Pour appuyer son livre blanc, le PC utilise un groupe de réflexion reconnu pour ses inventions de preuves

Il est intéressant que les conservateurs de l’Ontario citent le Pacific Research Institute dans leur récent livre blanc sur le travail.

Dans ce document, les conservateurs disent que la croissance économique annuelle moyenne dans les états américains où la syndicalisation est volontaire est de 4,4 pour cent alors qu’elle est de 3,6 pour cent dans les états qui utilisent un système similaire à celui de l’Ontario.

Curieusement, le PRI dit que les « calculs » sont basés sur des données recueillies par le Bureau of Economic Analysis des États-Unis. Les « calculs »? Quel genre de calculs? Le bureau ne connaîtrait-il pas les détails de la croissance économique des différents états? Pourquoi faudrait-il que le PRI fassent des « calculs »?

Le PRI est une organisation d’extrême droite qui, selon son site Web, a pour vision de promouvoir « la liberté individuelle et la responsabilité personnelle. L’Institut estime que ces principes sont favorisés par des politiques qui mettent l’accent sur une économie libre, l’initiative privée et un gouvernement limité (italiques et caractères gras ajoutés). »

Le PRI est partiellement subventionné par les fameux frères Koch et dirigé par Sally Pipes, une Canadienne qui vit aux États-Unis.

Pipes était auparavant directrice adjointe à l’Institut Fraser. Elle parle et écrit fréquemment contre les soins de santé universels et les récentes réformes en matière de soins de santé aux États-Unis. Ça inclut une tirade contre les normes fondées sur des données probantes, qui, selon ce qu’a écrit Rick Ungar, du magazine Forbes, en 2011 « pourrait avoir quelque chose à faire avec la croyance déclarée du Pacific Research Institute que la médecine fondée sur les preuves, particulièrement lorsqu’utilisée à titre de norme nationale pour exercer la médecine, fait partie intégrante du scénario du panel de la mort et est un mal à éviter à tout prix ».

L’an dernier, Ungar en était venu à se demander comment Pipes pouvait si mal interpréter une étude de Deloitte sur l’attitude des médecins face à l’Obamacare.

Selon Ungar, le PRI est connu pour choisir les données qu’il veut et en fabriquer d’autres pour appuyer les grandes compagnies de tabac et saper les règlements californiens sur la qualité de l’air.

Les frères Koch sont les milliardaires derrière les Industries Koch, deuxième plus grande entreprise familiale privée aux États-Unis. Les Industries Koch sont impliquées dans les secteurs pétrolier, énergétique, chimique et financier. Cette entreprise emploie pas moins de 30 lobbyistes à Washington et finance fréquemment différents groupes de réflexion d’extrême droite et libertaires.

Aujourd’hui, les conservateurs de l’Ontario ont recours au PRI pour détruire le mouvement syndical dans cette province.

Dans un livre blanc bourré d’exagérations pompeuses et accordant peu de place aux faits, les chiffres du PRI sont une des rares « preuves » qu’ils se soucient d’offrir. Et ça, c’est s’il est possible de croire aux « preuves » du PRI.

Pour un regard différent sur l’impact de telles mesures sur l’économie, cliquez ici.

 

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