Hôpitaux de l’Ontario : il nous reste le Mexique à dépasser pour le plus petit nombre de lits par habitant

On peut s’y attendre – tandis que les hôpitaux ontariens s’apprêtent à couper sur les services et dans le personnel au cours des trois prochaines années, le gouvernement proclamera inévitablement les bienfaits de servir les patients dans la communauté.

L’Institut canadien d’information sur la santé a récemment publié un rapport montrant qu’en plus d’avoir le moins grand nombre de lits par habitant au Canada, l’Ontario est deuxième sur la liste des 34 pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Seul le Mexique a moins de lits par habitant – pour le moment.

En fait, le nombre d’Ontariens hospitalisés en 2010-2011 était non seulement le plus bas au Canada, mais ce chiffre avait baissé de 33,5 pour cent depuis 1995-1996.

Tom Closson, l’ancien président de l’Association des hôpitaux de l’Ontario, a dit au Toronto Star, le 22 juin dernier, que la province avait perdu 50 pour cent de ses lits d’hôpitaux par habitant au cours des vingt dernières années.

L’Ontario n’a qu’environ deux lits pour mille résidents.

Deux.

Ce n’est pas étonnant que le gouvernement veuille se débarrasser des patients aussi rapidement que possible une fois qu’ils ont reçu leurs soins aigus.

Nous avons entendu, récemment, que le gouvernement voulait raccourcir le séjour à l’hôpital après une opération de la hanche ou du genou. En raccourcissant ce séjour, ils se disent sans doute que vous n’aurez pas besoin de services de physiothérapie pendant que vous êtes à l’hôpital.

Ceci est bien loin de l’époque où le ministère s’inquiétait de la perte musculaire des patients en rétablissement dans un lit d’hôpital.

On vous dira bien sûr que le  physio ne fait que déménager dans la communauté. Il suffit de vous inscrire sur la longue liste d’attente du Centre d’accès aux soins communautaires. Ou de payer pour obtenir un service de physiothérapie plus rapidement, voire même pour simplement l’obtenir.

Avec des budgets d’exploitation base zéro, pour se débarrasser plus vite des patients, les hôpitaux vont devoir mettre davantage de pression sur les patients qui ont besoin d’un autre niveau de soins.

La dernière fois que le gouvernement a contraint les patients vulnérables à sortir des hôpitaux plus rapidement, les familles se sont immanquablement plaintes des choix qu’on leur donnait au sein de la « communauté ».

Trop souvent, le seul « choix » consistait à prendre soin de ses parents âgés chez soi. Qu’importe si vous travailliez.

Au mois de mai, l’AHO a distribué une note d’information du ministère mentionnant les mesures à prendre dans le cas des patients qui refusent l’offre d’admission dans une maison de soins de longue durée précédemment choisie.

Il semblerait qu’on n’ait pas le droit de changer d’avis. On ne précise pas combien de temps s’est écoulé entre le choix initial et l’offre d’admission.

La note d’information de l’AHO mentionne « qu’un patient hospitalisé qui a besoin d’un autre niveau de soins et qui n’accepte pas de prendre un lit libre dans une maison de soins de longue durée dans les cinq jours de l’offre d’admission peut être forcé à quitter l’hôpital » (certaines exceptions s’appliquent).

Les patients qui ont reçu leur congé et qui restent à l’hôpital risquent de se voir facturer un « tarif non réglementé » par l’hôpital.

« Un tarif non réglementé »? Est-ce une autre façon de parler d’éventuelles « amendes » qu’imposerait l’hôpital?

Closson a dit au Star qu’il n’y a pas assez de services communautaires et que c’est pour cette raison que de nombreux patients admis à l’hôpital y restent plus longtemps que prévu.

Toutefois, le manque de services communautaires n’empêchent pas les nouvelles réductions au niveau des lits.

Les hôpitaux nous préviennent déjà qu’il y aura une nouvelle ronde de coupures cette année.

L’Hôpital Soldiers’ Memorial d’Orillia n’est qu’un des nombreux hôpitaux qui envisagent de réduire le nombre de lits pour éliminer le déficit projeté pour cette année. Dans le cas de cet hôpital, c’est un déficit de 1,3 million de dollars dont on parle.

L’hôpital a déjà augmenté ses tarifs de stationnement et les prix à la cafétéria, et « maximisé » les recettes provenant des procédures d’imagerie diagnostique et de laboratoire.

Les changements seront soumis à leur conseil le 31 juillet.

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