Sommes-nous menacés nous aussi? Les coûts des hôpitaux P3 causent l’effondrement des soins de santé au Royaume-Uni

Pour un aperçu de l’avenir des soins de santé en Ontario, il suffisait il y a quelque temps de s’envoler pour l’Angleterre de Tony Blair.

Blair ne pouvait privatiser assez vite, créant plus de 200 projets IFP (initiatives de financement privé) pour remplacer l’infrastructure vieillissante.

C’était vraiment la solution miracle sans mise de fonds! Hôpitaux, écoles et routes furent tous construits avec des fonds privés. Ces établissements seraient dirigés par des consortium privés pour des périodes allant typiquement de 25 à 30 années, bien que dans certains cas, cette période puisse aller jusqu’à 60 ans.

Habituellement, l’absence de débours préliminaires se traduit par des coûts d’emprunt extrêmement élevés, qu’il faudra éventuellement remb0urser.

La fête des IFP est désormais finie pour l’Angleterre, et le pays doit se remettre maintenant d’une belle gueule de bois.

L’Ontario a établi plus de 30 projets similaires, le plus notoire étant le Centre de santé William Osler de Brampton. La gaffe coûteuse du partenariat public-privé (P3) du Centre Osler a bien été documentée. Le vérificateur général de l’Ontario a mis en lumière des coûts privés de l’ordre de 400 millions de dollars en sus de ce que cela aurait coûté si ce projet était resté public. Et cela n’inclut pas le quasi-doublement des coûts de construction entre le premier devis et le paiement à la clôture du contrat.

Les P3 sont la version nord-américaine des IFP britanniques. En Ontario, juste pour ajouter à la confusion, on parle parfois de Diversification des modes de financement et d’approvisionnement (DMFA).

Comme au Royaume-Uni, plus ces ententes privées semblaient désastreuses et plus le gouvernement continuait d’en conclure de nouvelles.

C’est remarquable qu’en dépit de l’examen du Centre Osler par le vérificateur général, personne ne vérifie les comparaisons de la valeur par rapport aux coûts produites par Infrastructure Ontario. Infrastructure Ontario est en conflit d’intérêt flagrant. D’une part on demande à l’entreprise de trouver des ententes P3, puis on lui demande d’évaluer leur raison d’être. Quand on se donne tout ce mal à trouver un partenaire privé, on ne veut pas avoir à prouver que l’entente ne fonctionne pas.

Le vérificateur général de l’Ontario a fait remarquer plus particulièrement comment Infrastructure Ontario avait augmenté la valeur du risque pour le secteur privé afin de justifier les coûts privés beaucoup plus élevés au Centre Osler.

Au Royaume-Uni, comme à peu près partout ailleurs, tôt ou tard, ce risque retombe sur le gouvernement. Surprise ! Non seulement, nous avons payé des sommes faramineuses pour protéger le secteur privé de ce risque, mais nous constatons maintenant que, vraiment, c’est nous qui le portions!

Maintenant, au Royaume-Uni, le Daily Telegraph estime que les jeunes qui commencent à travailler cette année paieront des impôts pour couvrir les initiatives de financement privé du gouvernement jusqu’à l’âge de 70 ans environ.

Le R.-U. laisse porter le poids des erreurs de son gouvernement aux générations à venir, désormais criblées de dettes. Le Telegraph rapporte que les contribuables se retrouvent avec une dette de 195 milliards de dollars (canadiens) pour des projets publics dont la valeur est estimée à seulement 85 milliards de dollars. Si on ajoute les obligations envers les consortium privés en ce qui concerne les services accessoires, cette dette ressemble davantage à 368 milliards de dollars (canadiens). Un peu plus d’un tiers de cette dette est liée aux projets d’hôpitaux.

Pour mettre les choses en perspective, le budget fédéral du Canada projette des revenus pour 2012-2013 de 255 milliards de dollars. Oui, la dette du Royaume-Uni, provenant des IFP, est plus importante que ce que le gouvernement canadien reçoit en impôts et autres recettes annuels.

Chaque foyer britannique est désormais tenu de payer environ 650 $ par année pour couvrir cette obligation.

Maintenant que le gouvernement Cameron met en oeuvre son programme d’austérité, un grand nombre des fiducies de soins de santé responsables de fournir des services de santé chancellent financièrement.

Le gouvernement Cameron a déjà placé la South London Health Trust sous le contrôle d’un administrateur spécial. Londres Sud enregistrait une dette de 1,6 million de dollars (canadiens) par semaine avec trois hôpitaux et 6 000 employés servant plus d’un million de personnes. Six autres fiducies de soins de santé pourraient éventuellement se trouver dans une situation similaire. Vu que ces ententes de financement privé n’autorisent pas les fiducies de soins de santé à réduire le côté opérationnel de ces bâtiments, ça nuit aussi aux budgets cliniques des hôpitaux qui les occupent.

Le Daily Telegraph rapporte que certaines fiducies de soins de santé consacrent désormais jusqu’à un cinquième de leur budget à l’hypothèque contractée dans le cadre de l’IPF.

Tandis que les fiducies de soins de santé doivent régler cette note coûteuse, elles ne sont pas toutes satisfaites de leur relation opérationnelle avec les consortium privés.

Au Royaume-Uni encore, le Gardian rapporte que la NHS Lothian Health Trust sollicite des conseils juridiques relativement à son entente privée, après une panne d’électricité de 11 minutes, en mars dernier, à l’Infirmerie royale d’Edinburgh. Selon le journal, les membres de l’équipe chirurgicale durent utiliser des ventilateurs mécaniques pour garder un patient anesthésié en vie, dans l’obscurité totale pendant 90 secondes, puis avec une lampe de poche pendant encore neuf minutes et demi. Un porte-parole de la fiducie de soins de santé NHS Lothian a dit que l’entreprise privée « avait mis en danger la sécurité et la vie des patients plus d’une fois ».

Vous voulez savoir où s’en va le système de soins de santé de l’Ontario? Vous pouvez toujours aller voir en Angleterre.

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