Maladie ou environnement? Le Centre Ontario Shores est-il responsable du taux élevé d’incidents violents dans son établissement?

La plupart des études donnent à penser que les personnes qui vivent avec une maladie mentale ne sont pas plus enclines à la violence que le reste de la population.

Pourtant, 50 pour cent des psychiatres canadiens interrogés disent avoir subi la violence d’un patient au moins une fois. L’Ontario Shores Centre for Mental Health Sciences a connu une hausse d’incidents de violence au travail ces dernières années. Dans les trois derniers mois pour lesquels nous avons des données (mai, juin, juillet 2012), le centre a rapporté 90 cas de violence physique.

La situation a entraîné un exode soutenu des travailleurs. De nombreux travailleurs qualifiés préfèrent s’en aller que de continuer à courir des risques. Seul environ un tiers des employés qui travaillaient à l’Hôpital psychiatrique de Whitby, en 2006 (cédé par le ministère de la Santé) sont encore là aujourd’hui. Cet employeur était reconnu pour son excellent taux de rétention du personnel.

Une présentation faite en 2003 par la Dr Heather Stuart, professeure à l’Université Queen’s, suggère que les comportements agressifs varient de façon dramatique dans les unités de traitement, « indiquant qu’une maladie mentale ne suffit pas à justifier la prévalence de la violence ».

Stuart écrit : « Les études qui ont examiné les antécédents d’incidents agressifs dans les unités de traitement en établissement révèlent que la majorité des incidents ont d’importants antécédents sociaux/structuraux, tels que l’atmosphère à l’hôpital, le manque de leadership clinique, la surpopulation, les restrictions au sein de l’établissement, le manque d’activités ou des activités mal structurées en période de transition. »

Les réductions au niveau des services ont eu un impact sur les activités au Centre Ontario Shores, avec une grande partie des espaces récréatifs transformés en espaces de bureau pour une liste de plus en plus longue de dirigeants.

Le ministre du Travail conduit actuellement sa propre enquête en ce qui concerne le taux de violence extraordinaire à l’hôpital de Whitby. De nombreux employés ont déjà été interviewés et beaucoup d’autres doivent encore rencontrer l’enquêteur. Vu l’ampleur de l’enquête, on ne s’attend pas à ce que le ministère publie son rapport avant quelque temps.

De nombreux membres du personnel estiment à tort que de tels incidents font partie de leur travail et ils ne les signalent pas. La section locale du SEFPO estime que l’impact réel est vraisemblablement plus près du double des chiffres publiés.

Et nous n’avons pas de chiffres sur l’impact de la violence entre patients, vu que de tels renseignements ne sont pas partagés avec le syndicat.

Voici quelques exemples de ce que les travailleurs subissent :

• Une travailleuse a dû se rendre chez le dentiste après qu’un patient l’ait frappée au visage alors qu’elle essayait de retirer des articles dangereux et restreints de ses mains.

• Une travailleuse a subi des blessures au visage lorsqu’un patient qu’elle escortait lui a donné un coup de tête et appliqué une prise d’étranglement.

• Alors qu’elle lui donnait des soins, une travailleuse s’est penchée pour mieux entendre et regarder son patient. Le patient lui a dit de « la fermer » et lui a donné un coup de poing sur le nez, résultant en contusions/fracture.

• Alors qu’elle essayait d’empêcher une patiente de se frapper la tête contre les murs, une travailleuse a reçu des coups de griffe, été frappée à la tête et dans l’estomac, résultant en lésions à l’abdomen et au bras gauche.

• Alors qu’une travailleuse tentait de nettoyer une patiente qui mangeait ses propres excréments, cette dernière a commencé à s’agiter et a jeté ses excréments sur la travailleuse. La patiente a poussé la travailleuse contre le mur et lui a tordu le bras droit.

• Au début du quart de nuit, un patient a appelé une travailleuse, lui disant qu’il voulait lui montrer quelque chose. Marchant très rapidement vers la travailleuse, le patient a commencé à jouer avec ses poings dans l’air, comme s’il allait la frapper. La travailleuse est retournée à l’infirmerie, où le patient l’a menacée de lui « casser la figure » la prochaine fois qu’il la verrait.

Tandis que les autres hôpitaux psychiatriques ont fait des progrès considérables pour réduire le nombre de tels incidents, Ontario Shores semble préférer blâmer les travailleurs que tenter de résoudre un problème de plus en plus courant.

Si c’est l’environnement, et pas la maladie, Ontario Shores a du pain sur la planche. On se demande toutefois si le centre s’en occupera de plein gré.

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