Hôpitaux : parlons ouvertement des coupures

Face au sous-financement du gouvernement, les PDG des hôpitaux devraient-ils parler ouvertement des conséquences ou, sans rien dire, trouver des moyens de couper sur les services les moins visibles pour le public?

Pour la première fois depuis l’ère Harris, le gouvernement de la province a gelé la subvention de base des hôpitaux. En plus, il a introduit une nouvelle formule de financement qui en affecte certains.

Nous avons toujours dit qu’il était bon d’avoir une formule de financement, mais une telle formule devrait s’accompagner d’une clause de droits acquis, de façon que les hôpitaux qui se trouvent du côté des perdants ne soient pas affectés. On se demande aussi si la formule est équitable, certains soutenant que les habitudes actuelles en ce qui concerne son utilisation sont en partie déterminées par l’endroit où se trouvent les services, plutôt que par l’endroit où ils devraient se trouver.

Le résultat net de ces changements au modèle de financement est que les hôpitaux se trouvent face à des choix particulièrement difficiles cette année.

Beaucoup d’entre eux se contentent de couper sans rien dire, s’accommodant de l’apport du conseil et de la direction. D’autres parlent publiquement des conséquences, laissant à l’ensemble de la communauté la possibilité d’ouvrir un débat sur ce qui devrait être fait.

Le tout dernier à parler des conséquences de cette nouvelle formule est David Musyj, PDG de l’Hôpital régional de Windsor. La semaine dernière, Musyj a mentionné d’éventuelles mises à pied et réductions dans les services, tels que les endoscopies et échographies – disant que ces deux tests sont offerts dans des cliniques privées de sa communauté.

Musyj dit qu’il cherchera à économiser 1,6 million de dollars cette année et qu’il devra sans doute trouver encore davantage d’économies dans l’avenir.

Le PDG de cet hôpital dit que ses choix sont limités en raison du manque de services offerts au sein de la communauté, y compris l’accès aux soins primaires.

Ce n’est pas la première fois que Musyj tire la sonnette d’alarme, malgré la proximité de l’Hôpital régional de Windsor avec la circonscription électorale du ministre des Finances Dwight Duncan. De nombreux PDG d’hôpitaux rechigneraient à jouer les trouble-fête si près du territoire d’un important ministre.

Musyj n’est pas un cadeau en ce qui concerne la négociation collective – malgré des modèles déjà établis qui font de l’issue d’une entente établie par voie d’arbitrage un fait accompli, il ne règle que rarement quoi que ce soit à la table des négociations. Il est possible que ce soit dû aux accords de responsabilisation conclus avec les RLISS qui prennent en compte les ententes établies par voie d’arbitrage plutôt que les ententes négociées.

Nous avons précédemment fait remarquer que cette tendance à blâmer les maigres augmentations salariales du personnel pour les malheurs financiers des hôpitaux est contreproductive et mauvaise pour le moral.

Le fait que Musyj étale les conséquences devant sa communauté est une bonne chose. Au moins, les citoyens de Windsor se rendront compte que les décisions du gouvernement ne sont pas sans conséquences. Ils auront aussi ainsi la possibilité de discuter des coupures avant qu’elles ne se produisent.

La question reste à savoir pourquoi si peu de dirigeants décident d’être aussi ouverts.

Quand le Centre de santé régional de Peterborough a mis en œuvre son plan d’amélioration de l’hôpital, son PDG, Ken Tremblay, était loin d’être aussi ouvert. De nombreuses personnes au sein de la communauté s’étaient montrées sceptiques sur son affirmation que l’élimination de 160 emplois équivalents à temps plein serait sans impact sur la prestation des services.

Le drame qui se joue relativement au manque de 1,6 million de dollars dans le budget de fonctionnement de l’hôpital pourrait être d’autant plus difficile à digérer pour les résidents de Windsor que les politiciens travaillent à promouvoir l’idée d’un nouveau méga-hôpital de 1,2 milliard de dollars pour la communauté.

Il faut être culotté pour mentionner du même souffle des réductions au niveau des services et des mises à pied, en raison d’un déficit d’un peu plus d’un million, et un mégaprojet hospitalier d’un peu plus de 1 milliard. Cela ne devrait pas manquer de provoquer des gros « comment ça? » dans la communauté de Windsor. S’il y a assez d’argent pour des briques et du mortier, il devrait y en avoir assez aussi pour des endoscopies et des échographies, non?

 

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