En qui devriez-vous avoir confiance? L’ancienne conseillère du PC choisit les soins de santé privés

Francesca Grosso nous dit qu’elle est experte confirmée en matière de politique sur les soins de santé. Ancienne directrice en politique sur les soins de santé pour le PC, Francesca est aujourd’hui directrice principale chez Grosso McCarthy, une société spécialisée dans les affaires publiques.

Ainsi, lorsqu’elle publie un article dans les pages d’opinion du Toronto Star, comme elle l’a fait dimanche dernier (What’s Behind The Attack On Clinics?), de qui prend-elle vraiment le parti? Qui a payé pour ça?

L’article lui-même est bourré de renseignements erronés sur la prestation privée des soins de santé, ce qui pourrait être embarrassant pour elle d’un point de vue professionnel vu ses soi-disant compétences dans ce domaine.

Elle prétend que les cliniques privées ont souvent bien mauvaise presse depuis la série publiée dans le Toronto Star qui avait révélé que neuf cliniques privées n’avaient pas passé l’inspection de la qualité de l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario.

Elle nous dit qu’il serait difficile de savoir si les hôpitaux auraient fait mieux dans le cadre de telles inspections. Mais nous, nous le savons. Les hôpitaux se soumettent à une procédure d’accréditation tous les trois ans. On pourrait croire qu’une personne qui a travaillé au gouvernement le sait.

Selon elle, il n’existe aucun lien entre la qualité et le type de propriété. Les exemples ne manquent pas. En voici un : Le groupe de travail sur les soins de longue durée du printemps dernier rapporte que les foyers de bienfaisance municipaux sans but lucratif offrent 0,8, 0,4 et 0,14 heures de soins de plus par jour que leurs homologues à but lucratif. C’est considérablement plus de soutien pour les résidents des foyers à but non lucratif.

Elle dit avoir travaillé pour des hôpitaux et des cliniques à but non lucratif et privées. Pour les services assurés, tous facturent le régime d’assurance-santé de l’Ontario (OHIP), pas les patients. Ainsi, on pourrait penser qu’ils se font tous payer la même chose.

Mais ce n’est pas exactement vrai. Les cliniques privées sont incitées à en faire autant que possible, que ce soit médicalement nécessaire ou pas, vu qu’elles peuvent facturer directement le régime d’assurance-santé de l’Ontario. Et ce qui n’est pas couvert par OHIP, elles ne craignent pas de le facturer directement au patient.

Les hôpitaux sont visés par la Loi canadienne sur la santé et ne sont pas autorisés à facturer les services médicaux essentiels. Ils obtiennent un certain montant pour chaque procédure, mais la plupart des services sont couverts en vertu d’un modèle de financement global (un que la province est en train d’éroder).

Pour les laboratoires, la différence est considérable. En vertu de la loi, les hôpitaux ne sont pas autorisés à effectuer des tests de laboratoire récoltés dans la communauté. Ce travail a été confié au secteur privé  à un prix considérablement plus élevé. Les hôpitaux ne facturent pas chaque test de laboratoire. Les laboratoires privés, oui. La différence, selon un rapport d’experts publié en 2008, est d’environ 50 % de plus au privé. En outre, il faut plus de temps pour obtenir les tests de laboratoire envoyés dans des laboratoires privés centraux, plus éloignés, que ceux qui sont faits dans un hôpital communautaire. Grosso ne voit-elle pas cela aussi comme un problème éventuel de qualité?

C’est vraiment rageant de voir Grosso parler des IRM. L’an dernier, les Réseaux locaux d’intégration des services de santé nous avaient appris que les hôpitaux ontariens recevaient 260 $ de l’heure pour les IRM. Les hôpitaux font en moyenne 1,5 IRM par heure. Comparativement, Canada Diagnostics, une compagnie d’IRM privée à but lucratif qui a des cliniques en C.-B., en Alberta et au Québec, nous dit sur son site Web qu’elle demande entre 900 $ et 1 600 $ pour un IRM. MRIExam, une autre compagnie privée qui prétend faire du travail à travers le Canada, y compris pour les Ontariens, facture entre 750 $ et 950 $ pour un IRM.

Grosso affirme que les résultats sont les mêmes, au privé comme au public, mais il est clair qu’il y a une différence très importante dans le coût et dans la catégorie de patients qui peuvent accéder à ces services.

Lorsque vous prenez rendez-vous chez MRIExam, vous devez verser 20 % du coût du service demandé. Si vous annulez, vous perdez votre dépôt. Dans les hôpitaux ontariens? Do you rigole?!!

Les derniers sondages démontrent que les Ontariens se méfient de la privatisation, et plus particulièrement dans le domaine des soins de santé. Et ce n’est pas sans raison.

Grosso nous parle d’intérêts acquis. Les nôtres sont transparents – nous représentons les professionnels et le personnel de soutien qui travaillent dans le système de santé publique chaque jour. Les siens? Pas si transparents que ça.

Ainsi, en qui devriez-vous avoir confiance?

 

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