les listes d’attente connaissaient une croissance de près de 85 pour cent.  D’autre part, près de la moitié des lits se trouvent dans des foyers plus vieux, qu’il faudra revitaliser au cours de la prochaine décennie. Peu de gens veulent rester dans ces vieux foyers, où l’on compte souvent quatre résidents par chambre.

On a déjà beaucoup parlé des foyers de SLD privés, qui peuvent classer jusqu’à 60 % de leurs lits dans la catégorie « hébergement avec services privilégiés » (vraisemblablement plus rentable pour le propriétaire), alors que 60 pour cent de la demande vise un hébergement standard (subventionné par le gouvernement). Cette dynamique suggère que les personnes âgées mieux nanties peuvent entrer dans un foyer plus rapidement que celles qui sont privées de moyens financiers.

Les lits de soins de longue durée étaient autrefois considérés comme une solution de rechange abordable aux soins hospitaliers. La province examine désormais les autres options au sein de la communauté afin de réduire le coût public des soins de longue durée. On peut se demander si la province envisagera de trouver une solution de rechange meilleur marché aux soins à domicile une fois qu’un pourcentage important de personnes âgées se trouveront dans cette situation. Nous craignons que cette solution de rechange se traduise par une inexistence de soins.

Le VG fait remarquer qu’on dispose d’une certaine marge de manœuvre, mais elle est limitée. Qualité des services de santé Ontario signale qu’en 2010-2011, environ 20 % des résidents des établissements de soins de longue durée auraient pu rester chez eux ou être placés ailleurs dans la communauté. Il est probable qu’alors que de nouveaux résidents arrivent dans le système à des niveaux plus élevés d’acuité (en raison des nouveaux critères d’admission), on doive réduire encore davantage ce nombre. Bien entendu, la province devra faire mieux en ce qui concerne la prestation de soutiens à la vie communautaire pour assurer que ces clients ne sont pas laissés tout seuls à la maison.

Le vérificateur note également qu’on pourrait réduire les listes d’attente en parlant aux clients qui ne sont pas dans le foyer de leur premier choix. Certaines personnes, qui ont noué des liens dans l’établissement qui leur a été affecté, décident de rester là où elles sont plutôt que de déménager encore une fois.

On se demande aussi comment le personnel se débrouille avec la province qui augmente les niveaux d’acuité sans trop de fonds supplémentaires pour refléter la charge de travail accrue. Une telle situation pourrait être au nombre des problèmes de qualité critiques mentionnés par les résidents.

Aussi ambitieux que le Ministère se soit montré pour fournir des options communautaires, il est clair que les listes d’attente déplorables prouvent qu’il reste encore beaucoup à faire. Aussi, le VG fait remarquer qu’entre 2012 et 2021, le nombre de personnes âgées de 75 ans et plus augmentera de 30 pour cent en Ontario. Et si ça ne suffit pas à nous alarmer, les membres de la génération de l’explosion démographique connue sous le nom de baby-boom commenceront à avoir 75 ans en 2021… c’est là que les choses se gâteront vraiment.

Deb Matthews peut rêver tant qu’elle veut de ne jamais avoir à construire une autre maison de soins infirmiers, mais la réalité est bien autre.

Et dans dix ans, cette réalité sera insoutenable.

 

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