Encore des mauvaises nouvelles pour les établissements de diagnostic privés

Ces fichus établissements de santé privés à but lucratif.

Ils ne sont jamais là où on en a besoin. Il est impossible de dire si leurs propriétaires (des médecins) se bourrent les poches avec des renvois inutiles. Leur processus d’assurance de la qualité laisse à désirer. C’est pourquoi le gouvernement a conclu qu’il fallait accélérer le processus de transfert des services des hôpitaux à ce secteur.

Quelques semaines seulement après la série parue dans le Toronto Star mettant en lumière le fait que neuf cliniques privées n’avaient pas passé l’inspection de la qualité du Ministère et que 64 autres avaient passé avec des conditions, le vérificateur général de l’Ontario a ajouté un chapitre dans son rapport 2012 sur les « établissements de santé autonomes ».

Le vérificateur général fait remarquer que dans environ la moitié des municipalités de l’Ontario, certains services de diagnostic aux patients restent insuffisants, et qu’environ 7 % ont toujours été desservies à l’excès entre 2007-2008 et 2010-2011 (exercices financiers).

Pire encore, le Ministère a expliqué que beaucoup de propriétaires d’établissement aimeraient quitter une région moins peuplée pour s’installer dans une région où la population est plus dense.

Où est la valeur? On ne le sait pas d’après le vérificateur général. La moitié de ces cliniques appartiennent ou sont contrôlées par des médecins, dont beaucoup sont des radiologistes. Pourtant, le Ministère n’a pas analysé les tendances des médecins à aiguiller les patients vers leur propre établissement. En outre, beaucoup de patients ne savent pas qu’ils peuvent choisir n’importe quel hôpital ou établissement offrant le service dont ils ont besoin.

Le rapport 2012 fait état d’une étude réalisée en 2009 par l’Association canadienne des radiologistes qui laisse penser que près de 30 % des tomodensitographies et autres examens d’imagerie au Canada ne fournissent aucun renseignement utile ou sont inappropriés.

Est-il possible qu’une partie de ces examens inutiles servent simplement à rembourrer les poches des médecins? En 1990, une étude américaine a révélé que les médecins en Floride prescrivaient trois fois plus d’examens par IRM, deux fois plus de tomodensitographies et cinq fois plus d’échographies lorsqu’ils étaient copropriétaires du service d’imagerie.

Vingt-deux ans plus tard, n’est-il jamais venu à l’idée de l’Ontario de se poser la même question alors que nous coupons sur les services de diagnostic à l’hôpital pour envoyer davantage de patients dans ce secteur?

Ces établissements du secteur privé ont effectué plus de 8,8 millions de services de diagnostic – plus que tous les services en soins ambulatoires réunis, offerts par tous les hôpitaux en Ontario.

L’argent dépensé pour les frais d’établissement payés à ces établissements se monte à 372,6 millions de dollars. Si nos calculs sont corrects, 30 % de ce montant représente 111,78 millions de dollars dépensés inutilement.

Si les médecins de l’Ontario ressemblent davantage à leurs homologues de la Floride, ce chiffre pourrait être beaucoup plus élevé.

Entre temps, le Ministère estime que de tels services coûtent environ de 20 % à 40 % de moins s’ils sont offerts par ces cliniques, mais il envisage d’augmenter les services d’IRM uniquement dans un de ces établissements. Pourtant, les fonds versés par les RLISS pour les examens par IRM dans les hôpitaux ne représentent qu’une petite fraction du tarif que l’on voit pratiqué dans les cliniques privées. À l’heure actuelle, les examens par IRM dans ces cliniques ne représentent qu’un faible pourcentage des examens par IRM effectués dans la province. La plupart de ces examens continuent d’être offerts par les hôpitaux.

Le vérificateur général remet en question le barème des frais lui-même, notant qu’il n’a pas changé depuis 2006 – ayant en fait légèrement baissé. N’ayez surtout pas pitié des propriétaires de ces établissements; la préoccupation soulevée par le vérificateur est que le Ministère ne voit pas de baisse de ces frais comme résultat des technologies nouvelles et plus efficaces utilisées.

En 2004, le vérificateur général a recommandé que le Ministère détermine objectivement le coût actuel de la prestation de chaque type de service et examine la relation qui existe entre le volume de services offerts et les coûts de prestation des services. Le Ministère avait créé un comité sur les services diagnostiques pour se pencher sur la question, mais ce comité avait toutefois été dissout en 2008 avant que ce travail ne puisse être effectué.

En plus des préoccupations soulevées par l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario, le rapport du vérificateur mentionne aussi que le Service d’inspection des installations radiologiques du Ministère n’avait pas inspecté près de 60 % des établissements aussi souvent que nécessaire. Les inspections servent à garantir que l’équipement de radiologie est convenablement blindé pour prévenir l’exposition du personnel et des patients à des rayonnements d’intensité excessive. Le Service d’inspection du ministère n’était même pas au courant que 12 de ces établissements avaient déménagé.

Le rapport du vérificateur général indique que, l’année dernière, le Ministère a entrepris un examen de la facturation des établissements de santé autonomes afin de relever les pratiques douteuses. Cet examen se poursuit.

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