Les nouveaux mécanismes de financement provinciaux obligent les hôpitaux à se faire concurrence

En mars dernier, Deb Matthews avait dit aux médias que la nouvelle formule de financement des hôpitaux entraînerait des réductions budgétaires allant jusqu’à trois pour cent pour 36 hôpitaux.

Cette semaine, des représentants du ministère ont tenu une séance d’information technique et, fait étonnant, ont dit aux représentants des syndicats que la première année, environ 10 pour cent des hôpitaux verraient des augmentations et réductions maximales de leur financement de 1,8 et 1,5 pour cent, respectivement.

Ils ont aussi mentionné que 90 pour cent des hôpitaux observeront une différence de moins d’un pour cent dans leur enveloppe budgétaire, en plus ou en moins.

En mars dernier, 91 hôpitaux devaient soi-disant « profiter » de la nouvelle formule. Aujourd’hui, on nous dit que seulement 90 hôpitaux participeront – les petits hôpitaux ruraux et du Nord étant exclus du Modèle d’allocation fondée sur la santé (MAS).

Ça fait une grosse différence tout ça.

Lorsque nous avons demandé ce qui s’était passé, on nous a dit que le modèle original était basé sur les chiffres du milieu de l’année alors que les derniers chiffres étaient basés sur les données de fin d’année.

Non mais, ils veulent rire ou quoi?

La différence est énorme et laisse croire que l’Association des hôpitaux de l’Ontario (AHO) s’est entretenue avec le ministère en ce qui concerne leur plan initial. Il semblerait bien qu’au cours des derniers mois le ministère ait mis de l’eau dans son vin en ce qui concerne le MAS.

L’introduction d’une nouvelle formule à un moment où les hôpitaux voient leur budget gelé est particulièrement difficile pour ceux qui sont du côté perdant de l’équation.

Le ministère a reconnu que la formule de financement n’était pas parfaite, mais a dit que si on attendait que tous les petits problèmes soient rectifiés, on ne la mettrait jamais en œuvre.

Une formule de financement est préférable au système ad hoc actuel, et certains hôpitaux bénéficieront de populations croissantes ou de la reconnaissance d’une population vieillissante.

Nous ne comprenons pas encore très bien comment le ministère calcule le MAS, mais il devrait traduire la situation démographique et prendre en compte les données cliniques existantes reflétant la complexité des soins et le type de soins.

Pour ce qui est du type de soins, la question est plus controversée; en effet, certaines communautés diront que les patients vont chercher les services ailleurs lorsqu’ils ne sont pas offerts à l’hôpital local. Ce système traduit-il vraiment le besoin communautaire ou reflète-t-il et renforce-t-il plutôt les injustices courantes?

Cette année, le MAS reflétera environ 40 pour cent des fonds accordés à un hôpital. Le financement global (basé sur ce qu’ils ont reçu l’an dernier) représentera 54 pour cent des fonds versés par la province. Les 6 pour cent restants iront à des procédures spécifiques – plus on en fait, plus on reçoit.

C’est cette petite tranche de l’assiette de financement qui pourrait poser le plus de problèmes.

D’ici à 2014, le financement global passera à 30 pour cent et le paiement pour les procédures augmentera à 30 pour cent.

D’autre part, le ministère a l’intention de fixer le prix de ces procédures, cherchant, au départ, à établir la barre selon les coûts les plus bas actuellement relevés auprès de 40 pour cent des hôpitaux.

Cela signifie que les autres 60 pour cent recevront moins qu’ils ont reçu jusqu’à maintenant pour ce travail. Il faut noter une fois de plus que ceci arrive à un moment où les hôpitaux souffrent déjà des coupures du programme d’austérité de la province.

Nous avons demandé ce qui arriverait si un hôpital fournissait les bons soins au bon moment au bon endroit mais pas au prix fixé par le ministère?

On nous a dit qu’ils essaieraient alors de négocier avec l’hôpital pour réduire le coût et que s’ils n’y arrivaient pas, ils chercheraient un autre fournisseur dans une certaine région géographique qui accepterait le prix demandé.

Ce qu’ils disent vraiment, c’est que le ministère est intéressé à obtenir les bons soins au bon moment au bon endroit, mais seulement au bon prix.

Ils se sont élevés contre cette interprétation, notant que c’était une question de qualité.

Vraiment?

C’est en fait une autre forme d’appel d’offres pour les services hospitaliers, quelque chose que le ministère nie depuis toujours.

Lorsque les coûts priment sur la planification, le damier des services peut devenir fort intéressant.

On assume aussi qu’un hôpital qui peut effectuer une procédure à moindre coût améliore la qualité.

Encore une fois, je dis, vraiment?

L’année sera difficile pour les hôpitaux, et avec un financement selon une échelle mobile pour les deux années suivantes, ce ne sera pas beau à voir.

Dans son lexique de sobriquets orwelliens, le gouvernement appelle cette transition « financement fondé sur les patients ».

C’est charmant, mais les patients risquent de ne pas être trop satisfaits du résultat.

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